Mail, streaming, cloud... 20 gestes pour réduire sa pollution numérique

Mail, streaming, cloud... 20 gestes pour réduire sa pollution numérique

Getty Images/ Alexander Spatari

Le numérique est de plus en plus présent dans notre quotidien et connaît une croissance exponentielle avec l'avènement des objets connectés. Or, bien qu'en partie dématérialisé, il n'est pas du tout neutre pour l'environnement. Le numérique consomme beaucoup d'énergie à tous les niveaux. Une recherche sur le web implique de faire fonctionner à la fois des serveurs, qui peuvent se trouver n'importe où dans le monde, le réseau informatique et un équipement électronique.

Aujourd'hui, le numérique représente déjà 4,2% de la consommation mondiale d'énergie et 3,8% des émissions de gaz à effet de serre, selon GreenIT. Les équipements et périphériques des utilisateurs ont des conséquences particulièrement lourdes sur l'environnement. Leur fabrication représente la première source d'impacts, selon ce cabinet spécialisé dans le numérique responsable. "Un smartphone utilise par exemple 60 à 70 métaux, plus du plastique et du verre", souligne Raphaël Guastavi, expert en économie circulaire à l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe).

Pour mesurer les effets sur l'environnement de la fabrication d'un appareil de ce type, il faut évaluer la quantité de minerais nécessaires et l'énergie requise pour les extraire et les transporter. "Cela permet d'établir la quantité de gazole utilisée et de réaliser ainsi des équivalences en matière d'émissions de gaz à effet de serre", explique Raphaël Guastavi. Mais pour mesurer plus globalement les impacts d'un smartphone, il faut aussi prendre en compte la phase d'utilisation de l'équipement et donc l'énergie nécessaire pour le recharger — qui est en grande partie décarbonnée en France car elle provient essentiellement du nucléaire.

Enfin, il faut considérer les données que vous sollicitez en utilisant votre smartphone et qui sont hébergées dans des data centers. Quelle quantité d'énergie est requise pour envoyer des données vers votre téléphone, et de votre appareil vers un autre lorsque vous envoyez un mail ? 

Si le numérique pollue, et pollue de plus en plus, il est possible de réduire ses impacts à son échelle de simple consommateur et utilisateur. Voici 20 conseils pour diminuer les effets négatifs sur l'environnement du numérique : 

Conservez vos équipements le plus longtemps possible (ordinateur, smartphone, tablette...)

Unsplash/Austin Poon

Passer de 2 à 4 ans d’usage pour une tablette ou un ordinateur améliore de 50% son bilan environnemental, selon l'Ademe. Pour cela, vous pouvez notamment installer des protections contre les virus et les malwares sur votre ordinateur.

Ne vous laissez pas séduire par les offres promotionnelles pour remplacer un équipement sur un coup de tête

 

Faites réparer votre appareil (ordinateur, smartphone...) plutôt que de le remplacer en cas de panne 

Tim Gouw/Unsplash

"Dans les années 80, environ 10 métaux étaient utilisés pour fabriquer un ordinateur. Aujourd'hui, une cinquantaine de  métaux sont nécessaires pour une carte électronique, plus performante, plus petite, et qui résiste mieux à la chaleur", précise Laurent Lefèvre, chercheur Inria à l'ENS Lyon, également membre du collectif de chercheurs EcoInfo, spécialisé dans le numérique responsable.

Qui dit plus de minerais nécessaires, dit forcément plus de ressources et d'énergie utilisées pour concevoir un équipement. Si la plupart des métaux sont recyclables, tous ne sont pas recyclés.

Eteignez votre box TV et votre box internet lorsque vous ne vous en servez pas plutôt que de les laisser en veille

La Freebox V6. Wikipedia Commons/weweje

"Une box consomme autant qu'un réfrigérateur", alerte l'Ademe. Sa consommation totale sur un an, se situe entre 150 et 300 kilowatt-heure (kWh). Une box TV consomme trois fois ce que consomme un téléviseur et une box Internet six fois plus.

Eteignez aussi votre ordinateur, votre imprimante ou votre console de jeu au-delà d'une heure d'inactivité, plutôt que de les mettre en veille

Le plus pratique peut être de brancher vos équipements (ordinateur, imprimante, box…) sur une multiprise à éteindre quand vous ne vous servez plus de vos appareils.

Désactivez les fonctions wifi, Bluetooth et GPS sur votre smartphone ou votre tablette quand vous n'en avez pas l'utilité, ou activez directement le mode 'avion' si vous n'avez pas besoin de connexion

Evitez deux smartphones, un pro et un perso, pour privilégier un seul pro/perso doté de deux cartes SIM

Utilisez le wifi plutôt que la 4G pour naviguer sur internet et notamment regarder des vidéos en streaming

Extrait de la série "La casa de papel", produite par Netflix. YouTube/Netflix América Latina

Le wifi offre un débit plus constant, tandis que la 4G consomme plus d'énergie et son débit dépend de la façon dont vous captez. 

Evitez le streaming vidéo pour écouter seulement de la musique

Les vidéos en ligne représentent 82% du trafic Internet, selon l'Ademe.

Si vous regardez ou écoutez plusieurs fois une vidéo ou une musique, il vaut mieux directement la télécharger pour la lire hors connexion, afin d'éviter un gros transfert de données à chaque répétition

Faites le ménage dans votre boîte mail, en supprimant notamment les spams

En stockant uniquement ce qu'il faut et seulement durant le temps nécessaire, vous allègerez les data centers.  

