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Marine Le Pen doit rembourser 300.000€ pour de faux assistants parlementaires — son salaire de député européen est en jeu

Marine Le Pen doit rembourser 300.000€ pour de faux assistants parlementaires — son salaire de député européen est en jeu
© REUTERS/Charles Platiau

Marine Le Pen doit rembourser près de 300.000 euros d'ici ce mardi soir au Parlement européen pour avoir rémunéré comme assistante parlementaire Catherine Griset à une époque où celle-ci était la secrétaire, puis la chef de cabinet de la dirigeante du Front national, selon une source proche du Parlement.

Faute de s'être acquittée de cette somme réclamée par une lettre envoyée par le Parlement mi-décembre, la présidente du groupe Europe des nations et des libertés (ENL) pourrait se voir retirer la moitié de son salaire et de ses indemnités journalières, ainsi que la totalité de ses frais généraux.

Une rémunération qui, en 2015, tournait autour de 12.340 euros brut par mois, si l'on additionne le traitement mensuel et l'indemnité de frais généraux.

Une seconde lettre de recouvrement a été adressée à la présidente du Front national, pour un montant d'environ 40.000 euros correspondant à l'emploi comme assistant parlementaire de son garde du corps, pendant quelques mois.

L'échéance tombe en février.

Mais Marine Le Pen a annoncé qu'elle ne rembourserait pas la somme demandée par le Parlement européen. "Je ne me soumettrai pas à la persécution, à cette décision unilatérale prise par des adversaires politiques avec exécution provisoire en violation de l'Etat de droit, des droits de la défense, sans preuves et sans attendre que la justice que j'ai saisie ne se prononce au fond", a-t-elle déclaré à Reuters.

La présidente du groupe Europe des nations et des libertés (ENL) a déposé récemment une plainte auprès du parquet de Bruxelles pour "faux intellectuel" visant la directrice de l'Office européen de lutte antifraude (Olaf) et le secrétaire général du Parlement européen, Klaus Welle, au sujet de l'enquête sur des soupçons de fraude relative à l'emploi d'assistants parlementaires du FN au Parlement européen.

Son avocat, Me Marcel Ceccaldi, dénonce une présumée "collusion" entre le Parlement européen et l'Olaf, dont il demande à voir le rapport.

Wikimedia Commons

"L'administration du Parlement a eu plusieurs entretiens avec Marine Le Pen pour qu'elle se justifie, mais ses arguments n'ont pas convaincu", a confié la source à Reuters.

Les demandes du Parlement font suite à une enquête de l'Olaf, l'Office européen de lutte antifraude.

Celui-ci a été saisi en mars 2015 par le Parlement européen de soupçons de fraudes relatives aux conditions d'emploi de vingt assistants parlementaires du Front national.

L'affaire était alors qualifiée par un porte-parole du Parlement de "première" à cette échelle dans l'histoire de l'institution.

Le parquet de Paris a lui-même ouvert une information judiciaire sur cette affaire le 15 décembre dernier.

Elle porte, "contre personne non dénommée", sur les chefs "d'abus de confiance et recel d'abus de confiance, escroqueries en bande organisée, faux et usage de faux, et travail dissimulé".

Business Insider
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