Libra : un fondateur de Facebook assure que la cryptomonnaie menace les banques centrales

Mark Zuckerberg. REUTERS/Aaron P. Bernstein

Libra, le projet de cryptomonnaie de Facebook, risque de transférer l'essentiel du contrôle de la politique monétaire des banques centrales vers des entreprises privées, avertit vendredi l'un des fondateurs du réseau social, Chris Hughes, dans une tribune publiée dans le Financial Times. "Si les autorités de régulation dans le monde n'agissent pas maintenant, il pourrait très rapidement être trop tard", écrit-il. Pour cet ancien camarade de Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, à Harvard, les sociétés qui superviseront cette future monnaie numérique, dont le lancement est prévu l'an prochain, privilégieront leurs intérêts privés, c'est-à-dire leurs bénéfices et leur influence, à l'intérêt public. Facebook n'a pas répondu dans l'immédiat à une demande de commentaire de Reuters.

Facebook a dévoilé mardi sa cryptomonnaie qui doit lui permettre de s'imposer dans les paiements, les services financiers et le commerce en ligne dans le monde entier grâce à ses milliards d'utilisateurs. Plus d'une vingtaine d'entreprises ont été invitées à investir 10 millions de dollars chacune pour le fonctionnement de la monnaie en échange d'un vote sur sa gouvernance, via une fondation à but non lucratif appelée Libra Association.

Ce n'est pas la première fois que Chris Hughes exprime publiquement des doutes sur le réseau qu'il a participé à créé. Il a prôné le mois dernier un démantèlement de Facebook en trois entités afin qu'Instagram et WhatsApp, deux applications phares du réseau social, soient séparées du groupe. Depuis deux ans, les scandales se multiplient autour de la gestion de l'entreprise — les pratiques en matière de protection de la vie privée face aux fuites de données ; la lenteur de la réaction face l'influence russe, aux fake news et à la propagation de la violence — et le camp des personnes en faveur d'un démantèlement de Facebook grossit.

La sénatrice Elizabeth Warren pense ainsi que l'entreprise pose de graves problèmes notamment de concurrence et milite pour que WhatsApp, Instagram et Facebook soient de nouveau séparés.

Vous avez apprécié cet article ? Likez Business Insider France sur Facebook !

Lire aussi : Des modérateurs de Facebook craignent pour leur santé à cause des vidéos horribles qu'ils sont forcés de regarder

Voici pourquoi les turbulences ne sont pas si graves en avion