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L'ISS a dû effectuer une manoeuvre pour éviter un débris, rapporte la NASA

L'ISS a dû effectuer une manoeuvre pour éviter un débris, rapporte la NASA
La Spation spatiale internationale © NASA

Un "débris spatial inconnu" est passé à tout près de la Station spatiale internationale (ISS) dans la soirée du mardi 22 septembre, indique la NASA dans un article de blog. Les ingénieurs avaient prédit que le mystérieux morceau de débris spatial passerait à proximité de la station spatiale à une distance de seulement 1,39 kilomètres. C'est très près pour des objets se déplaçant à environ 17 500 km/h, soit plus de 10 fois plus vite qu'une balle tirée par une arme à feu.

Bien qu'aucune collision n'ait été prévue, la NASA a agi par "excès de prudence" pour éviter une collision en effectuant une manœuvre d'évitement qui lui a permis de mettre l'équivalent d'un terrain de football entre la station et le débris. Pendant l'opération, les trois membres de l'équipage Expedition 63 qui vivent à bord de la station — l'astronaute Chris Cassidy et les cosmonautes Anatoly Ivanishin et Ivan Vagner — se sont enfermés dans un vaisseau spatial Soyouz attaché à l'ISS. Dans le cas peu probable où des débris auraient effectivement heurté la station, cela aurait amélioré leurs chances de s'échapper.

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Puis, le centre de contrôle de la mission a mis à feu les propulseurs d'un vaisseau cargo russe pendant 150 secondes, afin de mettre à l'abri le grand complexe de laboratoires en orbite auquel il était attaché. Des manœuvres aussi drastiques sont le protocole standard s'il y a plus de 1 chance sur 10 000 de collision, explique la NASA.

Peu de temps après, les membres de l'équipage ont quitté leur "refuge" Soyouz, a tweeté l'administrateur de la NASA Jim Bridenstine.

Plus nous lançons d'objets en orbite, plus notre problème de débris spatiaux s'aggrave

Les débris spatiaux sont un problème pour l'ISS depuis des années. La station a exécuté au moins 29 manœuvres d'évitement depuis 1999, bien que les quasi-accidents soient de plus en plus fréquents.

"La @Space_Station a manœuvré 3 fois en 2020 pour éviter des débris. Au cours des deux dernières semaines, il y a eu 3 conjonctions potentielles très préoccupantes", a alerté Jim Bridenstine dans un autre tweet. "Les débris empirent !"

Même les petits débris sont une menace majeure ; un coup porté par une sphère d'aluminium de 10 centimètres équivaudrait à faire exploser 7 kg de TNT, relatait Jack Bacon, scientifique de la NASA, à Wired en 2010. Et en ce moment même, sur l'orbite terrestre, des millions de débris spatiaux volent à des vitesses similaires, dont plus de 650 000 objets d'une taille comprise entre celle d'un ballon de handball et celle d'un ongle.

Ce nombre ne devrait qu'augmenter à mesure que les États-Unis et d'autres pays entrent dans une nouvelle ère de voyages commerciaux dans l'espace et d'utilisation des satellites. Sur les près de dix mille satellites que l'homme a mis en orbite depuis les années 1950, environ 70 % sont détruits, abimés ou inactifs, selon New Yorker. Parfois, un satellite mort peut entrer en collision avec un autre satellite mort, ou un satellite fonctionnel, ce qui génère d'énormes nouveaux nuages de débris.

En outre, ces dernières années, les États-Unis, la Russie et l'Inde ont testé des armes antisatellites afin de neutraliser des engins spatiaux en orbite, en répandant d'innombrables débris dans le processus.

Une illustration des débris spatiaux autour de la Terre.  NASA

Si davantage de débris sont produits, le chaos grandissant pourrait déclencher ce que l'on appelle le syndrome de Kessler, dans lequel tellement de déchets volent autour de la planète qu'il serait trop risqué de lancer quoi que ce soit dans l'espace.

En fait, nous pourrions nous piéger dans nos propres débris, comme l'explique Donald J. Kessler, l'astrophysicien à l'origine de la théorie du syndrome de Kessler. "Nous entrons dans une nouvelle ère de contrôle des débris", écrivait-il en 2009. "Une ère qui sera dominée par un nombre lentement croissant de collisions catastrophiques aléatoires."

Pour l'instant, le réseau de surveillance spatiale (SSN) géré par l'armée américaine et ses partenaires surveillent autant d'objets spatiaux que possible — et évalue toutes les collisions spatiales potentielles. La SSN documente des centaines de milliers de conjonctions possibles (ou de quasi-accidents) chaque année, en informant les opérateurs de satellites — et des agences comme la NASA — aussi longtemps à l'avance que possible pour éviter une collision.

En 2020, l'"Office of Space" (département spatial) du ministère américain du Commerce a demandé 15 millions de dollars (12,8 millions d'euros) supplémentaires pour son budget de l'année prochaine, afin d'accroître les efforts de surveillance et de retrait des débris spatiaux de l'orbite terrestre. Ces fonds n'ont pas encore été approuvés, comme l'a fait remarquer Jim Bridenstine après la manœuvre d'évitement de l'ISS.

"Il est temps que le Congrès fournisse à @CommerceGov les 15 millions de dollars demandés par @POTUS pour l'Office du commerce spatial", a-t-il tweeté.

Version originale : Susie Neilson/Business Insider

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