Le président des États-Unis, Donald Trump, fait la vie au président de la République française, Emmanuel Macron, devant la Maison Blanche. Le 23 avril 2018. Washington. AP Photo/Evan Vucci

  • L'amitié entre le président des États-Unis Donald Trump et le président français Emmanuel Macron s'est renforcée l'année dernière.
  • La récente victoire des frappes aériennes en Syrie a offert une perspective optimiste à ce que la visite officielle, qui a débuté lundi 23 avril, soit constructive.
  • Mais des experts préviennent que l'important contraste dans leurs objectifs politiques respectifs pourrait être trop grand pour de futures convergences de politique.

Le président Emmanuel Macron est arrivé lundi aux Etats-Unis, en tant que premier dirigeant du monde invité en visite d'Etat par le président américain Donald Trump.

Une amitié s'est forgée entre les deux présidents dans l'année qui a suivi l'élection d'Emmanuel Macron à la président de la République française, ponctuée par un dîner à la Tour Eiffel, une poignée de mains épique et des éloges publiques mutuels

Macron était à la tête d'un parti centriste de son initiative, avec des objectifs mondialistes, et est devenu de plus en plus proche de Trump, en dépit de sa politique fondamentalement différente. 

L'image médiatique relativement bonne et le succès des frappes aériennes jointes des États-Unis, du Royaume-Uni et de la France sur les forces du gouvernement syrien début avril, en réponse aux attaques chimiques, ont posé un cadre optimiste pour la visite d'État et les futurs partenariats politiques. Mais la réalité de ce futur potentiel pourrait être balayée d'un revers de la main, alerte Célia Belin, du think tank de politique étrangère, Brookings Institution. 

"Il y a des zones où la coopération franco-américaine peut être forte et immédiate, particulièrement lorsqu'il y a un intérêt commun, un but précis, comme de petites attaques punitives en Syrie", indique Belin. "Mais de manière générale, ils n'ont pas la même approche sur de nombreuses questions". 

Macron a fondé la République en Marche pour apporter une alternative réformiste aux formations d'extrême-droite, qui partagent le même scepticisme que Trump sur la mondialisation et favorisent la fermeture des frontières. 

"Macron a dit, la semaine dernière, qu'il y avait une guerre civile en Europe entre la démocratie libérale et l'autoritarisme", a dit Ian Bremmer, président de le cabinet d'études de risques géopolitiques Eurasia Group, à Business Insider. "S'il était sincère avec les États-Unis, il aurait dit la même chose et que Trump était de l'autre côté". 

Aux origines de cette 'bromance'

Macron fait un clin d'œil à Trump.
Carolyn Kaster/AP

La relation étroite entre Trump et Macron vient de la similarité de leurs parcours, a dit un ancien diplomate américain et président de Global Situation Room, Brett Bruen. 

Macron a débuté sa carrière dans le milieu des banques françaises — un parcours atypique pour un président, comparable au passé de Trump, magnat de l'immobilier. 

"Il comprend intrinsèquement le genre de langage que Trump a besoin d'entendre", a dit Bruen. "Trump a besoin d'entendre parler de profit et de pertes, il a besoin d'entendre parler de retour sur investissement". 

Après une autre semaine difficile avec des troubles judiciaires avec son avocat personnel, Trump s'est éloigné de ses préoccupations personnelles, grâce au dîner d'État, rompant la tradition en excluant les Démocrates et les médias de la liste des invités

Leur relation intime est au centre de la visite d'État de Macron, comme l'a dit la porte-parole de la Maison Blanche Sarah Huckabee Sanders, après l'arrivée du président français. L'administration espère une "discussion ouverte et franche, en raison de la relation qu'ils ont nouée". 

Les autres chefs d'État pourraient apprendre de Macron

Le président Donald Trump et la First Lady, Melania Trump, marchant sur le South Lawn de la Maison Blanche, aux côtés du président français, Emmanuel Macron, et sa femme, Brigitte Macron. Le lundi 23 avril 2018. AP Photo/Evan Vucci

Bien que cette complicité soit souvent à l'honneur, les troubles juridiques de Trump pourraient entraver la notion de progrès qu'attend Macron, a dit Bremmer. Macron veut notamment que Trump conserve l'accord nucléaire entre les États-Unis et l'Iran, un accord que Trump juge comme "le pire". 

"Trump est sous une énorme pression nationale", a-t-il dit. "Peu importe qui Trump rencontre, son attention se porte principalement sur l'enquête. On peut le voir dans ses tweets, ou encore ses déclarations". 

Pour leur partenariat, Macron a déjà réussi à se rapprocher du président des États-Unis, d'une manière qu'aucun autre chef d'État ne l'a fait, a déclaré Bruen. Et cela pourrait servir d'exemple au autres dirigeants du monde, sur leur manière de collaborer avec Trump, en raison de son approche peu conventionnelle de la politique. 

"C'est un modèle qui devrait inspirer les autres dirigeants s'ils veulent obtenir des résultats et pas uniquement entretenir de bons rapports", a dit Bruen. "Ils doivent arriver à établir un socle commun avec un chef d'État peu conventionnel — et Trump ne sera pas le seul chef d'État atypique". 

Version originale: Ellen Cranley/Business Insider

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