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LVMH aurait espionné François Ruffin et le journal Fakir

LVMH aurait espionné François Ruffin et le journal Fakir
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François Ruffin, député de la France Insoumise (LFI), a-t-il été espionné par le groupe LVMH ? C'est ce qu'affirme le site d'investigation Mediapart dans une enquête publiée ce mardi 21 mai. La surveillance rapprochée de François Ruffin et de plusieurs membres du journal satirique Fakir, qu'il dirigeait à l'époque, se serait déroulée sur au moins un an, de mars 2015 à février 2016.

À cette époque, François Ruffin - qui n'était pas encore député mais journaliste - tournait son documentaire "Merci Patron!" dans lequel il venait en aide à un couple d'ouvriers du Nord licenciés par une entreprise sous-traitante de LVMH. Un long-métrage qui remportera le César du meilleur documentaire en 2017.

Et, selon Mediapart, pour surveiller le journaliste et ses équipes, le groupe de luxe LVMH aurait fait appel à un cabinet privé d'intelligence économique dirigé par un ancien policier, baptisé I2F. Pourtant, ce n'est pas Hervé Seveno, patron de l'agence, qui aurait supervisé la mission mais l'un de ses proches : Bernard Squarcini, patron des services secrets intérieurs sous Nicolas Sarkozy, qui s'est reconverti dans le privé, au service de la multinationale LVMH notamment.

Interrogé par Mediapart, Hervé Seveno confirme avoir travaillé sur Ruffin et Fakir, et assure avoir agi dans la légalité. "Je ne peux pas mentionner le nom de mon commanditaire parce que je suis tenu par des clauses de confidentialité. Mais il est exact qu'on nous avait demandé une cartographie de Fakir, c'est ma spécialité", a-t-il déclaré.

Sollicités par le média d'investigation en ligne, Bernard Squarcini, le groupe LVMH et Bernard Arnault n'ont souhaité faire de commentaire. En début d'année, le milliardaire a été entendu par la police sur cette surveillance. Il a assuré n'avoir "aucune information à ce sujet".

En 2016, l'Obs rapportait déjà que Bernard Squarcini aurait fait espionner Fakir en 2014 à l'aide d'une "taupe" qui aurait infiltré la rédaction.

Informé du contenu précis des rapports d'I2F, dont certains relèvent de la vie privée, François Ruffin n'exclut pas de se porter partie civile.

Business Insider
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