Ludovic Le Moan, Dg et cofondateur de Sigfox. Facebook/Sigfox

La startup française Sigfox, spécialiste de l'internet des objets (IoT), développe un réseau mondial de télécommunications à bas débit pour exploiter le potentiel des données recueillies par les objets connectés.

Elle a levé 300 millions d'euros depuis sa création en 2009 auprès d'une vingtaine d'investisseurs dont Bpifrance, Total ou Telefonica.

Ses milliers d'antennes permettent de transmettre des informations émises par des capteurs posés sur une chaise, une vitre, un conteneur, etc.

Sigfox fait partie de ces startups françaises créées au début des années 2010, généreusement financées et dont l'écosystème de la tech attend un succès économique pour prouver que la France peut créer des entreprises mondiales.

Bien qu'elle ait signé des contrats avec Total, Michelin, Louis Vuitton ou plus récemment Free — pour être présente dans la dernier box Delta — son avenir commence à susciter des doutes: 

"Pour le moment, il ne faut pas se cacher que le concept suscite encore beaucoup d'interrogations et de résistance, notamment de la part des opérateurs télécoms traditionnels", explique Ludovic Le Moan, son DG, dans une interview accordée à Reuters.

Orange et Bouygues Telecom ont ainsi préféré déployer un réseau concurrent bas débit (LoRa), regroupant 80 industriels.

Aujourd'hui, Sigfox annonce faire parler six millions d'objets entre eux dans 53 pays avec ses petites antennes — des applications dans de multiples domaines allant du suivi des bagages dans les aéroports à l'assistance aux chercheurs en Antarctique.

Mais ce nombre n'assurera pas la pérennité de l'entreprise reconnaît Ludovic Le Moan.

"L'objectif, c'est d'avoir un milliard d'objets connectés à l'horizon 2023", écrit Reuters en le citant.

A la suite de la publication de cet article, Sigfox nous précise que la rentabilité de l'entreprise ne se mesurera pas en milliards mais en dizaine de millions d'objets connectés.

Pour y parvenir, l'entreprise ne vise plus les seules villes où son réseau d'antennes devra affronter la 5G — capable notamment de faire communiquer les voitures autonomes avec les infrastructures routières.

La société va ainsi investir 30 millions d'euros pour déployer d'ici à 2022 un autre réseau, celui de satellites à faible capacité cette fois-ci, dans des zones difficilement accessibles pour les communications — tels que les océans, les déserts ou les forêts. 

Son DG explique à Reuters:

"Dans les grandes villes, ce réseau satellitaire ne marchera pas car le grand nombre d'objets connectés va saturer la partie radio. Dans les zones densément peuplées, les antennes sol resteront la meilleure solution pour connecter du volume."

Ce sont donc peut être des activités de niche qui pourraient lever les doutes des concurrents et de spécialistes du secteur sur le déploiement du modèle Sigfox.

A ce titre, un cas d'usage en Afrique, qui n'a pas un enjeu business car il est porté par la Fondation Sigfox, démontre l'étendue des possibilités offertes par l'IoT. 

Depuis trois ans, avec le projet "Now Rhinos Speak" ("Maintenant les rhinocéros parlent") qu'elle mène en collaboration avec plusieurs ONG spécialisées, Sigfox a ainsi installé des capteurs, utilisant son réseau bas débit, sur une dizaine de rhinocéros au Zimbabwe afin de suivre leurs déplacements et contribuer ainsi à protéger du braconnage cette espèce menacée d'extinction.

"S'ils (les satellites Eutelsat avec Sigfox, ndlr) étaient déjà disponibles, c'est ce qu'on utiliserait pour les projets de la Fondation dans la brousse africaine".

Pour démocratiser les usages, la Fondation Sigfox prévoit de "libérer la solution" en rendant les modes d'emploi libres d'accès sur internet d'ici quelques mois.

Sigfox va également entamer une collaboration avec l'Institut Jane Goodall, en participant avec d'autres acteurs comme la Nasa américaine, à un ambitieux programme de préservation des écosystèmes et de développement durable sur un vaste territoire de l'ouest de la Tanzanie.

Basée à Toulouse, Sigfox compte 400 salariés et revendique 50 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2017. Elle prévoyait d'atteindre 60 millions en 2018.

Le titre de ce papier a été modifié suite à la suppression par Reuters d'une référence à la pérennité de l'entreprise dans une déclaration de Ludovic Le Moan.

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