Lunchr, la startup qui dématérialise les tickets restos, lève 30 M€ et se donne 3 ans pour renverser le marché

Loïc Soubeyrand, fondateur et PDG de Lunchr. Lunchr

Lunchr triple la mise l'année même de son lancement. La startup, qui dématérialise les tickets restaurant, a annoncé ce mardi 5 février 2019 une nouvelle levée de fonds de 30 millions d'euros.

Ce tour de table intervient sept mois seulement après une précédente levée de 11 millions d'euros. 

Parmi les investisseurs aujourd'hui, on retrouve le fonds international Index Ventures — qui a également investi dans Revolut et Deliveroo —, mais aussi des investisseurs historiques de la startup, Daphni et Idinvest, ainsi que Kima Ventures, le fonds de Xavier Niel.

Depuis son lancement il y a tout juste un an, le 1er février 2018, Lunchr a séduit plus de 2000 entreprises de toute taille, dont des grands comptes comme Iliad, Redbull ou encore Spotify.

"Notre ambition est de proposer aux employeurs et aux employés une solution unique et bien meilleure que celle qu'ils ont pu avoir depuis 50 ans avec les titres-restaurants papier", a expliqué Loïc Soubeyrand, le fondateur et PDG de Lunchr dans un communiqué.

"En plus d'apporter beaucoup de simplicité et de praticité, nous changeons en profondeur l'expérience même du déjeuner pour les collaborateurs", a ajouté Loïc Soubeyrand.

L'engouement est tel que Lunchr a d'ailleurs décidé de revoir ses prévisions à la hausse. L'objectif est désormais de dépasser le cap des 200 000 utilisateurs d'ici la fin de l'année, ce qui représenterait un peu plus de 400 millions d'euros de volume d'affaires annualisé.

Un marché très concurrentiel 

Cette levée de fonds doit lui permettre de s'étendre à l'international dès 2019 en Europe et dès 2020 sur les autres continents.

La startup, basée à Paris et Montpellier, compte aujourd'hui 60 collaborateurs et va doubler ses effectifs dès 2019, ce qui lui permettra notamment d'accroître sa force commerciale en recrutant 70 commerciaux afin de jouer d'égal à égal avec les acteurs historiques du titre-restaurant et travailler sa notoriété.

"Tout le monde doit savoir qu'on existe avec la meilleure proposition de valeur sur le marché", a déclaré Loïc Soubeyrand à Business Insider France.

Un marché très concurrentiel, avec des grands noms comme Tickets restaurant Edenred, Chèque Déjeuner ou encore Sodexo, qui depuis plusieurs années déjà proposent des cartes dématérialisées en plus des traditionnels "tickets restos" au format papier.

Le réseau bancaire 'classique'

Comme les autres cartes, celle de Lunchr permet de payer sans contact et au centime près, et l'on peut suivre sa consommation facilement sur son smartphone mais pour se différencier, la startup a un atout de taille. Sa carte fonctionne directement sur le réseau bancaire Mastercard, contrairement à ses concurrents dont la solution passe un réseau privatif propriétaire appelé "Conecs" et qui oblige les restaurateurs à réaliser une mise à jour de leur terminal de paiement.

De plus, Lunchr propose également une solution de commande groupée. Concrètement, l'application mobile permet de commander en équipe et offre jusqu'à 25% de réduction dans les enseignes partenaires.

Développé en France depuis 50 ans, le titre-restaurant est aujourd'hui utilisé dans plus de trente pays dans le monde, encore majoritairement sous format papier (environ 85% en France). Mais Lunchr parie sur son inéluctable dématérialisation. 

Une introduction en Bourse en ligne de mire

Celle-ci séduit employeurs et employés et Loïc Soubeyrand estime que le marché est à "un point de bascule" et se fixe comme objectif une introduction en Bourse — ce qu'il n'avait pas fait avec sa précédente société, Teads, vendue à Altice en 2017 pour 285 millions d'euros.

"Fondamentalement, ce business coche toutes les cases pour aller jusqu'à une IPO : la prédictibilité, la répétition, un sujet qui parle à tout le monde et une fenêtre de tir de trois ans pour aller vite", a-t-il encore confié.

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