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L'Iran utilise des bulldozers sur le site du crash du Boeing ukrainien, ce qui pourrait rendre impossible la découverte de la vérité


L'Iran a utilisé des bulldozers pour déplacer les débris de l'avion qui s'est écrasé, détruisant potentiellement des preuves qui pourraient aider à déterminer exactement ce qui lui est arrivé. Les images et les témoignages provenant du site du crash, juste à l'extérieur de Téhéran, montrent au moins un bulldozer travaillant dans les débris sur le site où le Boeing 737-800 s'est écrasé mardi 7 janvier, tuant les 176 personnes à bord.

Le site est au centre d'une lutte géopolitique tendue relatif aux circonstances du crash de l'avion qui était opéré par Ukrainian International Airlines. L'Iran soutient que l'avion s'est écrasé en raison d'un problème technique à bord. Mais les gouvernements américain, britannique et canadien disent tous que l'avion a en fait été abattu par un missile sol-air iranien, citant des informations de leurs services de renseignement. Une vidéo semble également montrer l'impact.

Des preuves matérielles qui proviennent du site du crash pourraient fournir plus d'informations sur ce qui s'est passé. Mais la viabilité de ces preuves pourrait être compromise si elles sont abîmées.

Giancarlo Fiorella, enquêteur pour le site internet d'investigation Bellingcat, a partagé une série de photos qui, selon lui, montraient des machines lourdes au travail.

"Je trouve ces photos affligeantes parce que cela pourrait être la scène d'un crime", a déclaré Giancarlo Fiorella à Channel 4 News. "S'il s'agit du lieu où un avion a été abattu, il ne faut pas perturber le site du crash avant qu'une enquête approfondie ne soit menée, et je ne suis pas sûr qu'elle ait été menée."

Eliot Higgins, journaliste d'investigation et fondateur de Bellingcat, a tweeté qu'en abîmant l'épave, il serait "presque impossible" d'enquêter correctement sur le crash :

"De plus en plus de témoignages de personnes ayant accès au lieu du crash indiquent que [les débris] ont été rassemblés en un tas, ce qui rend une enquête scientifique presque impossible."

D'autres, dont l'ambassadeur des États-Unis en Allemagne, sont allé jusqu'à accuser l'Iran de monter une opération de dissimulation :

"Personne ne sait nettoyer un site avant que les inspecteurs arrivent mieux que les Iraniens."

La boîte noire du Boeing 737-800 endommagée

La présence de machinerie lourde sur les lieux de l'accident est l'un des nombreux problèmes qui compliquent la recherche de la vérité derrière l'accident.

L'avion ukrainien a été fabriqué par Boeing, ce qui a amené les États-Unis à participer à l'enquête alors que ses relations avec l'Iran sont des plus épineusse. Il n'est pas encore clair si les Etats-Unis seront autorisés à accéder au site du crash pour mener leur propre enquête, mais CNN rapporte que l'Iran a invité les Etats-Unis à participer à l'enquête en tant que pays du fabricant Boeing, citant l'agence de presse semi-officielle du pays, Fars News Agency.

De son côté, le Wall Street Journal rapporte que l'Organisation de l'aviation civile iranienne ne prévoit pas de transmettre les informations de la boîte noire à Boeing ou aux Etats-Unis dans le cadre de son enquête, selon le chef de l'organisation Ali Abedzadeh qui s'est exprimé sur la chaîne iranienne Channel 2 News.

L'enquête est d'autant plus confuse qu'un rapport préliminaire d'une enquête iranienne a révélé que la "boîte noire" à bord de l'avion — qui abrite des données et des communications dans le cockpit — a été endommagée et a perdu une partie de sa mémoire, selon l'Associated Press.

Le rapport affirme également qu'aucun "message radio n'a été reçu du pilote concernant des situations inhabituelles", et des témoins oculaires disent avoir vu l'avion en feu avant le crash, rapporte l'AP.

Ali Abedzadeh, de l'Organisation de l'aviation civile iranienne, a nié la participation de l'Iran à l'accident, selon le Wall Street Journal, qui cite Channel 2 News. Il a déclaré à la chaîne locale qu'il n'était "pas possible" qu'un missile iranien ait frappé le jet. "Comment le système anti-aérien aurait-il pu tirer dessus ?" a-t-il demandé. "Ce n'était pas une zone sécurisée."

Version originale : Lauren Frias / Business Insider

Business Insider
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