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Les questions qui pourraient être posées à Amazon, Facebook, Apple et Alphabet devant le Congrès américain

Les questions qui pourraient être posées à Amazon, Facebook, Apple et Alphabet devant le Congrès américain
De gauche à droite, Mark Zuckerberg, Sundar Pichai, Tim Cook et Jeff Bezos. © Getty/Carsten Koall/Michael Kovac/montage de Business Insider US

Les patrons de quatre géants de la tech se présenteront devant le Congrès américain la semaine prochaine, où ils devront défendre le pouvoir croissant de leurs entreprises face à des législateurs sceptiques. Jeff Bezos, PDG d'Amazon, Tim Cook, DG d'Apple, Mark Zuckerberg, PDG de Facebook, et Sundar Pichai, DG d'Alphabet, qui possède Google et YouTube, témoigneront dans le cadre d'une enquête en cours de la sous-commission antitrust de la Chambre des représentants sur la domination des plateformes numériques.

Depuis juin, la sous-commission tient des audiences avec des concurrents de plus petite taille, qui ont témoigné sur les pratiques monopolistiques présumées de ces grosses entreprises. C'est désormais au tour des quatre titans de la tech d'apparaître ensemble pour répondre aux questions basées sur les conclusions de la commission. L'audition est prévue mercredi 29 juillet à midi (heure de New York). Elle était initialement prévu lundi 27 juillet mais a été reporté en raison d'une cérémonie d'hommage au député John Lewis, décédé le 17 juillet.

A cause de la pandémie actuelle, les PDG devraient se présenter à l'audience à distance avec un logiciel d'appel vidéo. Les législateurs espèrent que les audiences se dérouleront en une seule journée, ce qui ne sera pas facile compte tenu de l'ampleur des questions à traiter.

Voici les raisons pour lesquelles chaque PDG a été invité à se présenter, le type de questions auxquelles il est susceptible de devoir répondre et les enjeux pour chaque entreprise.

Google

Sundar Pichai est désormais le PDG de Google et de sa maison-mère Alphabet.  REUTERS/Brandon Wade/File Photo

Google fait actuellement l'objet de multiples enquêtes antitrust de la part de nombreux procureurs généraux aux Etats-Unis, mais mercredi, ce sera la première fois depuis 2018 que le DG Sundar Pichai passera devant le Congrès.

Les législateurs se concentreront probablement sur la domination de Google sur les marchés des moteurs de recherche et de la publicité, alors on peut s'attendre à ce qu'ils interrogent Sundar Pichai pour savoir si et comment l'entreprise a maintenu des conditions de concurrence équitables.

Bloomberg a récemment rapporté qu'à cause des changements apportés par Google au moteur de recherche, les entreprises en ligne doivent désormais payer plus cher pour atteindre les clients — on peut donc s'attendre à ce que le comité sonde Google sur ce genre de sujets en abordant l'écosystème vaste et complexe des entreprises en ligne.

Les législateurs pourraient également s'interroger sur la manière dont le secteur de la publicité numérique de Google a profité des contenus toxiques en ligne. De même, ils peuvent aussi s'interroger sur les discours de haine sur YouTube, bien que certains de ces sujets puissent détourner l'attention des questions d'antitrust.

Enfin, il est possible que Google soit interrogé sur la Chine. Le représentant du Rhode Island, David Cicilline, avait cuisiné Sundar Pichai sur la Chine lors de l'audience de 2018, et le sujet est revenu récemment avec des rapports indiquant que l'entreprise essaie toujours de trouver des moyens de pénétrer le marché chinois.

Le Congrès pourrait également interroger Google sur les enquêtes antitrust auxquelles l'entreprise est actuellement confrontée dans plusieurs États américains. Au début de ce mois, le média américain Politico a signalé que la Californie se préparait à lancer sa propre enquête sur l'entreprise. C'est le 49e État américain à le faire.

Apple

Getty Images

Jusqu'à présent, Apple a réussi à éviter davantage de critiques antitrust que certaines autres entreprises de cette liste, mais les législateurs américains s'inquiètent de plus en plus du fait que l'App Store de la société — et l'écosystème des applications en général — nuit aux développeurs.

Apple a mis en place des règles restrictives pour les développeurs de l'App Store, notamment une redevance de 15 à 30 % sur les achats effectués sur l'App Store, que les applications tierces ont longtemps jugée injuste, bien qu'Apple affirme que cette taxe est conforme aux tarifs de ses concurrents. Spotify a été l'un des plus actifs sur le sujet, et le mois dernier, Basecamp, le développeur de l'application de messagerie Hey, a également fait part publiquement de ses critiques.

L'App Store est la deuxième source de revenus d'Apple après l'iPhone, mais les applications d'Apple ne sont pas soumises aux mêmes règles que celles des tiers, et on a longtemps fait valoir que cela donne à Apple un autre avantage déloyal sur la concurrence.

