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Les microbes terriens ne devraient pas pouvoir contaminer les eaux saumâtres à la surface de Mars

Les microbes terriens ne devraient pas pouvoir contaminer les eaux saumâtres à la surface de Mars
© NASA

L'un des objectifs majeurs des prochaines missions spatiales sur Mars sera la collecte d'échantillons sur place. La mission Mars 2020 de la NASA par exemple, censée décoller entre le 17 juillet et le 5 août 2020, devrait permettre de recueillir des échantillons de roches et de sol à l'aide du rover Perseverance. Mais l'une des peurs associées à la collecte d'échantillons in situ est celle de la contamination : contamination par un virus d'origine martienne et à l'inverse, contamination par des microbes terriens de l'environnement martien. La NASA a trouvé en 2015 des preuves de l'existence d'eau liquide, probablement salée, sur la surface martienne, mais elle n'a donc pas été testée.

Un traité sur l'espace extra-atmosphérique des Nations Unies datant de 1967 stipule d'ailleurs que l'exploration spatiale doit être menée de manière à éviter toute contamination. Une étude publiée le 11 mai dans la revue Nature Astronomy affirme que les risques potentiels de contamination par des microbes terriens seraient quoi qu'il en soit moindres, car les conditions de surface sur Mars sont extrêmement inhospitalières pour que la vie terrestre puisse y survivre. "La vie sur Terre, même la vie qui peut supporter les conditions les plus extrêmes, a certaines limites environnementales qu'elle peut supporter", a expliqué le planétologue Edgard G. Rivera-Valentín de l'Universities Space Research Association (USRA) et du Lunar and Planetary Institute (LPI), rapporte Science Alert.

"Nous avons montré qu'à l'échelle planétaire, la surface martienne et le souterrain peu profond ne conviendraient pas aux organismes terrestres car les liquides ne peuvent se former qu'à de rares moments, et même quand ils se forment, ils le font dans des conditions difficiles", a déclaré le planétologue. Pour cela, les chercheurs ont étudié la distribution et la chimie des liquides stables sur la surface martienne "pour comprendre si ces environnements seraient adaptés au moins à la vie capable de supporter des conditions extrêmes sur Terre".

Mais cette étude est limitée, puisque les chercheurs se sont basés sur la notion de vie telle qu'on la connaît et telle qu'on la comprend sur notre planète bleue. Il est en effet fort possible que des formes de vie différentes puissent exister dans l'espace. Le directeur du programme scientifique de l'Agence spatiale européenne (ESA) Guenther Hasinger avait récemment partagé cette idée avec Business Insider France. Car il est vrai que "nous regardons les choses d'un point de vue terrien, mais nous savons que l'univers est beaucoup plus complexe et beaucoup plus grand ou beaucoup plus petit. Quand les gens demandent où se trouvent les différentes formes de vie extraterrestres, peut-être qu'elles sont en fait dans nos veines, peut-être qu'elles font partie des microbes que nous portons dans notre corps et qui pourraient en fait venir d'autres étoiles."

Enfin, les résultats relatés dans cette étude ne prennent pas en compte les formes de vie primitives que l'on aurait pu trouver sur la planète rouge.

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