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L'Europe va accélérer ses programmes spatiaux en raison de la concurrence de SpaceX et de la Chine

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L'Europe va accélérer ses programmes spatiaux en raison de la concurrence de SpaceX et de la Chine
Le lanceur lourd européen Ariane 5-Eca "10 tonnes" décolle du port spatial de Kourou, en Guyane française, le 12 février 2005. © Francis DEMANGE/Gamma-Rapho via Getty Images

"On est une puissance spatiale autonome. Et on va non seulement le rester, mais on va accélérer", a déclaré Thierry Breton, le commissaire européen au marché intérieur, en charge du domaine spatial, lors d'une interview avec l'agence de presse Reuters. Et d'ajouter : "ce qui est très important c'est que tout le monde soit conscient qu'on a en Europe toutes les technologies et l'expertise pour le faire". Face à la montée en puissance ces dernières années du programme spatial chinois et des prouesses de l'entreprise spatiale SpaceX, l'ex-patron du groupe technologique Atos a indiqué que l'Union européenne (UE) va booster ses investissements dans trois domaines clés : les lanceurs, les communications par satellites (Galileo) et l'exploration spatiale.

"SpaceX a redéfini les standards des lanceurs, et c'est pour cela qu'Ariane 6 est une étape nécessaire, c'est une étape qui n'est pas une fin en soi : on doit dès maintenant penser à Ariane 7 et aux ruptures technologiques à apporter", a précisé Thierry Breton. Par "ruptures technologiques", le commissaire européen faisait référence à la réutilisabilité des lanceurs, puisque c'est avec cet argument économique de taille que l'entreprise spatiale américaine fondée par Elon Musk a cassé les prix du marché des lancements avec sa fusée Falcon 9 réutilisable. Mais ses prouesses ne s'arrêtent pas là : elle a permis le 30 mai dernier à la NASA d'envoyer deux de ses astronautes sur la Station spatiale internationale (ISS) à bord de sa capsule Crew Dragon. Une première pour la NASA et les Etats-Unis depuis l'arrêt du programme Space Shuttle en 2011, qui a forcé la première puissance spatiale à dépendre du seul moyen de transport d'astronautes alors fonctionnel, le Soyouz russe.

Quant à la Chine, elle porte de grandes ambitions dans le spatial. Le géant asiatique a notamment réussi, en janvier 2019, à se poser sur la face cachée de la Lune, une première mondiale dans l'histoire de l'exploration spatiale. Plus récemment, le 23 juin 2020, elle a finalisé son propre système GPS Beidou, en mettant en orbite son 30e satellite à l'aide du lanceur Longue-Marche 3.

Pour ce faire, l'Europe va signer un contrat d'un milliard d'euros avec Arianespace, avec notamment des commandes garanties. L'UE a demandé à Arianespace de faire davantage d'efforts en termes d'innovation. Dans un rapport datant de février 2019, la Cour des Comptes avait relevé trois défis à relever pour l'avenir du lanceur européen Ariane 6, et notamment qu'il reste compétitif face à la Falcon 9 de SpaceX :

  • Ariane 6 doit évoluer vers le renouvelable à l'image de la Falcon 9 de SpaceX,
  • Ariane 6 doit trouver d'autres moyens de soutien que des subventions d'équilibre,
  • il faudra limiter la concurrence intra-européenne entre les lanceurs Ariane 6 et Vega.

De plus, Thierry Breton a insisté sur la nécessité d'accélérer sur le programme Galileo, le système européen de navigation par satellites, synonyme de souveraineté spatiale européenne. "J'ai décidé d'accélérer la mise en œuvre des satellites de deuxième génération [ndlr : à propulsion électrique et communicants], qui seront les plus modernes du monde", a-t-il indiqué. Leur déploiement devrait finalement se faire fin 2024, au lieu de 2027 comme initialement prévu.

Proposition d'un budget de 16Mds € pour le spatial

Pour accélérer les programmes spatiaux européens, Thierry Breton espère que les 27, qui négocient le prochain budget européen, soutiennent la proposition de la Commission européenne d'un budget spatial de 16 milliards d'euros. L'an dernier, un budget de 14,4 milliards d'euros avait été alloué à l'Agence spatiale européenne (ESA), un record. "On est très prêts du budget initial qui avait été présenté par la commission précédente. On a encore un petit effort à faire, mais on y travaille et j'espère vivement qu'on va y arriver", a précisé Thierry Breton à Reuters.

Le commissaire européen a aussi proposé la création d'un Fonds spatial européen d'un milliard d'euros pour investir rapidement dans les startups du secteur, ainsi que d'un incubateur européen de l'espace coordonnant tous les efforts existants. Dans son interview à Reuters, il a aussi suggéré la création d'un programme censé booster les innovations : il permettrait entre autres à des startups d'avoir un accès gratuit, à la suite d'une compétition, aux satellites et aux lanceurs afin de tester leurs technologies en orbite.

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