Coup de chaud ce lundi 25 mars 2019 chez LVMH. L'action du groupe de luxe français, numéro un mondial, a brutalement dévissé de près de 9% à l'ouverture de la Bourse de Paris, perdant environ 14 milliards d'euros, avant de revenir quasiment à l'équilibre. Ce plongeon pourrait être le résultat de ce que l'on appelle un "fat finger" (gros doigt) dans le jargon des marchés financiers. Il s'agit le plus souvent d'étourderies de traders qui se trompent en manipulant des chiffres.

Imaginez qu'un poignet traîne un peu trop sur un clavier et ajoute par mégarde des caractères à l'ordre de Bourse que l'opérateur est en train de passer. Pour aller vite, ce dernier valide sans tout relire et ne s'aperçoit de sa bourde que trop tard. Parmi les erreurs les plus classiques, le fait d'inscrire des zéros de trop, confondant parfois des milliards et des millions, ou d'inverser le nombre d'actions à vendre et leur prix, ou penser en dollars et écrire en yens...

Les gardes-fous existent tant pour ce qui est du contrôle des robots-traders, que des traders humains, mais des erreurs passent encore entre les mailles des filets. 

Le titre LVMH a perdu jusqu'à 8,85% ce lundi matin 25 mars à l'ouverture, tombant à 285,70 euros, avant de se reprendre. A 10h20, elle ne perdait plus que 0,33% à 312,40 euros.

Cours de l'action LMVH à 10h20, lundi 25 mars 2019. Investing

L'an dernier en mai 2018, la même aventure s'était produite pour l'action Suez. A la suite d'une erreur d'ordre, elle avait pris un soir à la clôture plus de 8%, une hausse qui a été reperdue dès le lendemain. 

D'autres "fat fingers" célèbres ont eu d'importantes répercussions. En mai 2010, le Dow Jones a décroché de 10% pendant quelques minutes, comme l'avait rapporté La Tribune, plongeant sous la barre des 10 000 points. En cause, un trader de Citibank avait passé un ordre de 16 milliards d'actions de Procter & Gamble au lieu de 16 millions, faisant chuter la valorisation du groupe américain qui a alors été divisée par deux.

En 2005, comme le rappelle The New Daily, c'est toute la Bourse de Tokyo qui a été secouée lorsqu'un courtier de Mizuho Securities a tenté de vendre des actions d'une entreprise pour 2,9 milliards de dollars alors que cette entreprise, nouvelle cotée, n'en valait que 90 millions. Le trader aurait vendu par erreur 610 000 actions pour 1 yen, alors qu'il souhaitait vendre une action pour 610 000 yens. L'erreur a coûté à Mizuho Securities au moins 27 milliards de yens (282 millions de dollars). 

Les entreprises mais également les pays peuvent être touchés par des "fat fingers". Ainsi en juillet 1998, le taux des obligations d'Etat françaises à dix ans ont chuté de 1,4 point après qu'un trader de la banque Salomon Brothers a fait passer 145 fois le même ordre de vente car son coude était resté sur son clavier. A l'époque, les contrôles étaient moins stricts. 

Vous avez apprécié cet article ? Likez Business Insider France sur Facebook !

Lire aussi : Pourquoi il faut toujours éviter la Société Générale et les autres banques en Bourse, selon un gérant de portefeuille de Mirabaud