Les signaux négatifs sur l'économie mondiale et de la zone euro se multiplient. Et les dernières prévisions de croissance du Fonds monétaire internationale (FMI) ne sont guère de nature à rassurer. L'institution basée à Washington a revu à la baisse son anticipation de croissance au niveau mondial pour 2019, à 3 %, soit 0,3 point de moins que prévu en avril. Il s'agit du rythme de croissance le plus faible depuis la crise financière de 2009.

"Le tassement de la croissance est la conséquence de l’augmentation des obstacles au commerce, de l'incertitude accrue qui entoure les échanges commerciaux et la situation géopolitique, de facteurs spécifiques qui causent des tensions macroéconomiques dans plusieurs pays émergents et de facteurs structurels, dont une faible productivité et un vieillissement de la population dans les pays avancés", explique pêle-mêle le FMI cité par l'AFP.

Les pays développés devraient notamment connaître un ralentissement de la croissance, à 1,7% en 2019 et 2020, tandis que les pays émergents et en développement devraient voir leur activité économique s'accélérer. Au sein de la zone euro, l'Allemagne suscite de fortes inquiétudes, alors que son industrie est en difficulté et reste très exposée aux tensions commerciales, attisées notamment par le président américain Donald Trump.

La production industrielle, très dépendante des exportations, risque de faire basculer le pays dans une récession technique, soit deux trimestres consécutifs de recul du produit intérieur brut (PIB). Une contraction de l'activité économique est particulièrement à craindre si la faiblesse du secteur manufacturier gagne les services.

L'activité industrielle en souffrance

"L'économie de la zone euro s'est arrêtée en septembre, les enquêtes PMI (sur l'activité manufacturière, ndlr) dressant le tableau le plus sombre depuis le début de la période d'expansion en cours, mi-2013", souligne Chris Williamson, chef économiste d'IHS Markit, cité par Reuters. "Le ralentissement montre également des signes de propagation du secteur manufacturier vers celui des services", ajoute-t-il.

Le FMI table sur une croissance de 1,2% de la zone euro cette année, puis de 1,4% en 2020, contre 1,3% en 2019 et 1,6% pour l'an prochain qui avaient été anticipés en juillet. En Allemagne, la croissance devrait s'établir à seulement 0,5% en 2019 et 1,2% en 2020. Pour la France, les prévisions de l'institution internationale ont aussi été abaissées mais restent meilleures que pour le voisin allemand, à 1,2% cette année et 1,3% en 2020 — contre 1,3% en 2019 et 1,4% l'année prochaine lors des prévisions de juillet. 

Nouveaux droits de douane et Brexit

Alors que le commerce mondial a déjà chuté en 2019, les pays de l'Union européenne vont subir le relèvement des droits de douane décidé par les Etats-Unis à partir du 18 octobre sur toute une batterie de produits, comme le vin français, le fromage italien ou encore des biens industriels allemands et des produits textiles britanniques. A cela, s'ajoute les incertitudes liées au Brexit et les conséquences de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, qui doit avoir lieu fin octobre. 

"Les barrières commerciales et les tensions géopolitiques accrues, y compris les risques liés au Brexit, pourraient perturber davantage les chaînes d'approvisionnement et entraver la confiance, l'investissement et la croissance", considère l'économiste en chef du FMI Gita Gopinath.

Pour stimuler l'activité, les banques centrales devraient poursuivre leurs politiques accommodantes. La Banque centrale européenne devrait continuer d'injecter des liquidités dans l'économie de la zone euro et maintenir ses taux d'intérêts à de très faibles niveaux. Des taux très bas, voire négatifs, qui affectent la rentabilité des banques, de plus en plus concurrencées par de nouveaux acteurs comme les fintech.

Très critique sur la zone euro et connu pour son franc-parler, le gérant de fonds suisse Felix Zulauf est pessimiste sur l'année à venir. Il estime que "la monnaie unique provoque de nombreux déséquilibres" et s'attend, selon L'Echo, à une nouvelle crise de l'euro accompagnée d'une possible crise bancaire en 2020.

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