Le premier règlement européen qui cible les plateformes internet va demander à Google, Amazon et Microsoft d'expliquer comment fonctionnent leurs algorithmes

Google

  • Fiscalité, revenus, concurrence: les géants de la tech affrontent en ce moment les offensives des Européens qui veulent réguler des activités qui leur échappent.
  • Hier, on apprenait que la Commission européenne avait prévu de récupérer 5 milliards d'euros sur les revenus réalisés par les GAFA.
  • Aujourd'hui, ces entreprises vont devoir s'expliquer sur les résultats des recherches en ligne.

Les plateformes en ligne telles que Google, Apple et Amazon vont devoir affronter les nouvelles règles de l'Union européenne sur leurs pratiques commerciales, alors que Bruxelles cherche à réduire leur énorme pouvoir d'influence.

La Commission européenne est en train de rédiger un nouveau règlement ciblant spécifiquement les plateformes en ligne telles que les sites de commerce électronique, les app stores et les moteurs de recherche qui exigent que les services soient plus transparents, selon Reuters et le site Contexte qui ont pu consulter le document.

Un premier projet excluait en décembre dernier les moteurs de recherche. 

"Les poids lourds du secteur numérique ont un plus grand pouvoir de négociation, prenant parfois des décisions unilatérales créant une dynamique de dépendance pour leurs partenaires", écrit Contexte citant la nouvelle version du règlement dit "plateformes-to-business".

Depuis un an, les entreprises de la tech sont soumis à une forte pression réglementaire de la part de Bruxelles — à propos de leur manipulation de données ou de données d'utilisateurs, de leurs impôts ou de la prolifération des contenus extrémistes sur les réseaux sociaux.

Cette attention de la Commission européenne — et particulièrement de sa commissaire à la concurrence Margrethe Vestager — a débouché sur plusieurs condamnations:

Selon la proposition, les opérateurs de moteurs de recherche, les app stores ainsi que les sites de commerce électronique comme eBay ou Amazon devront spécifier dès le départ les "paramètres déterminants pour le classement" des résultats de recherche, tels que "les signaux spécifiques incorporés dans des algorithmes" et des mécanismes d'ajustement ou de rétrogradation.

App Store. REUTERS/Shailesh Andrade/File photo

La proposition ne forcera pas les géants de la tech à dévoiler leurs algorithmes mais à des explications d'ordre général sur "comment et dans quelle mesure le mécanisme de classement pertinent prend en compte la qualité des produits et services offerts".

Les plateformes en ligne devront également mettre en place une période de préavis d'au moins 15 jours lorsqu'elles effectuent des changements afin d'expliquer les raisons pour lesquelles des résultats ont été radiés ou suspendus, sur l'App Store d'Apple ou Google Play par exemple.

Lorsque les entreprises ont leurs propres services en concurrence avec d'autres entreprises sur leurs plateformes — comme le service de comparaison de Google dans les résultats de recherche Google — les termes et conditions devront inclure une description de tout traitement préférentiel.

La proposition doit être publiée en avril prochain, après quoi elle sera approuvée par les gouvernements nationaux et le Parlement européen.

Cette semaine, le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire a dit qu'il allait assigner Google et Apple devant le tribunal de commerce de Paris pour pratiques commerciales abusives dans le cadre de développement d'applications.

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