Les noisettes du Nutella sont aussi cueillies par des enfants sous-payés en Turquie

Pot de Nutella dans un rayon d'hypermarché. Business Insider France/Elisabeth Hu.

Une enquête de la BBC révèle que les noisettes présentes dans le Nutella sont récoltées par des migrants, parfois mineurs, en Turquie. Le journaliste Tim Whewell s'est rendu dans les montagnes de la région de la Mer Noire pour recueillir des témoignages. Il a suivi une famille de migrants kurdes pendant la récolte. Deux enfants de 10 et 12 ans ramassaient au sol les noisettes que leur père faisait tomber des branches. Un travail illégal - l'âge minimum pour travailler en Turquie est fixé à 15 ans - et éreintant. Les pentes dans les montagnes sont raides et les noisettes pèsent lourd, jusqu'à 35 kilos par sac à dos.     

Les enfants et leurs parents travaillent 10 heures par jour pour 95 lira, soit 15 euros, auquel il faut déduire une commission de 10% ainsi que des frais de déplacement. Au bout du compte, la journée de travail ne leur rapporte au maximum que 65 lira, soit 10 euros. "Les cueilleurs font travailler leurs enfants comme des machines. Ils se demandent combien de profit ils peuvent tirer de chaque enfant", rapporte Kazim Yaman, le copropriétaire d'un verger de noisetiers, à la BBC. Il se dit contre ces pratiques mais n'a pas d'autre choix que de les accepter car si le fermier refuse de faire travailler les enfants et de les payer, les parents s'en vont récolter les noisettes ailleurs. 

Les trois quarts de l'approvisionnement mondial en noisettes viennent de Turquie. Ferrero, le fabriquant du Nutella, en est le plus gros acheteur et récupère un tiers des récoltes turques pour pouvoir produire sa célèbre pâte à tartiner, composée à 13 % de noisettes.

Les noisettes représentent 13 % de la composition du Nutella. Ferrero est le plus gros acheteur de noisettes au monde. Pixabay/Hans

Mais si le site de Ferrero indique que "la traçabilité est essentielle pour garantir les normes de qualité de la production et des produits", l'entreprise ne trace pas la provenance de ses noisettes pour autant. 

Le directeur général de Ferrero Hazelnut Company en Turquie, Bamsi Akin, a dit à la BBC : "Nous ne posons pas de questions sur la source exacte de provenance, mais nous avons d'autres manières de la tracer." Le directeur a expliqué que Ferrero connaissait les noms des intermédiaires auprès desquels l'entreprise se fournit, mais ne peut pas "garantir les noms complets des fermiers". 

"Si nous découvrons qu'un produit est fabriqué avec des pratiques contraires à notre éthique, nous ne le toucherons pas. Nous remplissons notre rôle pour améliorer les pratiques sociales avec des formations", a ajouté Bamsi Akin au journaliste de la BBC. 

Ferrero propose des formations pour les agriculteurs, afin de leur rappeler leurs droits et de faire de la prévention sur le travail des enfants. En 2012, l'entreprise italienne a lancé en Turquie le programme de formation gratuite Farming Values, dont ont bénéficié 42 000 agriculteurs.

Malgré ses efforts, Ferrero continue d'enchaîner les scandales. L'image du fabriquant du Nutella était déjà bien entachée par son utilisation massive d'huile de palme. Et en avril dernier, une enquête du New York Times révélait que Ferrero exploitait des réfugiés syriens pour récolter ses précieuses noisettes. 

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