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'Ma boss est folle' : ces 14 expressions 'inoffensives' sont en fait des micro-agressions sur le lieu de travail

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Réfléchissez avant de parler. C'est la meilleure façon d'éviter une micro-agression. © Francisco Osorio/Flickr
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En moins d'un mois, deux employées ont publiquement démissionné de Salesforce, en invoquant la discrimination et la culture de micro-agression qui règnent dans l'entreprise. Vivianne Castillo, ancienne responsable de l'unité de recherche et d'innovation en design de l'entreprise, a publié sa lettre de démission sur LinkedIn la semaine dernière, écrivant qu'elle avait subi des "micro-agressions généralisées" en tant que femme noire.

La lettre vient quelques semaines après qu'une ancienne responsable Salesforce, Cynthia Perry, a également annoncé publiquement son départ de la société. "Je quitte mon emploi chez Salesforce à cause d'innombrables micro-agressions et d'inégalités", avait-elle écrit sur LinkedIn.

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Ces démissions mettent en lumière les micro-agressions, souvent involontaires, racistes, sexistes, âgistes ou capacitistes. Il s'agit d'une forme de discrimination qui se manifeste par des commentaires apparemment inoffensifs de la part de personnes qui pourraient être bien intentionnées. Qu'il s'agisse de dire à une nouvelle employée qu'elle "ressemble à une étudiante" ou de demander à un collègue noir de lui parler de ses cheveux naturels, elles peuvent rendre un lieu de travail inconfortable, dangereux et toxique.

Salesforce n'est certainement pas la seule entreprise à avoir un problème de racisme. Les préjugés et la discrimination au travail sont beaucoup plus courants que ne le pensent de nombreux chefs d'entreprise. Une étude réalisée en 2019 par Glassdoor auprès de 1 100 employés américains révèle que 61 % d'entre-eux ont déjà été témoins ou victimes de discrimination sur le lieu de travail en raison de leur âge, de leur race, de leur sexe ou de leur appartenance à la communauté LGBTQ.

"Parce que les micro-agressions sont souvent communiquées par le langage, il est très important de prêter attention à la façon dont nous parlons, en particulier sur le lieu de travail et dans d'autres institutions sociales comme les salles de classe, les tribunaux, etc.", déclare Christine Mallinson, professeur de linguistique, d'alphabétisation et de culture à l'université du Maryland, dans le comté de Baltimore (États-Unis), à Insider.

Les micro-agressions sont si subtiles qu'il est souvent difficile de savoir si vous en commettez une ou si vous en êtes le destinataire. "Elles sont en un sens ambiguës, de sorte que la personne qui les reçoit est susceptible de se sentir vaguement insultée, mais comme les mots et le ton ont l'air anodins, en surface, elle ne peut pas se sentir insultée à juste titre et ne sait pas comment réagir", explique Robin Lakoff, professeur émérite de linguistique à l'université de Californie, Berkeley, à Insider.

Voici les quelques micro-agressions les plus courantes :

'Vous parlez si bien'

El Nariz/Shutterstock

"Lorsqu'un collègue blanc dit à un collègue de couleur "vous parlez si bien", la remarque suggère qu'il a supposé que la personne en question serait moins éloquente — et est surpris de découvrir qu'elle l'est", explique Christine Mallinson à Insider.

"Nous (une société à dominance blanche) attendons des personnes racisées qu'elles soient moins compétentes", écrit Arusha Gordon (avocate spécialisé dans les droits civils, ndlt) dans "The Root". "Et, en tant que blanc, lorsque nous nous étonnons de l'éloquence d'une personne racisée, nous envoyons aussi le message pas si subtil que ça que cette personne fait partie d'un groupe que nous ne nous attendons pas à assumer un rôle de leader".

Que dire à la place : Rien. Vous pouvez féliciter les gens pour leurs idées ou leurs points de vue spécifiques, mais il n'est pas nécessaire de commenter la façon dont les gens s'expriment.

'Vous êtes transsexuel ? Wow, vous n'en avez pas du tout l'air'

Lynne Sladky/AP

Dire à une personne transgenre qu'elle n'a pas "l'air trans" peut sembler être un compliment. Mais les trans comme Elliot Wake savent que même si ces personnes ont de bonnes intentions, c'est un commentaire offensant qui implique qu'être trans n'est pas souhaitable.

