Les députés mettent fin à une pratique douteuse de rémunération de certains collaborateurs parlementaires

Olivier Faure est président du groupe "Nouvelle Gauche" à l'Assemblée nationale. Ses députés ont fait adopté l'amendement interdisant la rémunération des assistants parlementaires par les lobbies. REUTERS/Charles Platiau

Il sera désormais interdit aux lobbyistes de rémunérer des collaborateurs parlementaires, ont décidé hier les députés lors du deuxième jour de l'examen du projet de loi de régularisation de la vie publique.

L’amendement de la Nouvelle Gauche — qui inscrit dans la loi l’interdiction pour les collaborateurs parlementaires de recevoir une rémunération par les représentants d’intérêts — a été adopté par 273 voix pour et 14 contre.

Le Gouvernement et la rapporteure y étaient opposés, la ministre de la justice Nicole Belloubet arguant que cette disposition ne dépendait pas de la loi mais du règlement des assemblées.

Le site Contexte, spécialisé dans les politiques publiques, précise qu'une suspension de séance a été demandée par le groupe (La République en Marche (LRM) "pour caler sa position de vote".

Lors d'une campagne présidentielle marquée par les "affaires", les projecteurs ont été braqués sur le métier de collaborateur ou d'assistant parlementaire.

Douteuse, la pratique n'était pourtant pas interdite, comme nous l'avions découvert lors d'un débat à l'Assemblée nationale.

Le dépôt de l'amendement a tout de même surpris certains députés, premiers employeurs des assistants parlementaires.

"Je suis totalement néophyte mais très franchement, ce que vient de présenter Delphine Batho, je pensais que c'était la règle, tellement ça m'apparait évident. J'hallucine que tous ensemble nous n'adoptions pas cet amendement", s'est ainsi exprimé Eric Coquerel, député de la France Insoumise.

En effet, il n'y a pas de clause dans le contrat de travail d'un collaborateur parlementaire lui interdisant d'être payé par un cabinet de conseil ou une agence de communication par exemple.

Mais dans les faits, la pratique est rare. Elle s'expliquerait par la précarité des postes, du temps partiel ou le niveau de rémunérations de certains collaborateurs.

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