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Les startups qui bénéficient de l'argent des investisseurs privés valent 10 fois plus qu'en 2010 — et ça ne va pas s'arrêter

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Les startups qui bénéficient de l'argent des investisseurs privés valent 10 fois plus qu'en 2010 — et ça ne va pas s'arrêter
© YouTube/Airbnb

La valorisation totale des startups ayant levé des fonds auprès des sociétés de capital-risque en Europe et aux Etats-Unis est passée de 40 milliards en 2010 à près de 500 milliards de dollars (446 milliards d'euros) aujourd'hui et leur nombre d'une dizaine à plusieurs centaines, selon un rapport de la banque d'investissement basée à San Francisco, Scenic Advisement.

Ces chiffres confirment une tendance de fond particulièrement notable dans la Silicon Valley, où les "jeunes pousses" retardent de plus en plus leur introduction en Bourse en parvenant à lever des centaines de millions de dollars, voire des milliards, auprès de "hedge funds" (fonds spéculatifs), des fonds communs de placement et d'autres investisseurs privés.

"Nous allons continuer d'observer que l'essentiel de la valeur dans les entreprises privées augmente lorsqu'elles sont non cotées, et non quand elles rentrent sur le marché comme lors de la vague technologique précédente", a déclaré Minal Hasan, associée chez K2 Global, une société de capital de risque.

"Par conséquent, davantage de liquidités continuera de converger vers les entreprises high-tech non cotées", a-t-elle ajouté.

Certaines entreprises qui ont levé récemment beaucoup d'argent, comme Spotify ou Airbnb, envisagent toutefois d'entrer en Bourse — surtout pour permettre à leurs employés et investisseurs de vendre leurs actions.

En Europe, notait une récente étude de la banque d'affaires Bryan Garnier & Co, les startups européennes de la tech ont réussi à lever 8,3 milliards d'euros auprès d'investisseurs privés en 2016, contre 6,7 milliards d'euros en Bourse.

Un manque de liquidités

Dans son rapport, Scenic Advisement a comptabilisé 471 entreprises non cotées dites en "phase finale" qui sont valorisées dans leur ensemble 490 milliards de dollars.

Etre une entreprise non cotée en phase finale implique d'avoir levé au moins 75 millions de dollars à l'occasion d'un minimum de trois tours de table de financement.

En 2014, elles n'étaient 171 pour une valorisation totale de 100 milliards de dollars, selon le rapport.

Les plus connues de ces entreprises sont Uber, Airbnb, DropBox, WeWork ou encore Pinterest, mais à leur côté figurent des centaines d'autres moins connues, spécialisées notamment dans la sécurité informatique, le cloud et la santé.

Dans le segment des licornes — les startups valorisées à plus d'un milliard de dollars — on dénombre plus d'une centaine de sociétés alors qu'elles n'étaient que six en 2010.

Minal Hasan et d'autres relèvent cependant que le manque de liquidité, les insuffisances en matière d'informations financières et les disparités en terme de gouvernance d'entreprise dans les sociétés non cotées peuvent représenter d'énormes risques.

La plus importante des licornes, Uber, est actuellement confrontée à une série de problèmes qui ont suscité des interrogations sur sa valorisation de 68 milliards de dollars.

L'étude prend en compte les entreprises basées aux Etats-Unis, en Europe et en Israël mais exclut bon nombre de sociétés en phase finale nées en Asie.

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