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Les principales annonces de Jean Castex sur le plan de relance à 100 Mds€ du gouvernement

Les principales annonces de Jean Castex sur le plan de relance à 100 Mds€ du gouvernement
Le Premier ministre Jean Castex lors de son discours de politique générale à l'Assemblée nationale, le mercredi 15 juillet 2020. © David Niviere/Abaca

Emmanuel Macron avait promis un plan de relance de 100 milliards d'euros lors de son interview télévisée du 14 juillet. Ce mercredi 15 juillet, son nouveau Premier ministre a dévoilé les grandes lignes de ce plan lors de son discours de politique générale à l'Assemblée nationale. Face aux députés pour son grand oral, 12 jours après sa prise de fonction, Jean Castex a affirmé que sa "première ambition, immense" sera de "réconcilier ces France si différentes, les souder ou les ressouder". Dans cette perspective, il a développé les lignes de force des deux dernières années du quinquennat, dans un discours d'une heure : emploi, efficacité de l'action publique, souveraineté économique, transition écologique, protection sociale...

Le plan de relance de 100 milliards d'euros, prévu pour la rentrée, misera lui sur la "reconquête économique" et les territoires. Le Premier ministre leur a envoyé des signaux en annonçant que toutes les créations d'emploi de fonctionnaires se feront dans les services départementaux, et non dans les administrations centrales. Et un "droit à la différenciation" sera prochainement consacré dans une loi organique.

Voici les principales annonces de Jean Castex :

40 milliards pour l'industrie

Le gouvernement consacrera notamment 40 milliards d'euros à la reconstruction de l'industrie, dans le cadre du plan de relance économique. "Notre industrie s'est affaiblie. (...) Nous sommes aujourd'hui trop dépendants de nos partenaires extérieurs, et insuffisamment présents sur certains secteurs stratégiques. Nous consacrerons, dans le cadre du plan de relance, 40 milliards d'euros pour que cela change", a dit le Premier ministre.

20 milliards pour la transition écologique

Pour ce qui est de la transition écologique, Jean Castex a proposé de mobiliser "plus de 20 milliards d'euros pour la rénovation thermique des bâtiments, pour réduire les émissions des transports et de nos industries, pour produire une alimentation plus locale et durable, pour soutenir les technologies vertes de demain comme les batteries, pour mieux recycler et moins gaspiller". Tout cela dans l'objectif de faire "de l'économie française la plus décarbonée d'Europe".

Dans le détail, le Premier ministre a affirmé qu'il prévoira "un plan vélo très ambitieux" et "contractualisé" avec les collectivités, ajoutant que d'ici à la fin 2021, tous les territoires devront être dotés de "contrats de développement écologiques".

"En matière de logement, en finançant leur projet de rénovation thermique ; en matière de transport, grâce à la prime à la conversion, mais aussi en structurant mieux le marché de l'occasion et en s'appuyant sur la location longue durée", a ajouté le chef du gouvernement, qui a également mis l'accent sur le développement d'une alimentation "de qualité, locale, accessible dans toutes les villes et villages de France".

Jean Castex a par ailleurs promis la mise en place d'un moratoire pour l'installation de nouveaux projets de centres commerciaux dans les zones périurbaines "pour lutter contre l'artificialisation des sols", neuf mois après l'abandon par le chef de l'État du méga-projet contesté d'EuropaCity au Nord-Est de Paris.

6 milliards pour la santé

L'Etat va également investir six milliards d'euros dans le système de santé, venant s'ajouter aux 13 milliards d'euros de reprise de la dette hospitalière d'ores et déjà prévu par le gouvernement. Ces "six milliards (d'euros) de soutien supplémentaire en investissement" viendront s'ajouter aux 8,1 milliards d'euros déjà annoncés pour améliorer la rémunération des personnels hospitaliers dans le cadre du "Ségur de la santé", a précisé le Premier ministre dans son discours de politique générale à l'Assemblée nationale.

"L'objectif est de donner davantage de souplesse aux établissements, d'intégrer la qualité des soins dans les règles de financement des hôpitaux et des médecins de ville" et "de mettre l'accent sur la prévention", a-t-il poursuivi. "Il faut aussi développer la télémédecine, qui a connu un essor spectaculaire pendant la crise du Covid et dont il faut maintenant consolider la place dans les pratiques médicales", a également ajouté Jean Castex.

La lutte contre le chômage, une 'priorité absolue'

Le Premier ministre a aussi déclaré que la lutte contre le chômage et la préservation de l'emploi seraient "la priorité absolue du gouvernement pour les 18 prochains mois". Il a précisé que "la première urgence" serait les jeunes, "les premiers touchés par la crise" et qu'un plan jeunesse "sera(it) discuté vendredi avec les partenaires sociaux". Le dispositif d'exonérations de cotisations sociales pour favoriser l'emploi des "jeunes de moins de 25 ans" serait "à hauteur de 4 000 euros par an".

Jean Castex a également fait part de son souhait de démarrer, avant la fin 2021, la rénovation urbaine de 300 quartiers, sur 450 concernés. "S'agissant du plan de rénovation urbaine visant à restaurer la République dans les quartiers et à permettre l'émancipation de leurs habitants, il faut que d'ici la fin de l'année prochaine, les travaux aient effectivement démarré dans 300 des 450 quartiers concernés", a affirmé le chef du gouvernement.

Allocation de rentrée augmentée de 100 €

Le Premier ministre a aussi annoncé une revalorisation de 100 euros "de façon exceptionnelle" de l'allocation de rentrée scolaire pour soutenir les plus modestes.

Enfin, Jean Castex a indiqué que la réforme des retraites, avec mise en place d'un système universel était "nécessaire", mais qu'elle serait séparée "très clairement de toute mesure financière, appelée parfois paramétrique".

Reconnaissant que le plan de relance de 100 milliards d'euros "aura aussi un coût pour nos finances publiques", le Premier ministre a estimé que "la réponse ne saurait être l'austérité budgétaire qui ne ferait qu'aggraver les choses".

Pas de hausse d'impôt

"Dépenser en transformant, c’est de l'investissement pour l'avenir", a-t-il défendu. "Il n'est pas envisageable, dans le contexte que nous traversons, de demander aux Français un effort fiscal supplémentaire", a-t-il assuré, affichant sa priorité à "la préservation de l'emploi et la lutte contre le chômage".

"C'est en favorisant le retour à une croissance riche en emplois et en travaillant davantage que nous pourrons restaurer les équilibres dans la durée", a-t-il ajouté.

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