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L'insécurité alimentaire a encore progressé en 2020, touchant 155 millions de personnes dans le monde

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L'insécurité alimentaire a encore progressé en 2020, touchant 155 millions de personnes dans le monde
En 2020, vingt millions de personnes supplémentaires se sont retrouvées dans une situation de crise alimentaire. © Nicolas Sandanassamy/Capital

Le Réseau mondial contre les crises alimentaires s'attend à une année 2021 "difficile", alors que l'insécurité alimentaire a encore progressé en 2020. Selon un rapport publié mercredi 5 mai par ce réseau — qui réunit notamment l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), l'Union européenne et le Programme alimentaire mondial (PAM) — 155 millions de personnes dans 55 pays se trouvaient dans une situation de "crise" (phase 3 sur l'échelle internationale de la sécurité alimentaire) ou "pire" l'année dernière.

Cela représente 20 millions de personnes de plus qu'en 2019. L'insécurité alimentaire aiguë a encore augmenté sous l'effet des conflits, des événements climatiques et des crises économiques exacerbées par la pandémie de Covid-19. Plus de 28 millions de personnes dans 38 pays étaient plongées dans une situation d'"urgence alimentaire" (phase 4 et plus). La République démocratique du Congo, le Yémen et l'Afghanistan sont particulièrement touchés.

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Enfin l'an dernier, près de 133 000 personnes étaient dans une situation de "catastrophe/famine" (phase 5, la plus élevée), au Burkina Faso, au Soudan du Sud et au Yémen. "Des actions urgentes ont été menées pour éviter une mortalité généralisée et un effondrement total des moyens de subsistance", souligne le rapport.

"Ces chiffres montrent la gravité de la situation et l'importance d'une action rapide et coordonnée", déclare à l'AFP Dominique Burgeon, directeur de la division urgences et résilience à la FAO. "La réponse ne doit pas être seulement humanitaire mais travailler aussi sur les causes profondes de l'insécurité alimentaire".

'La pandémie a exacerbé les vulnérabilités'

"Pour 100 millions de personnes confrontées à une crise alimentaire aiguë en 2020, la cause principale était liée aux conflits et à l'insécurité", contre 77 millions en 2019, relève Dominique Burgeon. Ce sont ces conflits qui ont provoqué six des dix principales crises alimentaires l'an dernier, en République démocratique du Congo, au Yémen, en Afghanistan, en Syrie, au Nigeria et au Soudan du Sud.

Pour 40 millions de personnes, les crises économiques ont été les premières responsables de leur insécurité alimentaire — contre 24 millions en 2019.

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"La pandémie a exacerbé les vulnérabilités" des systèmes agricoles "à tous les niveaux", relève Dominique Burgeon. L'impact socio-économique du Covid-19 a notamment aggravé les crises en Haïti, au Soudan et au Zimbabwe.

Enfin pour 15 millions de personnes, ce sont les "chocs climatiques" qui ont été la cause principale de leur insécurité alimentaire, soit nettement moins qu'en 2019 (34 millions). Tempêtes tropicales, ouragans et inondations ont notamment accru les problèmes alimentaires en Amérique centrale et en Haïti.

Pour 2021, les signaux ne sont pas bons. "On voit déjà que ce sera une année difficile", déclare Dominique Burgeon. "Les conflits continueront à être la première cause des crises alimentaires, tandis que le Covid-19 et les mesures de restrictions sanitaires qu'il entraîne vont continuer à exacerber l'insécurité alimentaire aiguë dans des économies fragiles", prévoit le rapport.

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