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Les ONG réclament des contreparties au sauvetage des entreprises polluantes comme les compagnies aériennes

Les ONG réclament des contreparties au sauvetage des entreprises polluantes comme les compagnies aériennes
© Pixabay

Et si le monde après la pandémie de coronavirus était plus respectueux du climat? C'est en somme ce que demandent de nombreuses ONG. Les plans de sauvetage pour les secteurs durement touchés par la crise actuelle, comme le transport aérien ou l'industrie pétrolière, devront être assortis de "conditions environnementales et sociales", exigent plusieurs d'entre elles lundi 6 avril. Elles rappellent l'impact négatif de ces secteurs sur le climat. Plus de 250 ONG internationales se sont ainsi regroupées pour sonner "l'alarme sur le sauvetage des compagnies aériennes", à l'initiative d'une quinzaines d'entre elles, comme l'organisation britannique Biofuelwatch, CPOOEM au Mexique, Ecologistas en Acción en Espagne, Umverkehr en Suisse ou Weit en Allemagne.

Ces associations, qui ont lancé une pétition en ce sens, soulignent que le secteur aérien a connu une croissance très importante ces dernières années et contribue au changement climatique. "Si les compagnies sont renflouées sans conditions, il y a fort à parier que la croissance du secteur reprenne dans quelques mois. Au contraire, les Etats sont maintenant dans une excellente position pour imposer des conditions au secteur et l'engager à réduire enfin ses émissions", plaident ces ONG, qui citent comme précédent le plan de sauvetage de l'industrie automobile américaine sous Barack Obama, qui incluait des engagements d'investissement dans les véhicules "propres".

Favoriser des transports plus écologiques

En France, alors que le trafic aérien s'est effondré de plus de 90% suite aux fermetures de frontières liées à la propagation du Covid-19, le gouvernement n'exclut pas de nationaliser la compagnie aérienne Air France-KLM, dont l'Etat est actionnaire à hauteur de 14%, une fois la crise passée. Il a aussi accepté le report de taxes et redevances aéronautiques en 2021 et 2022.

"Le gouvernement doit exprimer clairement les conditions environnementales et sociales qu’il souhaite imposer en contrepartie de ces aides", commente Agathe Bounfour, du Réseau Action Climat (RAC), cité dans un communiqué. Il faut "limiter les transports les plus polluants, comme l'avion, et soutenir la création d'emplois autour de transports plus écologiques, tels que le train", renchérit Sarah Fayolle, de Greenpeace France.

Parallèlement, l'association Les Amis de la Terre a rejeté l'idée d'un secours de l'Etat aux "parapétroliers français sans condition", en prenant l'exemple du groupe Vallourec, frappé par la chute des cours du pétrole. "Pas un euro d'argent public ne doit donc être versé aujourd'hui au parapétrolier sans exiger de stratégie de diversification de ses activités pour sortir des énergies fossiles et assurer une transition juste à ses salariés", réclame Cécile Marchand des Amis de la Terre France.

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