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Les recherches sur les enfants montrent que les nourrissons sont plus touchés par le Covid-19


© Getty Images

Depuis les premiers jours de l'épidémie due au coronavirus, il apparaît clairement que les enfants sont moins susceptibles de présenter des symptômes de ce virus que les adultes. Parmi les 425 premiers patients atteints du Covid-19 étudiés à Wuhan, en Chine, en décembre et janvier, aucun cas n'a été signalé chez les enfants de moins de 15 ans. Plus tard, une étude portant sur plus de 1 000 patients en Chine a révélé que les enfants de moins de 15 ans représentaient 1% des cas.

D'autres pays ont identifié un schéma similaire : les données des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) aux Etats-Unis suggèrent que les enfants ne représentent que 2% des cas aux États-Unis, et une analyse de 4 700 cas confirmés en Espagne est arrivée à la même conclusion. Mais les cas d'enfants sont également plus difficiles à détecter — et encore plus à isoler — car de nombreux enfants ne savent jamais qu'ils sont malades. Cela signifie que les enfants pourraient jouer un rôle clé dans la propagation du virus.

Les enfants pourraient être des porteurs asymptomatiques

Les chercheurs ont déterminé que certains enfants peuvent être porteurs asymptomatiques. John Williams, expert en maladies infectieuses pédiatriques au centre médical de l'université de Pittsburgh, a récemment déclaré à ABC que l'infection asymptomatique "se produit dans 10 à 30%" des cas d'enfants. Une étude réalisée en avril sur des patients pédiatriques en Chine a révélé que 90% des enfants étudiés étaient asymptomatiques ou présentaient des symptômes légers ou modérés, contre 6% qui présentaient des infections graves ou critiques.

Une étude des CDC — le plus grand échantillon d'enfants atteints du coronavirus à ce jour — a révélé que 18% des patients pédiatriques atteints du COVID-19 aux États-Unis ne présentaient aucun symptôme. Près des trois quarts des enfants ayant participé à l'étude ont à l'inverse développé de la fièvre, de la toux ou un essoufflement, contre 93% des adultes. L'étude des CDC a toutefois conclu que les enfants "jouent probablement un rôle dans la transmission et la propagation du COVID-19" aux États-Unis.

Les épidémiologistes ont exprimé leurs craintes à ce sujet au début de l'épidémie, car les enfants sont moins susceptibles de se laver les mains, de se couvrir la bouche et de s'abstenir de toucher les autres — des comportements qui peuvent transmettre des germes. "Je suis pédiatre — j'adore les enfants — mais les enfants alimentent vraiment la propagation des virus respiratoires", a déclaré Aaron Milstone, épidémiologiste et professeur de pédiatrie à l'université Johns Hopkins, à Business Insider US le 4 février. "Il est beaucoup plus facile de dire aux adultes d'adopter des comportements de bon sens. Si les enfants sont malades, ils veulent toujours aller se blottir contre leur maman ou jouer avec leurs frères et sœurs".

Mais de nombreux enfants atteints du Covid-19 ne sauront même pas qu'ils sont malades, ce qui signifie qu'ils risquent moins d'être isolés des autres. "L'excrétion asymptomatique est en fait probablement plus susceptible de perpétuer une épidémie au sein d'une population", a déclaré Yvonne Maldonado, présidente du comité sur les maladies infectieuses de l'Académie américaine de pédiatrie, dans un communiqué publié en mars. "Des mesures de distanciation sociale peuvent vraiment être le moyen d'empêcher que cela ne se produise".

Les enfants de moins d'un an affichent un taux d'hospitalisation plus élevé

Les chercheurs définissent généralement les cas graves de COVID-19 comme ceux qui nécessitent une hospitalisation. Les patients gravement atteints peuvent voir leur état de santé se dégrader de façon spectaculaire après une semaine de symptômes. À ce stade, ils peuvent ressentir un essoufflement, qui pourrait les empêcher de recevoir suffisamment d'oxygène dans le sang. Ces circonstances sont plus fréquentes chez les nourrissons que chez les enfants plus âgés ou les adolescents.

Dans l'étude des CDC, jusqu'à 62% des nourrissons infectés ont été hospitalisés, le pourcentage le plus élevé parmi les patients pédiatriques. En revanche, le taux d'hospitalisation des enfants âgés de 1 à 17 ans ne dépassait pas 14%.

L'étude chinoise sur les patients pédiatriques a également révélé que plus de 10% des nourrissons avaient des infections graves, contre 7% des enfants de 1 à 5 ans, 4% des enfants de 6 à 10 ans, 4% des adolescents de 11 à 15 ans et 3% des adolescents plus âgés. "Bien que les manifestations cliniques des cas de COVID-19 chez les enfants étaient généralement moins graves que celles des patients adultes, les jeunes enfants, en particulier les nourrissons, étaient vulnérables à l'infection", ont écrit les chercheurs.

Business Insider/Andy Kiersz, données des CDC

Il y a deux explications possibles à cela :

  • soit les nourrissons sont plus susceptibles d'être exposés au virus que les enfants plus âgés ;
  • soit leur corps réagit différemment.

Cette dernière théorie est plus plausible. Certains scientifiques soupçonnent que les nourrissons développent de graves problèmes parce qu'ils ont une réaction inflammatoire plus importante, et qu'ils sont donc plus susceptibles d'avoir de la fièvre ou de subir des lésions tissulaires lorsque leur corps essaie de combattre l'infection.

Les enfants de moins de deux ans, par exemple, sont les plus exposés au risque de complications graves de la grippe chez les enfants, peut-être pour la même raison. Les nourrissons de moins de 6 mois courent également trois fois plus de risques de mourir de la grippe que les enfants âgés de 6 à 23 mois et six fois plus de risques de mourir que les enfants âgés de 3 à 17 ans.

D'autres experts soupçonnent que les enfants plus âgés présentent des symptômes plus légers parce qu'ils ont une réponse immunitaire plus développée. "Nous savons que les réponses immunitaires des enfants évoluent avec le temps", a déclaré Yvonne Maldonado au Time. "La première année de vie, la réponse immunitaire n'est pas aussi robuste que chez les enfants plus âgés et les adultes."

Version originale : Aria Bendix/Business Insider

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