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Les grands patrons devraient réduire d'un quart leur rémunération pendant que leurs salariés sont au chômage partiel


Patrick Pouyanné, le PDG de Total, membre de l'Afep. © Jérémy Barande / Ecole polytechnique Université Paris-Saclay. Wikimedia Commons

L'Afep appelle ses adhérents à se montrer solidaires des salariés contraints d'être au chômage partiel. L'association, qui regroupe les dirigeants des 110 plus grandes entreprises privées françaises, invite ainsi les patrons à diminuer leur rémunération, dans un communiqué publié le 29 mars. L'organisation patronale demande "aux dirigeants mandataires sociaux qui sont restés à leur poste ou qui sont en télétravail de réduire d'un quart (-25%) leur rémunération globale qui leur sera versée en 2020 pour la durée où des salariés de leur entreprise seront en chômage partiel", peut-on lire dans ce communiqué.

"Ces rémunérations non payées seront versées à des actions de solidarité nationale en relation avec le Covid-19", note l'Afep, qui indique qu'un comité de suivi de l'ensemble de ces engagements sera mis en place et ses résultats rendus publics. L'association, qui compte par exemple les patrons de Total et de L'Oréal parmi ses membres, demande en outre aux entreprises ayant bénéficié d'aides de trésorerie de l'Etat de respecter l'interdiction gouvernementale de verser des dividendes en 2020. Et elle invite les sociétés ayant recours au chômage partiel à réduire ces derniers de 20% cette année.

Pas de dividendes pour les entreprises aidées par l'Etat

"L'Afep demande bien sûr aux entreprises concernées d'appliquer la décision du gouvernement d'interdire de verser des dividendes en 2020 pour celles qui utilisent le report de paiement des charges sociales ou fiscales ainsi que celles qui ont obtenu des prêts bancaires garantis par l'Etat", précise l'organisation patronale. Le gouvernement a annoncé vendredi "une interdiction" de verser des dividendes pour les entreprises bénéficiant d'une aide de trésorerie de l'Etat, qu'il s'agisse d'un report de charges sociales ou fiscales, ou bien d'un prêt garanti par l'Etat.

Bruno Le Maire a de plus invité "toutes les grandes entreprises qui ont recours au dispositif exceptionnel de chômage partiel à faire preuve de la plus grande modération dans le versement des dividendes". Le ministre de l'Economie a insisté ce lundi, sur BFMTV. "J'irai plus loin : soyez exemplaires. Si vous utilisez le chômage partiel, ne versez pas de dividendes. (...) J'invite toutes les entreprises qui bénéficient du chômage partiel soit à faire preuve de modération, soit — mieux — à donner l'exemple, à ne pas verser de dividendes", a-t-il déclaré.

Le recours au dispositif du chômage partiel avait été demandé vendredi soir par 220 000 entreprises pour 2,2 millions de salariés au total, selon des chiffres dévoilés dimanche par la ministre du Travail, Muriel Pénicaud.

En cette période difficile, Bruno Le Maire s'est aussi prononcé contre les rachats d'actions, qui permettent d'augmenter artificiellement le bénéfice par action d'une entreprise et de soutenir son cours de Bourse. "Nous ne tolérerons pas non plus que des entreprises fassent des rachats d'actions (...) Les rachats d'actions ne seront pas compatibles avec le bénéfice du soutien de la trésorerie de l'Etat."

À lire aussi — L'Etat demande aux entreprises dont il est actionnaire de ne pas verser de dividendes

Business Insider (avec AFP)
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