Ciblez les envois et réduisez le nombre de destinataires des e-mails

L'impact sur l'environnement de l'envoi d'un mail dépend du poids des pièces jointes, du temps de stockage sur un serveur mais aussi du nombre de destinataires. "Multiplier par 10 le nombre des destinataires d'un mail multiplie par 4 son impact", prévient l'Ademe.

Pour éviter d'envoyer un message à trop de monde, n'hésitez pas à nettoyez vos listes de diffusion et à sélectionnez les destinataires d'une réponse à un message groupé, pour ne conserver que les personnes directement concernées.

Optimisez la taille des pièces jointes en recourant à des fichiers compressés, des images et des PDF basse définition

Stock Catalog/Flickr

L'envoi d'un mail avec une pièce jointe pesant 1 Méga-octet (Mo) équivaudrait à 50 grammes de CO₂, soit 500 mètres parcourus en voiture. 

En outre, "si vous voulez placer un logo dans la signature, transformez le texte et le logo en une seule image basse définition", conseille l'Ademe. 

Optez si possible pour une alternative à la pièce jointe lorsqu'elle est lourde, en recourant à une clé USB ou un lien hypertexte à la place d'un document

C'est plus écologique que d'avoir recours à des sites de transfert de fichiers lourds, utilisant le protocole de communication FTP, selon l'Ademe. 

Paramétrez votre imprimante en noir et blanc et en brouillon pour réduire l'utilisation d'encre, et en recto-verso, voire 2 pages par feuille, pour limiter la consommation de papier

Imprimez seulement ce qui est nécessaire, "même s'il peut être préférable d'imprimer certains documents dont la lecture à l'écran prend du temps", indique l'Ademe.

Ne conservez pas chez vous vos anciens ordinateurs et téléphones qui représentent un précieux gisement de matériaux recyclables

Il est conseillé de rapporter ses équipements chez un revendeur en informatique et en téléphonie. L'Ademe estimait fin 2018 à 30 millions le nombre de téléphones dormant dans nos tiroirs.

Quand vous la connaissez, rentrez directement l'adresse d'un site dans votre navigateur, plutôt que d'effectuer une recherche sur le web

Capture d'écran du navigateur Google Chrome.

Plus le temps de recherche est long et le nombre de pages consultées élevé, plus l'impact de votre requête web sera important. Les émissions de gaz à effet de serre sont diminuées par quatre en allant directement à l'adresse du site. Pour ce faire, vous pouvez aussi tout simplement vous créer des favoris. 

Privilégiez le stockage de données localement et non sur le cloud

Stocker des données sur le cloud — en externe — entraîne des allers-retours entre l'utilisateur et les serveurs et nécessite plus d'énergie que si ces données sont conservées localement, sur un ordinateur ou un disque dur externe par exemple.

Evitez les LED connectées qui continuent de consommer de l'énergie lorsqu'elles sont en veille

S'éclairer avec des ampoules LED permet de réduire sa consommation d'électricité, mais avoir recours à des LED connectées pour s'éclairer annule en partie les économies d'énergie. Une LED connectée en veille consomme deux fois plus qu'une TV en veille. 

Evitez de multiplier les objets connectés, souvent plus difficile à recycler

Les objets connectés sont de plus en plus nombreux. D'environ un milliard en 2010, ils pourraient passer à 48 milliards en 2025, selon GreenIT. Certains semblent intéressants pour parvenir à réduire sa consommation d'énergie, comme lorsqu'ils permettent de piloter à distance le niveau de chauffage, qu'il est par exemple possible de baisser si vous vous absentez de chez vous plus longtemps que prévu.

D'autres apparaissent beaucoup moins essentiels (collier de chien communicant, parasol...) et nécessitent une connexion quasi-permanente pour récupérer des données. "Plus diffus et plus petits, les objets connectés risquent d'être jetés à la poubelle et d'être moins recyclés", prévient aussi Laurent Lefèvre.

Vous avez apprécié cet article ? Likez Business Insider France sur Facebook !

Lire aussi : En 2025, les objets connectés pourraient représenter la majorité de la 'pollution' numérique mondiale

Voici ce que l'abus d'écrans peut faire à votre corps et votre cerveau

  1. Attention certains conseils sont contre-productifs : vider le cache de son navigateur oblige par exemple à télécharger à nouveau, inutilement, des ressources (images, bibliothèques javascript, etc.) qui sont justement stockées sur votre disque dur pour... éviter de les télécharger à nouveau.

    Par ailleurs, l'enjeu essentiel n'est pas la consommation électrique mais l'épuisement des ressources abiotiques, et leur extraction et transformation en composants électroniques. Deux étapes qui concentrent l''essentiel des impacts du numérique.

  2. On peut aussi recycler les vieux disques durs internes pour en faire des disques durs externes pour y stocker ses données. C'est une solution 100% ecolo. 🙂

  3. Que des bonnes astuces. Merci

  4. Merci pour ces conseils. Bonne journée.

  5. EtienneH

    Si vous voulez réduire l'emprunte écologique de tous vos lecteurs, pourquoi pas réduire le volume de données envoyées par Business Insiders ?

    Mais pourquoi donc faut-il télécharger 151 MB de données (surtout vidéos en démarrage automatique, images en haute-définition, qui perturbent la lecture sans y apporter d'illustration pertinente...) pour un article dont le contenu utile (texte) ne pèse que 10 kB ?
    Dans quel autre domaine que le numérique peut-on supporter un overhead de 15000x ??

Laisser un commentaire