"Ils supposent que si je suis trans, mon but ultime doit être de ressembler le plus possible à un cisgenre binaire — et que les trans masculins qui ne ressemblent pas à des hommes cis ont en quelque sorte échoué dans ce but non déclaré", explique Elliot Wake (écrivain transgenre, ndlt) à Bustle.

Cela indique que l'orateur estime que le fait de ressembler le plus possible à un cisgenre (ceux qui s'identifient au genre avec lequel ils sont nés) devrait être l'objectif des trans. "Les femmes trans peuvent être belles à leur manière sans être jugées sur des critères de beauté ridicules", déclare Katelyn Burns (journaliste transgenre, ndlt) à Bustle.

Ce qu'il faut faire à la place : Ne rien dire.

'Oh, désolé, je me suis trompé de personne'

MR. Nattanon Kanchak/Shutterstock

Si vous êtes une minorité sous-représentée et qu'il y a une autre personne de votre minorité dans la salle, il y a un risque que le groupe majoritaire confonde vos noms.

"Quand j'ai commencé l'université, le cours d'introduction était donné par deux femmes blanches et j'étais l'une des deux Mexicano-Américaines de la classe", raconte une lectrice de Buzzfeed. "Elles m'appelaient constamment Maria, le nom de l'autre fille. Je m'appelle Alejandra et nous ne nous ressemblons pas du tout".

Que dire à la place : Apprenez les noms de vos collègues. C'est un concept assez basique.

'Oh, vous êtes gay ? Vous devriez rencontrer mon amie Ann. Elle est aussi gay !'

Renat Latyshev/Strelka Institute/Flickr

Adi Barreto (Senior Account Executive chez Textio, ndlt) a écrit pour The Muse sur les quelques problèmes qu'elle a rencontrés sur son lieu de travail en tant que femme queer dans le domaine de la tech.

L'une des choses qu'elle a rencontrées : cette suggestion classique que beaucoup d'hétéros bien intentionnés font à leurs amis ou à leur famille LGBTQ — leur proposer de les mettre en relation avec une autre personne LGBTQ qu'ils connaissent.

"Ce n'est pas parce que deux personnes que vous connaissez ont une chose en commun qu'elles sont compatibles", écrit Adi Barreto. "Oui, il y a moins de gens avec qui nous pouvons sortir, mais cela ne veut pas dire que nous n'avons pas de normes en matière de type de personnalité, de valeurs et de tout ce qui vous tient à cœur".

Adi Barreto ajoute que ce serait comme mettre en relation un collègue hétéro avec une personne hétéro que vous connaissez du sexe opposé — juste parce qu'il se trouve que les deux ont la même orientation sexuelle.

Que faire à la place : Ne rien dire. Si votre collègue, quelle que soit son orientation sexuelle, veut que vous l'aidiez à rencontrer de nouvelles personnes, il vous le demandera.

'Ma cheffe est folle'

Mikhaïl Goldenkov/Institut Strelka/Flickr

Traiter votre patronne de "folle" ou d'"hystérique" a des connotations sexistes, car ces mots ont une longue et problématique histoire.

Dans le passé, en particulier dans l'Europe du XIXe siècle, les femmes qui étaient anxieuses ou originales étaient souvent diagnostiquées comme étant "hystériques"", explique Christine Mallinson à Insider.

Le mot "hystérique" vient du mot grec "hystera", qui signifie "utérus", ce qui signifie que cette maladie était spécifique aux femmes. Ainsi, lorsque vous traitez une femme de "folle", cela suggère que ses préoccupations ou ses actions sont illogiques, plutôt que le résultat d'une réflexion critique.

Que dire à la place : Essayez de comprendre le point de vue de votre cheffe plutôt que d'attribuer ses actions à l'illogisme. Si vous n'êtes toujours pas d'accord, vous pouvez dire : "Je ne comprends pas son point de vue sur la question" — puis demandez-lui son avis.

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'D'où venez-vous en fait ?'

Girl Geek Academy/Flickr

Interroger quelqu'un sur son héritage ethnique semble être une façon de faire connaissance. Mais pour les personnes racisées, la question devient fastidieuse, remarque la journaliste Tanzina Vega de CNN : "La prochaine fois que vous voudrez vous renseigner sur l'origine de quelqu'un, posez-vous la question : pourquoi est-ce que je veux le savoir ?", conseille Tanzina Vega. "Encore mieux, plutôt que de demander à quelqu'un "d'où venez-vous vraiment", essayez d'écouter — ou laissez cette personne vous poser une question — à la place."

