L'UFC-Que Choisir alerte sur un risque de défaut pour les crédits à la consommation de 12 Mds€ en 2021

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L'UFC-Que Choisir alerte sur un risque de défaut pour les crédits à la consommation de 12 Mds€ en 2021
L'association de consommateurs dénonce une distribution "irresponsable" de ce produit financier. © Nicolas Sandanassamy/Capital

Le montant est élevé et n'est guère rassurant. L'UFC-Que choisir anticipe des défauts de remboursement sur les crédits à la consommation allant jusqu'à plus de 12 milliards d'euros l'année prochaine. "Alors que 900 000 consommateurs s'apprêtent à perdre leur emploi, les crédits conso en défaut pourraient, selon nos estimations, dépasser les 12 milliards d’euros (+ 40 %) en 2021", affirme l'association de consommateurs mercredi 16 décembre.

Cette forte hausse correspondrait au scénario "noir" élaboré en 2018 par le régulateur européen, pour évaluer le risque d'une crise bancaire, précise l'UFC-Que choisir. Et d'ajouter : "Au vu de l'ampleur de la récession, inconcevable à l'époque, cette estimation pourrait même s'avérer bien optimiste." L'association pointe du doigt la responsabilité des banques. Elle dénonce "une distribution irresponsable du crédit conso", "bien trop laxiste", et évoque des publicités "pousse-au-crime" de la part notamment des établissements de crédit.

BNP Paribas et Société Générale mauvais élèves

"Quand Sofinco (filiale de Crédit Agricole, ndlr) incite à souscrire des crédits qui pourront être remboursés après les fêtes, ses confrères de la location de longue durée (LLD) automobile, comme Toyota Financement, proposent des reports de loyers de six mois !", s'exclame l'UFC. L'association assure que jusqu'à 7,1% des crédits à la consommation sont en défaut chez BNP Paribas et 5,6% chez Société Générale, contre une moyenne nationale de 2,7%.

Elle appelle les banques à oeuvrer pour éviter que les emprunteurs ne basculent dans le surendettement — via par exemple l'allongement du terme du crédit ou la diminution du taux — alors que les moratoires accordés au printemps sont pour les deux-tiers arrivés à échéance en novembre, explique l'UFC.

Les banques contestent les 'constats alarmistes' d'UFC-Que choisir

La Fédération bancaire française a réagi dans un communiqué, assurant prêter "de façon responsable". Elle précise en outre que les banques "veillent à la capacité de remboursement de leurs clients sur la durée du prêt, n'ont aucun intérêt à voir leurs clients ne pas pouvoir payer". Selon elle, les indicateurs "permettent de montrer que les taux de défauts sont bas" à l'heure actuelle. En conséquence, les banques "ne partagent pas les constats alarmistes d'UFC Que Choisir".

Reste à voir l'évolution des défauts de remboursement au cours des prochains mois, à mesure que s'accumulent les difficultés liées à la crise économique, entraînant faillites et licenciements massifs.

L'UFC appelle donc les autorités européennes à agir, en contraignant les banques à proposer une mesure de restructuration de la dette dès le deuxième incident de remboursement. Elle s'oppose en outre au plan d'action présenté par la Commission européenne ce mercredi, qui doit selon elle faciliter la revente des crédits "pourris" des banques à des sociétés de recouvrement aux "pratiques agressives".

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