Un domaine particulièrement trouble est le processus d'approbation des nouvelles applications par Apple, alors on peut s'attendre à ce que les législateurs essaient de sonder certains des mécanismes secrets en coulisses.

Comment savoir si Apple prend tout cela au sérieux ? L'entreprise a récemment commandé une étude défendant la taxe de 30 %, qui, selon elle, est similaire aux taxes pratiquées par Google, Amazon et d'autres. C'est peut-être vrai, mais la commission est probablement moins intéressée par la comparaison des part des revenus que par les autres façons dont Apple pourrait nuire aux développeurs.

Facebook

AP Photo/Andrew Harnik

Il est probable que Facebook fasse l'objet d'un examen minutieux en raison de ses acquisitions passées. Les critiques affirment que Facebook a utilisé une tactique pour neutraliser les menaces de concurrence.

L'entreprise a acquis Giphy au début de l'année pour 400 millions de dollars, ce qui a déclenché l'alarme antitrust — les critiques ont dit que la portée de Giphy sur le web pourrait aider Facebook à étendre son opération de suivi des publicités — le "ad tracking" — déjà massive.

Facebook a racheté un grand nombre d'entreprises, petites et grandes, au cours des 16 années qui ont suivi sa création. Son acquisition d'Instagram et de WhatsApp, respectivement en 2012 et 2014, a consolidé Facebook en tant que géant mondial de la tech. En 2013, Facebook a acheté Onavo Mobile, une application qui utilise l'IA pour identifier d'autres entreprises qui pourraient représenter de bons achats. (Facebook a par la suite fermé l'application après une controverse).

La Federal Trade Commission — l'autorité en charge des pratiques commerciales anticoncurrentielles aux Etats-Unis — enquête déjà sur Facebook à propos de ses récentes acquisitions.

Les législateurs sont également susceptibles de remettre en question les mesures prises par Facebook pour mettre fin à la diffusion de fausses informations et des discours de haine sur sa plateforme, en particulier dans le contexte de la pandémie de Covid-19 et à l'approche des élections présidentielles américaines de 2020. Ces questions ont dominé le dernier témoignage de Mark Zuckerberg au Congrès, qui avait été présenté comme une audition sur l'entreprise de crypto monnaie de Facebook.

Facebook a dû faire face aux répercussions prolongées des démocrates pour son refus de vérifier les messages et les publicités de campagne du président américain Donald Trump. Les scientifiques et les autorités de santé publique ont également dénoncé la diffusion de fausses informations sur le Covid-19 sur la plateforme.

Amazon

Le PDG d'Amazon Jeff Bezos à un évènement à Washington.  REUTERS/Joshua Roberts

Amazon a déjà fait l'objet d'un examen approfondi de la part des autorités antitrust au cours de l'année dernière en ce qui concerne le traitement réservé aux entreprises tierces qui vendent des produits sur son site web.

Une enquête menée par le Wall Street Journal en avril a révélé qu'Amazon utilisait fréquemment les données glanées auprès de vendeurs tiers sur son site pour élaborer des plans de développement de ses propres produits de la marque Amazon. Cette révélation a donné le coup d'envoi d'une vaste enquête antitrust sur la société dans l'Union Européenne.

Plus récemment, des dizaines d'investisseurs et d'entrepreneurs ont déclaré au Wall Street Journal qu'Amazon avait investi dans leurs entreprises, obtenant ainsi l'accès à des informations exclusives, avant de lancer des produits et services concurrents. De nombreuses startups ont été écrasées dans le processus, et ont déclaré qu'elles étaient incapables de concurrencer Amazon une fois que l'entreprise avait lancé son propre service. Amazon a nié les allégations selon lesquelles elle aurait utilisé des informations confidentielles. "Tout litige légitime concernant la propriété intellectuelle est résolu à juste titre devant les tribunaux", a déclaré un porte-parole à Business Insider US.

Amazon pourrait également être confrontée à des questions plus actuelles concernant la pandémie de Covid-19, qui a provoqué une augmentation inattendue des commandes en ligne et mis à rude épreuve les entrepôts d'Amazon.

La sécurité des travailleurs dans les entrepôts d'Amazon a été un point de discorde. Plusieurs travailleurs se sont mis en grève au début de l'année pour protester contre les conditions de travail, et plusieurs employés des entrepôts d'Amazon sont depuis décédés du coronavirus. Amazon insiste sur le fait qu'elle a fourni de nombreux équipements de protection et nettoyé régulièrement ses entrepôts afin de réduire la transmission du virus.

Les audiences de mercredi marqueront également la première fois que le PDG Jeff Bezos témoigne devant le Congrès américain dans l'histoire de la société. Son histoire de querelle avec le président américain Donald Trump et le Washington Post — que Jeff Bezos a racheté — pourrait également être un sujet de questionnement.

Version originale : Hugh Langley et Aaron Holmes/Business Insider. Traduit de l'anglais par Albane Guichard.

Business Insider