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Les jeunes qui vapotent auraient 5 à 7 fois plus de risques de contracter le Covid-19


© Nick Ansell/PA Wire/Getty Images

Les jeunes sont peut-être moins susceptibles de contracter des cas graves de Covid-19, mais les experts de la santé avertissent depuis longtemps que la cigarette électronique peut les rendre plus vulnérables. Les scientifiques ont maintenant des données pour étayer cette affirmation. Elles ont été fournies par des chercheurs de l'école de médecine de l'université de Stanford, qui ont montré que les adolescents et les jeunes adultes qui vapotent ont cinq à sept fois plus de chances d'obtenir un résultat positif au test Covid-19.

L'étude, publiée mardi 11 août dans le Journal of Adolescent Health, s'appuie sur les résultats d'une enquête menée auprès de 4 351 personnes âgées de 13 à 24 ans aux États-Unis. C'est la première à examiner le lien entre la cigarette électronique et la vulnérabilité au coronavirus. "Les adolescents et les jeunes adultes doivent savoir les e-cigarettes exposent à un risque immédiat de Covid-19, car vous endommagez vos poumons", explique Bonnie Halpern-Felsher, professeur de pédiatrie à Stanford et co-auteur de l'étude, dans un communiqué de presse.

La popularité des cigarettes électroniques et de la marijuana est montée en flèche aux Etats-Unis ces dernières années, en particulier auprès des étudiants et des lycéens. En 2018, 16 % des étudiants ont déclaré avoir consommé de la nicotine, contre 6 % seulement l'année précédente, selon le Pew Research Center. Pour les élèves de 12e année (terminale), la proportion est passée de 11 à 25 %, et pour les élèves de 10e année (seconde), elle a bondi de 8 à 20 %.

Les États-Unis ayant redémarré après les confinements de printemps, de nombreux responsables ont accusé les jeunes adultes qui se rassemblent dans les bars, les fêtes et sur les plages, lors du Spring Break, d'être responsables de la hausse alarmante des cas de coronavirus.

"Les jeunes peuvent croire que leur âge les protège de la contamination, ou qu'ils ne ressentiront pas les symptômes du Covid-19, mais les données montrent que ce n'est pas le cas chez ceux qui vapotent", alerte Shivani Mathur Gaiha, l'auteur principal de l'étude, dans le communiqué de presse. "Cette étude nous dit clairement que les jeunes qui utilisent des cigarettes ou qui font un double usage (cigarettes et e-cigarettes) sont à haut risque, et ce n'est pas seulement une petite augmentation du risque, c'est une grande augmentation".

Les personnes qui fument à la fois des cigarettes et la cigarette électronique ont 7 fois plus de chances d'avoir le Covid-19

Une femme exhale de la vapeur de cigarette électronique à New York, le 31 mars 2020.  Brendan McDermid/Reuters

Bien que les personnes âgées soient plus susceptibles de développer de graves symptômes liés au coronavirus, comme la pneumonie et l'insuffisance respiratoire, des jeunes ont commencé à remplir les hôpitaux à la fin du confinement aux Etats-Unis.

Les cas des jeunes patients ne se sont pas nécessairement résolus rapidement non plus : un rapport du CDC (Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies) publié fin juillet révèle que près de 20 % des jeunes patients atteints de coronavirus, auparavant en bonne santé, ne s'étaient pas rétablis après deux à trois semaines de maladie.

Les chercheurs de Stanford à l'origine de la nouvelle étude ont entrepris d'étudier l'inhalation de vapeur de cigarette électronique comme facteur de risque potentiel chez ces jeunes personnes, par ailleurs en bonne santé.

Ils ont trouvé un lien frappant. Les sujets de l'enquête qui ont déclaré avoir utilisé des e-cigarettes à un moment quelconque dans le passé avaient cinq fois plus de chances de recevoir un diagnostic de Covid-19. Ce diagnostic était sept fois plus probable pour les personnes qui avaient à la fois fumé des cigarettes classiques et la cigarette électronique. Ceux qui avaient fait les deux au cours des 30 derniers jours avaient presque cinq fois plus de chances d'avoir des symptômes.

"Nous avons été surpris", raconte Bonnie Halpern-Felsher à NBC News. "Nous nous attendions à voir peut-être une certaine relation... mais certainement pas à ce point." Il y a plusieurs explications possibles à ces résultats. Bonnie Halpern-Felsher pense que la façon dont les gens utilisent la cigarette électronique — partageant avec d'autres, touchant leur bouche ou l'embout de l'appareil, et enlevant leur masque pour fumer — pourrait contribuer à la propagation du virus. Il est également possible que les aérosols que les gens inhalent dans les e-cigarettes soient porteurs du virus.

Mais de nombreux chercheurs soupçonnent qu'il existe un lien direct entre la cigarette électronique, les dommages aux poumons et la vulnérabilité au coronavirus.

L'inhalation régulière de vapeur de cigarette électronique peut endommager les poumons et les rendre vulnérables

Des cigarettes électroniques sont exposées dans un magasin à New York, le 2 janvier 2020.  Mary Altaffer/AP

Selon une étude de l'Université de Californie à San Francisco (UCSF), un jeune adulte sur trois âgé de 18 à 25 ans est vulnérable à une grave infection au Covid-19. Pour être considérée comme vulnérable, une personne doit présenter au moins un facteur de risque identifié par le CDC — soit une maladie chronique comme les maladies cardiaques, le diabète ou l'asthme, soit un facteur clé du mode de vie comme le tabagisme.

Le tabagisme est de loin le facteur de risque le plus répandu chez les jeunes, selon l'étude de l'UCSF. Cela inclut la consommation de tabac, de cigarettes électroniques et de cigares. Les chercheurs ont regroupé ces habitudes car, tout comme pour les cigarettes, des recherches ont montré que la cigarette électronique peut endommager les poumons.

Une étude portant sur plus de 32 000 Américains a révélé que les personnes qui vapotent régulièrement ont plus de 1,3 fois plus de risques que les autres de développer des maladies pulmonaires, notamment l'asthme, l'emphysème et la bronchite chronique. Les fumeurs de tabac avaient 2,6 fois plus de risques, et les personnes qui fument et vapotent à la fois avaient 3,3 fois plus de risques de développer une maladie pulmonaire que les personnes qui ne fument pas du tout. Et ce n'était que pendant les trois années de l'étude.

Comme le coronavirus attaque les poumons, toute vulnérabilité de cet organe peut provoquer des symptômes plus graves. Cela peut également signifier qu'une plus petite quantité de virus est nécessaire pour infecter le système, ce qui ferait du fait de vapoter un facteur de risque, un peu comme le tabagisme. Les experts pensaient que ce serait le cas, avant même d'avoir les données nécessaires pour le démontrer.

"De mon point de vue, je classerais dans la même catégorie toutes les choses qui ne sont pas de l'air dans les poumons", a déclaré à Business Insider US le Dr Panagis Galiatsatos, pneumologue et porte-parole national de l'Association pulmonaire américaine. "Si vous avez une infection et que vous avez de bons poumons en bonne santé, qui ne sont pas combattus tous les jours par des toxines, que ce soit par l'inhalation de marijuana ou de cigarettes combustibles ou électroniques, vous permettez à vos poumons d'être au mieux de leur capacité pour essayer de combattre cette infection."

Version originale : Morgan McFall-Johnsen/Business Insider

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