Les personnes vaccinées peuvent aussi propager le variant Delta, selon l'autorité sanitaire américaine

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Rochelle Walensky, directrice des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies, à Wilmington (Delaware), le 8 décembre 2020. © Kevin Lamarque/Reuters

Aux États-Unis, de nouvelles données scientifiques ont de nouveau incité les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) à mettre à jour leurs recommandations au sujet du port du masque. Mardi 27 juillet, les CDC ont recommandé que les personnes entièrement vaccinées portent un masque au sein des lieux publics fermés "dans les zones où la transmission est importante et élevée". Cela inclut une grande partie des États-Unis, y compris la grande majorité des régions du Sud.

Les CDC ont recommandé que tous les enseignants, le personnel, les étudiants et les visiteurs des établissements scolaires portent également un masque. C'est un revirement de la part de l'administration américaine ; en mai, celle-ci avait retiré l'obligation du port du masque en intérieur pour les personnes ayant un parcours vaccinal complet.

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L'objectif de ces nouvelles directives est de "contribuer à prévenir la propagation du variant Delta et de protéger les autres", a déclaré Rochelle Walensky, la directrice des CDC.

Les recommandations du mois de mai étaient fondées en partie sur des données indiquant que les personnes vaccinées étaient moins susceptibles de transmettre le virus à d'autres personnes. Mais le variant Delta — désormais majoritaire aux États-Unis comme en France — se comporte différemment des versions précédentes du virus, a pointé la scientifique.

"Les informations sur le variant Delta provenant de plusieurs États et d'autres pays indiquent que, en de rares occasions, certaines personnes vaccinées peuvent être contagieuses et transmettre le virus à d'autres personnes", a-t-elle expliqué lors d'une conférence de presse le 27 juillet. "Ces nouvelles données sont inquiétantes et justifient malheureusement une mise à jour de nos recommandations".

Quantité de virus similaire

Selon Rochelle Walensky, les enquêtes des CDC ont révélé que la quantité de virus présent chez les personnes vaccinées infectées par le variant est similaire aux niveaux trouvés chez les personnes non vaccinées atteintes par la même souche. Cela indique que les personnes vaccinées peuvent facilement transmettre le virus, même si elles sont moins susceptibles de tomber malades, dans l'ensemble.

"La grande majorité des cas de transmission, la grande majorité des cas de maladie grave, d'hospitalisation et de décès se produisent presque exclusivement chez les personnes non vaccinées", pointe néanmoins Rochelle Walensky.

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Les CDC ont estimé la semaine dernière que les personnes non vaccinées représentent environ 97 % des cas d'hospitalisation pour infection à coronavirus aux États-Unis. Les vaccins divisent par sept le risque d'une infection symptomatique par le variant Delta, a noté Rochelle Walensky. Et le risque d'hospitalisation et de décès dû au variant est divisé par vingt après la vaccination, a-t-elle ajouté.

Toutefois, dans les zones de forte transmission, environ un contact sur vingt, voire un sur dix, peut entraîner une infection primaire (un cas diagnostiqué après une vaccination complète). Et ce, en supposant que les vaccins sont efficaces à 90 ou 95 %.

Les vaccins continuent de bien fonctionner face au variant Delta

Un habitant de l'Ohio reçoit une injection de vaccin en mars 2021.  Stephen Zenner/SOPA Images/LightRocket via Getty Images

Jusqu'à présent, les vaccins semblent être légèrement moins efficaces contre le variant Delta que contre les autres souches. Une étude récente parue dans le New England Journal of Medicine a révélé que deux doses du vaccin Pfizer/BioNTech réduisent de 88 % le risque d'une infection Delta symptomatique — contre 95 % contre la souche originale. Mais une seule injection du vaccin ne réduit ce risque que de 36 %.

Par ailleurs, une étude canadienne en attente d'examen par les pairs a révélé qu'une seule dose du vaccin Pfizer/BioNTech était efficace à 56 % pour prévenir les infections symptomatiques causées par le variant Delta après deux semaines. Ce taux était de 72 % pour une injection du sérum Moderna.

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Les infections symptomatiques pourraient être plus fréquentes avec le vaccin de Johnson & Johnson qu'avec ceux de Pfizer/BioNTech ou de Moderna, car l'efficacité de ce dernier est plus faible : les essais cliniques ont montré que le vaccin Janssen réduisait le risque d'infection modérée et sévère de 66 % au niveau mondial. Pourtant, des chercheurs sud-africains ont récemment constaté que 94 % des infections chez les personnes ayant reçu ce vaccin étaient légères, y compris les infections causées par le variant Delta.

Ce variant est plus transmissible que les souches précédentes ; ce qui signifie que, statistiquement, il entraînera également un plus grand nombre d'hospitalisations et de décès chez les personnes vaccinées, en raison de sa propagation plus importante.

Une analyse de Public Health England a montré que le variant Delta était associé à un risque accru de 60 % de transmission dans les foyers par rapport au variant Alpha, découvert au Royaume-Uni, bien que des estimations plus récentes suggèrent que la différence est plus proche de 40 %. Le variant Alpha est déjà environ 50 % plus transmissible que la souche d'origine, selon les CDC.

Version originale : Aria Bendix/Insider

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