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L'Inde annonce qu'un atterrisseur et un vol habité sur la Lune seront les priorités pour 2020-2021

L'Inde annonce qu'un atterrisseur et un vol habité sur la Lune seront les priorités pour 2020-2021
© ISRO

Pour l'Inde, l'année 2020 devrait à nouveau être placée sous les couleurs de la Lune. Le géant asiatique va en effet se préparer à effectuer une deuxième tentative d'atterrissage sur notre unique satellite naturel dès cette année, après son premier échec en septembre 2019. À l'occasion du point presse de début d'année, le directeur de l'agence spatiale indienne ISRO, Kailasavadivoo Sivan, a confirmé mercredi 1er janvier 2020 que l'Inde allait tenter un second atterrissage sur la Lune, et que cette mission ferait partie de l'une des priorités du programme spatial indien.

Kailasavadivoo Sivan a précisé que la mission lunaire Chandrayaan-3, ainsi que le programme spatial habité Gaganyaan, constitueront des priorités pour l'agence spatiale indienne cette année, même si leur lancement ne devrait pas se faire avant 2021. "Cette année va être l'année de Chandrayaan-3 et de Gaganyaan", a déclaré le directeur d'ISRO lors de la conférence de presse, rapporte le site Space News. Et d'ajouter : "une annonce majeure que je voulais faire officiellement est que la mission Chandryaan-3 est approuvée par le gouvernement. [...] Le projet est maintenant constitué. Les activités pour Chandrayaan-3 se passent très bien."

La mission Chandrayaan-3 comporte un atterrisseur, un rover, ainsi qu'un module de propulsion pour transporter le vaisseau spatial vers la Lune, mais pas d'orbiteur, puisque l'agence spatiale indienne a estimé que l'orbiteur de Chandrayaan-2 fonctionne bien et pourrait l'être encore sept ans.

Le directeur de l'agence spatiale indienne ISRO a par ailleurs annoncé que quatre astronautes ont été sélectionnés — sans pour autant révéler leurs noms — et vont commencer à s'entraîner plus tard au cours du mois en préparation du vol habité Gaganyaan, qui devrait être une première dans l'histoire de l'exploration spatiale indienne. "Nous avons bien avancé en 2019 sur le vol habité Gaganyaan", a-t-il indiqué. Cette année, ISRO devrait ainsi travailler sur la conception de l'engin spatial qui transportera ces astronautes. "De nombreux systèmes doivent maintenant être testés avant le vol", a précisé Kailasavadivoo Sivan.

Ce projet de vol habité avait officiellement été annoncé par le Premier ministre indien Narendra Modi en août 2018, avec l'objectif de faire voler des astronautes indiens en août 2022 pour célébrer le 75e anniversaire de l'indépendance de l'Inde.

Une tentative d'alunissage raté en 2019

L'Inde avait lancé en juillet 2019 la mission Chandrayaan-2, qui était censée atterrir en douceur dans la région du pôle Sud en septembre 2019. Mais lors de la descente sur le sol lunaire, l'agence spatiale indienne avait perdu contact avec son atterrisseur Vikram. Le ministre d'État du gouvernement indien en charge de l'espace, Jitendra Singh, avait plus tard détaillé :

"la première phase de la descente a été effectuée nominalement à partir d'une altitude de 30 km à 7,4 km au-dessus de la surface de la Lune. La vitesse a été réduite de 1683 m/s à 146 m/s. Au cours de la deuxième phase de la descente, la réduction de la vitesse a été plus importante que la valeur prévue. [...] En conséquence, Vikram a fait un atterrissage brutal à moins de 500 mètres du site d'atterrissage désigné."

Les débris de Vikram ont récemment été retrouvés grâce à un ingénieur indien passionné d'espace nommé Shanmuga Subramanian. Les débris — les plus gros morceaux font environ 1,5 mètre de diamètre — ont été localisés à environ 750 mètres au Nord-Ouest du lieu d'impact principal.

Seuls trois pays ont réussi à se poser sans dommage sur le sol lunaire : les États-Unis et la Russie pendant la guerre froide, et plus récemment, la Chine. Comme l'avait expliqué à Business Insider France le Pr. Bernard Foing, directeur du groupe international d'exploration lunaire et astrophysicien de l'Agence spatiale européenne (ESA), "le plus complexe, c'est la descente. En partant d'une vitesse de 2,5 km par seconde, il faut arriver à une vitesse nulle à la surface lunaire. Sachant que 2,5 km par seconde correspond à environ huit fois la vitesse du son sur Terre".

L'Inde porte de grandes ambitions dans le domaine spatial. Disposant d'un budget peu élevé — environ 4 milliards de dollars — par rapport aux Etats-Unis (21,5 milliards de dollars rien que pour l'année fiscale 2020), le géant asiatique est connu pour sa capacité à mettre sur pied des missions à bas coûts. La mission Chandrayaan-2 avait coûté 9,7 milliards de roupies, soit environ 121 millions d'euros, et la prochaine mission lunaire, Chandrayaan-3, devrait être encore moins chère, soit 6,15 milliards de roupies, soit 77 millions d'euros.

Business Insider
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