Les investisseurs récupèrent leurs mises après la victoire d'Emmanuel Macron et se soucient des législatives

Un trader à la Bourse de Francfort le 8 mai 2017. REUTERS/Kai Pfaffenbach

Les principales Bourses européennes sont dans le rouge à mi-séance, lundi 8 mai, les investisseurs prenant leurs bénéfices dans un climat de faible volatilité au lendemain de la victoire, largement anticipée, d'Emmanuel Macron à l'élection présidentielle en France.

L'ancien ministre de l'Economie a remporté dimanche 66,1% des suffrages, devançant largement la candidate d'extrême droite, Marine Le Pen.

A Paris, l'indice CAC 40 cédait 0,88% à 5.384,78 points vers 12h20, heure locale. A Francfort, le Dax reculait de 0,3% et à Londres, le FTSE s'appréciait très légèrement (+0,06%). L'indice EuroStoxx 50 de la zone euro cède 0,56%, le FTSEurofirst 300 0,24% et le Stoxx 600 0,24%.

Les banques en Europe (-0,7%) sont également dans le rouge. Les valeurs financières sont pourtant considérées par les gérants comme les principales bénéficiaires de l'élection d'Emmanuel Macron. 

Sur le marché des changes, l'euro recule face au dollar, autour de 1,0934, après avoir brièvement franchi le seuil de 1,10 dollar sur les marchés asiatiques, pour la première fois depuis le 9 novembre 2016 et l'élection de Donald Trump qui avait entraîné une appréciation de la devise américaine.

L'arrivée du candidat d'En Marche! en tête à l'issue du premier tour avait
été saluée avec enthousiasme par les marchés mais sa victoire au second tour n'a pas le même effet, parce qu'elle était largement attendue.

Les investisseurs s'interrogent en revanche désormais sur la capacité d'Emmanuel Macron à gouverner, puisque le nouveau président doit encore rassembler une majorité à l'Assemblée nationale lors des législatives de juin.

Le président sortant François Hollande (dr) et le président-élu Emmanuel Macron (g) commémorent le 8 mai 1945 à la Tombe du Soldat Inconnu à l'Arc de Triomphe, Paris, le 8 mai 2017. REUTERS/Stephane De Sakutin

Depuis 1958 et la Constitution de la Ve République, les présidents français tout juste élus ont toujours eu une majorité à l'Assemblée nationale et au Sénat. Mais le profil d'Emmanuel Macron — comme celui de sa rivale défaite — laisse beaucoup d'incertitudes.

En effet, il s'est engagé à présenter 50% de nouvelles têtes aux législatives, ce qui pourrait le contraindre de bâtir une coalition allant de la droite de la gauche à la gauche de la droite.

Les élections des 11 et 18 juin constituent "un moment décisif pour la suite
politique et pour le devenir" du projet d'Emmanuel Macron, explique Peter Hensman, stratège chez Newton à Reuters.

"Comme l'élection de Donald Trump aux États-Unis nous l'a démontré, ce contrepoids à la fonction présidentielle pourrait venir atténuer les attentes élevées en matière de changement politique."

Sur les marchés obligataires, l'écart de rendement, ou "spread", entre l'OAT
française et le Bund allemand à 10 ans est brièvement tombé à 33 points de base, à un plus bas de six mois, avant de remonter autour de 35 points.

La montée du rendement de l'obligation française à dix ans indique une augmentation de la prime de risque pour détenir de la dette française, tandis que le taux bas du Bund est synonyme de sécurité pour les investisseurs.

"Compte tenu de l'issue incertaine des prochaines élections législatives, un écart de taux de l'ordre de 35 points de base semble raisonnable", juge Lukas Daalder, responsable des solutions d'investissement chez Robeco. 

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