Les mesures annoncées par Edouard Philippe en réponse aux violences des Gilets jaunes

Manifestation des Gilets jaunes sur les Champs-Elysées, le samedi 16 mars 2019. REUTERS/Philippe Wojazer

Après les violences survenues samedi à Paris lors de la manifestation des Gilets jaunes, le gouvernement avait admis des "dysfonctionnements" dans le dispositif de sécurité. Il tente maintenant de rétablir la situation avec de nouvelles mesures. "Nous allons renforcer la fermeté de notre doctrine de maintien de l'ordre mais nous voulons d'abord protéger le droit de manifester", a ainsi affirmé le Premier ministre en introduction de sa conférence de presse ce lundi 18 mars 2019. "Je ne confonds pas les casseurs et la très grande majorité des Gilets jaunes qui, d'ailleurs, ne manifestent plus aujourd'hui", a-t-il ajouté. Ingrid Levasseur, l'une des figures du mouvement, a annoncé plus tôt dans la journée qu'elle ne participerait plus aux manifestations.

Pour mettre fin aux violences, Edouard Philippe a d'abord annoncé l'interdiction des manifestations des Gilets jaunes "dans les quartiers les plus touchés" en cas de présence "d'éléments ultras". Le Premier ministre a précisé qu'il s'agissait des Champs-Élysées à Paris, de la place Pey-Berland à Bordeaux et de la place du Capitole à Toulouse. En cas de manifestation, "nous procéderons à la dispersion immédiate de tous les attroupements", a-t-il assuré. "Je vais demander à la garde des Sceaux d'augmenter la contravention encourue en cas de participation à une manifestation interdite" qui s'élève pour le moment à 38 euros maximum, a-t-il aussi ajouté.

Le Premier ministre a par la suite admis que "la stratégie de maintien de l'ordre n'a pas été correctement exécutée". Il a annoncé le limogeage du préfet de police de Paris Michel Delpuech, qui sera remplacé par l'actuel préfet de la Nouvelle Aquitaine Didier Lallement. Il doit être officiellement nommé ce mercredi en Conseil des ministres. Il a aussi estimé qu'"une plus grande autonomie" des forces de l'ordre sur le terrain était nécessaire. Le Premier ministre a de plus annoncé que des "moyens nouveaux" seront déployés comme des drones, des produits marquants et de la vidéo. Les détachements d'action rapide seront transformés en "unités anticasseurs dotées d'une capacité de dispersion et d'interpellation pouvant être engagée dès les premiers troubles". Lors de cette conférence de presse, Edouard Philippe est aussi revenu sur l'usage des lanceurs de balle de défense et les "polémiques" qui ont, a-t-il estimé, "conduit à ce que des consignes inappropriées soient passées pour réduire leur usage".

Le gouvernement prend de nouvelles mesures alors que les Gilets jaunes planifient déjà leur acte 19, samedi prochain. Plusieurs événements Facebook incitent déjà à protester via des manifestations, notamment sur les Champs-Elysées. "Dans à peu près trois semaines, il y aura un autre acte, sûrement un très gros acte", a par ailleurs promis Maxime Nicolle, alias "Fly Rider", dans une vidéo publiée dans la soirée de samedi. Le mouvement pourrait toutefois prendre une autre forme après le retrait d'Ingrid Levasseur et d'Éric Drouet, autre figure de mouvement qui, lui, ne renie pas vraiment les violences.

Ce dernier a néanmoins assuré qu'il ne participerait plus aux manifestations dans une vidéo postée vendredi sur YouTube. "Il faudra proposer des blocages etc", a-t-il affirmé. "Marcher, on a prouvé qu'on savait le faire, on a prouvé que ça ne fonctionnait pas, qu'on n'était pas entendus avec ces marches". Eric Drouet a donné un peu plus d'explications dans une vidéo publiée dimanche : "je pense que le prochain truc à faire, c'est le blocage des ports et raffineries", assure-t-il. "Et que tous les Gilets jaunes se mettent que là-dessus. En trois-quatre jours, c'est plié".

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