Se voir poser cette question encore et encore peut laisser entendre qu'une personne n'a pas vraiment sa place dans un pays, juste à cause de son apparence.

Que dire à la place : Rien. Si la personne en question veut discuter de son identité, elle peut le faire à sa guise.

'La façon dont vous avez surmonté votre handicap est tellement inspirante'

Matt Rourke/AP

"On oublie trop souvent que les personnes handicapées doivent elles aussi faire face à des micro-agressions de façon régulière", raconte Wendy Lu, qui a un tube de trachéotomie, à Bustle. "Elles peuvent avoir lieu dans les conversations de tous les jours, ce qui les rend difficiles à dénoncer, à moins de vouloir être méprisé pour avoir fait toute une histoire de 'rien'".

Si vous avez un collègue qui souffre d'un handicap, évitez les clichés comme de lui dire que son handicap est "inspirant", ou de le contourner en faisant référence à son handicap à un "besoin spécial".

"Je veux vivre dans un monde où nous n'avons pas de si faibles attentes envers les personnes handicapées, où nous ne sommes pas félicités pour sortir du lit et nous souvenir de nos propres noms le matin", a déclaré la comédienne et activiste Stella Young lors de TEDxSydney.

En d'autres termes, vous ne devriez pas être choqué lorsque votre collègue handicapé est capable d'accomplir autant de choses que ses collègues valides.

Que faire à la place : Ne rien dire.

'Votre nom est si difficile à prononcer'

Girl Geek Academy/Flickr

"Cette remarque suggère que la personne en question ne s'intègre pas culturellement ou linguistiquement, et que son identité ne vaut pas la peine qu'on prenne le temps de l'apprendre", explique Christine Mallinson.

Que dire à la place : Si vous ne pouvez pas prononcer le nom d'un collègue, demandez-lui comment le dire. Ne leur faites pas remarquer qu'il vous est étranger ou que vous ne le connaissez pas.

'Je pense que vous vous êtes trompé de salle, c'est la réunion des programmateurs'

Sebastian ter Burg/Flickr

Kieran Snyder, aujourd'hui DG de Textio, a raconté à Fast Company l'une de ses premières expériences de micro-agression en tant qu'employée de Microsoft.

Elle allait assister à une conférence de l'entreprise sur les mathématiques : "Je suis arrivée un peu en avance, et dans la salle, deux hommes étaient déjà assis". Un des hommes l'a alors remarquée et lui a rapidement demandé si elle cherchait une conférence sur le design qui se tenait à proximité. Il a supposé qu'en tant que femme, elle ne serait pas intéressée ou capable de participer à une discussion sur les mathématiques.

Que dire à la place : Ne supposez pas que les gens ne sont pas à leur place et ne leur donnez pas l'impression qu'ils sont des étrangers.

'Savez-vous au moins ce qu'est Snapchat ?'

Evgeny Belikov/Strelka/Flickr

Ceux qui pensent que seuls les jeunes de 20 et 30 ans pourraient connaître les mèmes et Twitter stéréotypent les personnes âgées.

Et si les plaisanteries sur les habitudes d'envoi de SMS de votre collègue aux cheveux gris semblent innocentes, la discrimination fondée sur l'âge est un grave problème dans de nombreux lieux de travail. Dans le domaine de la tech, par exemple, les professionnels plus âgés disent avoir des difficultés à se faire embaucher malgré une litanie d'expériences passées.

Ce genre de commentaires innocents peut conduire, par exemple, à ce que les travailleurs âgés ne bénéficient pas de nouvelles possibilités de formation, à ce qu'ils soient exclus sur leur lieu de travail et à d'autres signes de discrimination illégale fondée sur l'âge.

Que faire à la place : Une fois de plus, ne dites rien.

'Êtes-vous un stagiaire ? Vous avez l'air si jeune !'

Mikhaïl Goldenkov/Institut Strelka/Flickr

"En complimentant une femme sur son apparence, dans un cadre professionnel, vous renforcez les croyances sexistes sur la valeur des femmes — que les femmes doivent avant tout être attirantes, et que c'est une fonction primordiale de leur rôle social", explique la Dr. Ashley Lauren Pennington à Insider.

