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Les réseaux sociaux chinois auraient censuré les contenus sur le coronavirus dès le 31 décembre

Les réseaux sociaux chinois auraient censuré les contenus sur le coronavirus dès le 31 décembre
© Getty Images/Business Insider

Deux grands réseaux sociales chinois censureraient le contenu relatif au coronavirus depuis que la Chine a officiellement signalé l'épidémie. Le gouvernement chinois et les entreprises tech chinoises sont connus pour déformer les données et appliquer une censure stricte sur ce que les citoyens peuvent voir. Une enquête de Citizen Lab publiée mardi suggère que la dissimulation du coronavirus a commencé plus tôt que ce qu'on pensait.

Les contenus relatifs au coronavirus auraient été censurés sur WeChat, l'application de messagerie la plus populaire en Chine, à partir du 1er janvier, et sur le site de diffusion en direct YY dès le 31 décembre, rapporte Citizen Lab. Le 31 décembre est la date à laquelle les autorités sanitaires de Wuhan — où le virus s'est déclaré — ont publié leur premier avis public sur la maladie. C'est aussi à cette date que le gouvernement chinois a informé l'Organisation mondiale de la santé. Mais la Chine n'a annoncé que le virus pouvait se transmettre de personne à personne que le 20 janvier.

Xinhua/Ju Peng via Getty

Citizen Lab a trouvé 500 combinaisons de mots-clés différentes censurées entre le 1er janvier et le 15 février. Sur WeChat, tout au long des mois de janvier et février, des recherches comme "Xi Jinping Epidemic spread (Xi Jinping propagation de l'épidémie") " et "Wuhan Pneumonia Virus Li Keqiang" ("virus de la pneumonie de Whuan Li Keqiang") ont également été censurées. Li Keqiang est le premier ministre chinois qui est officiellement en charge du dossier sur l'épidémie.

Les recherches sur "Li Wenliang" ont également été censurées. C'est l'ophtalmologue de Wuhan qui a été le premier à dénoncer le virus, dans un message WeChat du 30 décembre, à son groupe d'anciens élèves de la faculté de médecine. Il a ensuite été arrêté par la police, qui l'a forcé à signer une lettre disant qu'il avait menti sur le virus. Li Wenliang est mort du nouveau coronavirus le 6 février, et son décès a déclenché des milliers de messages sur les réseaux sociaux appelant à la liberté d'expression. Ces messages ont été rapidement censurés.

La plateforme YY a également censuré des termes comme "SRAS outbreak in Whuan' ("épidémie de SRAS à Wuhan"), "Unknown Wuhan Pneumonia, ("pneumonie inconnue de Wuhan") et "Wuhan Seafood Market" ("marché des fruits de mer de Wuhan") à partir du 1er janvier.

YY est un site chinois de streaming en direct. YY/Capture d'écran

"Notre enquête révèle qu'au moins un réseau social chinois a commencé à bloquer les contenus sur le Covid-19 trois semaines avant cette annonce officielle, ce qui suggère fortement que les réseaux sociaux ont subi des pressions gouvernementales pour censurer l'information dès les premiers stades de l'épidémie", explique Citizen Lab. "Nos recherches suggèrent que les réseaux sociaux ont reçu des directives officielles sur la manière de gérer la situation dès décembre 2019, lorsque la propagation de la maladie a été rendue publique".

Les sociétés tech chinoises sont connues pour censurer les contenus politiquement sensibles, et auraient transmis des informations et des conversations privées d'utilisateurs aux autorités lorsqu'elles en ont fait la demande.

Photo par TPG/Getty Images

Le gouvernement chinois aurait sanctionné plusieurs citoyens qui ont critiqué sa réaction à l'épidémie. En une semaine, en janvier, 250 personnes ont été punies pour avoir critiqué la réponse de la Chine au coronavirus, selon l'ONG Human Rights Defenders basée aux États-Unis.

Et au début du mois, une nouvelle loi qui criminalise la publication en ligne de contenus "illégaux" et "négatifs" critiquant le gouvernement est entrée en vigueur. La "diffusion de rumeurs" et les contenus "perturbant l'ordre économique ou social", "subvertissant le régime national" et "détruisant l'unité nationale" sont désormais considérés comme des contenus illégaux. Les contenus "négatifs" comprennent les "titres sensationnalistes" et tout "autre contenu ayant un impact négatif sur l'écosystème de l'information en ligne".

La Chine a fait d'autres efforts pour réduire l'accès à l'information sur le virus. En février, un certain nombre d'opérateurs de réseaux privés virtuels (VPN) ont déclaré que la Chine tentait de perturber leur accès dans le pays, rapporte le Financial Times. L'utilisation d'un VPN permet aux Chinois d'accéder à des sites web bloqués par le gouvernement, comme Facebook et Twitter.

Version originale : Bill Bostock/Business Insider

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