Les jeunes cadres particulièrement pénalisés par la crise, selon l'Apec

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Les jeunes cadres particulièrement pénalisés par la crise, selon l'Apec
Les embauches de cadres ne devraient pas retrouver le niveau d'avant-crise sanitaire en 2021. © Pixabay

La situation aurait pu être pire, mais elle reste très compliquée pour les nouvelles générations entrant sur le marché du travail. Les embauches de cadres dans les entreprises privées ont chuté de 19% l'an dernier par rapport à 2019, tandis que 2021 ne devrait pas retrouver "le niveau d'avant-crise" sanitaire, plaçant les jeunes diplômés dans "une situation préoccupante", selon une étude de l'Association pour l'emploi des cadres (Apec), publiée vendredi 7 mai.

Mais ce recul en 2020 des recrutements des cadres du privé est "moins vertigineux que les prévisions de l'automne ne le laissaient craindre" et la baisse est "somme toute comparable aux grandes crises du passé", note l'Apec dans un communiqué. Une enquête sur les intentions d'embauches, réalisée en septembre, avait tiré la sonnette d'alarme en annonçant un effondrement "de 30% à 40%" des recrutements de cadres en 2020, après six années consécutives de hausse.

Finalement, ce sont 228 700 embauches — en CDI ou CDD d'un an et plus — qui ont été enregistrées l'an dernier, davantage que les "170 000 à 200 000" prévues à l'automne. L'année 2021 devrait, elle, connaître un redémarrage "progressif" des recrutements, mais "sans retrouver encore le niveau d'avant-crise", prévient l'Apec.

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Des embauches encore en baisse de 12% par rapport à 2019

Ainsi, 247 000 embauches sont attendues, soit une hausse de "8% par rapport à l'année terrible 2020", mais un recul de 12% en comparaison à 2019. Ce rebond "encore modéré" place dans "une situation préoccupante" les jeunes diplômés "arrivant sur le marché du travail", s'inquiète l'Apec.

Toutefois, "on va rester assez prudent dans l'interprétation de tous ces chiffres", car "on a encore des incertitudes qui pèsent", a mis en garde le directeur général de l'Apec, Gilles Gateau, lors d'une conférence de presse, en relevant les "évolutions assez significatives" entre les "intentions d'embauches exprimées par les entreprises en septembre" — "plus pessimistes" — et "la réalité des embauches effectuées en 2020".

L'an dernier, il y a même eu des créations nettes de postes de cadres (37 100). Certes, "deux fois moins qu'en 2019", mais la crise n'a "pas entraîné une destruction de postes cadres", souligne l'Apec.

Les filières automobile, aéronautique et transports très touchées

La chute des recrutements a touché "la quasi-totalité des secteurs" en 2020, d'après l'étude, avec des baisses plus marquées dans "la filière automobile, aéronautique et autres matériels de transports, particulièrement exposée (-32 %)", dans les activités juridiques, comptables et conseil (-29%) et l'hôtellerie-restauration-loisirs (-26%).

Cette année, la reprise "progressive" des embauches sera "portée par les moteurs traditionnels de l'emploi cadre, que sont les trois grandes activités de services à forte valeur ajoutée" : informatique (+16%), activités juridiques, comptables et conseil (+14%), ingénierie-recherche et développement (+13%), a déclaré Gaël Bouron, responsable adjoint du pôle études de l'Apec, en présentant cette enquête menée de décembre à février auprès d'un échantillon de 8 000 entreprises, représentatif du secteur privé.

Des difficultés à trouver un emploi pour la promotion 2019

La frilosité des recrutements "fragilise particulièrement les débutants", pointe l'Apec, qui publie également vendredi son dernier baromètre de l'insertion professionnelle des jeunes diplômés. "La promotion 2019 est frappée par la crise", déjà concurrencée par la promotion 2020 et "bientôt la promotion 2021", signale l'organisme.

Douze mois après l'obtention de leur diplôme, 85% des Bac +5 ou plus lauréats en 2018 avaient un emploi, une situation partagée par seulement 69% de ceux diplômés en 2019. Chez les jeunes Bac +3/4, le taux d'emploi a aussi baissé, tombant à 71% (contre 82%), selon ce baromètre réalisé en interrogeant en janvier et février 1 500 jeunes diplômés en 2019 (niveaux Bac +3/4 et Bac +5 ou plus). La crise n'étant pas encore terminée, les promotions 2020 et 2021 risquent aussi de faire face à des difficultés pour s'insérer sur le marché du travail.

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