"Lorsqu'un collègue masculin plus âgé dit à une collègue plus jeune 'vous avez l'air si jeune', ou 'vous ressemblez à une étudiante', le commentaire attire l'attention sur son apparence plutôt que sur ses qualifications, et cela peut subtilement saper son autorité au travail", pointe Christine Mallinson à Insider.

Faire des remarques sur la jeunesse apparente d'une personne implique également qu'elle semble inexpérimentée ou potentiellement non qualifiée pour son travail.

Que dire à la place : Rien. Il n'y a aucune raison de commenter l'apparence d'un collègue. Si vous voulez vraiment connaître son titre de poste, consultez un annuaire d'entreprise.

'Est-ce que ce sont vos vrais cheveux ?'

WOCinTech Chat/Flickr

De nombreuses femmes reçoivent des commentaires sur leurs cheveux naturels. Les cheveux texturés des femmes noires sont souvent considérés comme "moins professionnels" que les cheveux lisses, selon le Perception Institute.

"Ma partenaire de cabine est noire et a des cheveux naturels", raconte un lecteur anonyme de Buzzfeed. "Elle a une assez grosse afro, et au moins une fois par semaine, quelqu'un me demande si je pense que ses cheveux ne sont pas professionnels, s'ils enfreignent un code vestimentaire ou s'ils me distraient. Non, Kathy. Ses cheveux ne me font rien ressentir. Mais toi, en quittant ton bureau et en interrompant mon travail pour des bêtises pareilles, tu me fais ressentir des choses".

Pour les femmes noires, ce préjugé se traduit par un niveau d'anxiété plus élevé quant à leur apparence. Aux États-Unis, une femme noire sur cinq se sent obligée par la société de lisser ses cheveux pour le travail, soit deux fois plus que les femmes blanches.

Que dire à la place : Rien. Les cheveux naturels d'une personne, quelle que soit son origine ethnique, doivent être acceptés comme professionnels et adaptés au lieu de travail.

(Interrompant) 'En fait, je pense...'

Strelka/Flickr

Les hommes sont près de trois fois plus susceptibles d'interrompre une femme qu'un autre homme. Le New York Times qualifie le problème de "phénomène universel". Et le pire, c'est lorsqu'un homme reprend la même idée que la femme qu'il a interrompue, en recevant tout le mérite pour cela.

"Je ne peux même pas compter le nombre de fois où j'ai vu une femme être interrompue par un homme, pour l'entendre ensuite répéter les mêmes idées qu'elle essayait de mettre en avant", raconte Grace Ellis au New York Times. "Je dirais que je vois cela se produire ... deux à trois fois par semaine ? Au moins ?"

Elizabeth Ames, dirigeante à l'Institut Anita Borg, confirme qu'il s'agit de l'une des micro-agressions les plus courantes sur le lieu de travail dont elle entend parler. "Une autre chose que nous entendons souvent est que, lorsqu'elles partagent une idée ou un commentaire et que tout le monde les ignore, alors un homme le dit et tout le monde pense que c'est brillant", a-t-elle déclaré à Fast Company.

Que faire à la place : Attendre que la personne ait terminé son développement. Et si vous aimez son idée, donnez-lui du crédit.

'Pourquoi portez-vous cela ?'

Lefteris Pitarakis/AP

Ceux qui sont juifs, sikhs, musulmans ou d'une autre religion et qui choisissent de porter un habit religieux risquent de se faire poser des questions indiscrètes au travail. Mais si vous voulez en savoir plus sur cette religion, vous ne devez pas poser de questions aux gens alors qu'ils sont simplement là pour faire leur travail.

Les femmes musulmanes qui portent un hijab, par exemple, racontent souvent que les gens leur demandent "si elles sont chauves en dessous" ou si quelqu'un les "oblige" à porter un hijab.

"Ne fixez pas. Ne jugez pas. Dites à tous d'en faire autant. Sachez que je ne suis pas quelqu'un à sauver", écrit une anonyme portant le hijab dans Everyday Feminism. "Traitez-moi comme vous traiteriez n'importe qui d'autre."

Que faire à la place : Ne rien dire. Si vous êtes curieux de savoir pourquoi les personnes religieuses choisissent de porter certains vêtements, lisez des articles ou des livres. N'interrogez pas des collègues au hasard sur leurs choix de vie.

Version originale : Marguerite Ward et Rachel Premack/Insider

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