L'Italie se dirige vers des élections anticipées après la nomination d'un gouvernement de transition

Giuseppe Conte, Premier ministre désigné, après un rendez-vous avec le président italien Sergio Mattarella à Rome, 27 mai 2018. REUTERS/Alessandro Bianchi

  • Giuseppe Conte, choisi par le Mouvement 5 Etoiles et la Ligue, a renoncé à former leur gouvernement de coalition après que son choix pour le ministère de l'économie a été retoqué par le président italien.
  • Le M5S et la Ligue dénoncent un déni de démocratie; Emmanuel Macron a salué le "courage" du président italien.
  • L'économiste Carlo Cottarelli doit former un gouvernement de transition et organiser des élections législatives anticipées.

L'Italie a basculé dimanche soir dans une nouvelle crise politique.

Giuseppe Conte, désigné par le Mouvement 5 Etoiles (M5S, populiste) et la Ligue (extrême-droite) comme Premier ministre, a renoncé à former leur gouvernement de coalition après le refus du président Sergio Mattarella d'avaliser leur choix de l'économiste eurosceptique Paolo Savona, 81 ans, comme ministre de l'Economie.

Lundi, le président italien Sergio Mattarella a nommé l'économiste Carlo Cottarelli, un ancien du Fonds monétaire international (FMI), à la tête d'un gouvernement de transition. Il sera chargé de préparer le budget 2019 et d'organiser des élections législatives anticipées.

Ces élections se tiendront à l'automne ou au début de l'an prochain.

"En l'absence de la confiance (du Parlement), le gouvernement démissionnera immédiatement et sa fonction principale sera la gestion des affaires courantes jusqu'à la tenue des élections après le mois d'août", a dit Carlo Cottarelli.

Dans une allocution télévisée, Sergio Mattarella a expliqué qu'il avait rejeté la candidature de Paolo Savona parce que celui-ci avait menacé de sortir l'Italie de la zone euro.

Carlo Cottarelli arrive à son rendez-vous avec le président italien Sergio Mattarella à Rome, le 28 mai 2018. REUTERS/Tony Gentile

"L'incertitude en ce qui concerne notre position a alarmé les investisseurs et les épargnants, tant en Italie qu'à l'étranger", a déclaré le président Mattarella. "L'adhésion à l'euro est un choix fondamental. Si nous voulons en discuter, alors, nous devons le faire de façon sérieuse."

Le président français Emmanuel Macron a salué la décision du président italien, lors d'une conférence de presse à l'Elysée: 

"L'Italie est un partenaire important pour la France, historique, présent et d'avenir, que nous respectons et dont nous avons besoin pour les projets européens comme pour la relation bilatérale."

"Dans cette période, je veux simplement redire, compte tenu de cela, mon amitié et mon soutien au président Mattarella qui a une tache essentielle à mener, celle de la stabilité institutionnelle démocratique de son pays qu'il fait avec beaucoup de courage et un grand esprit de responsabilité."

De leur côté, certains dirigeants du M5S et de la Ligue ont accusé Sergio Mattarella d'avoir trahi la Constitution et de répondre aux ordres des puissances européennes.

Luigi Di Maio, chef de file du M5S, a demandé sa destitution mais Matteo Salvini, de la Ligue, a rejeté cet appel. 

"Ce n'est pas une démocratie, le vote populaire n'est pas respecté", a-t-il ajouté. "Les prochaines élections seront un plébiscite — la population et la 'vraie vie' contre les vieilles castes politiques et les grands serviteurs du spread", a-t-il dit, faisant allusion au "spread", l'écart de rendement entre les dettes italienne et allemande.

D'après les derniers sondages cités par Reuters, de nouvelles élections pourraient profiter à la Ligue, qui a remporté 17% des voix le 4 mars, tandis que le M5S consoliderait sa base, mais ne permettraient pas de sortir de l'impasse.

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