La députée américaine Alexandria Ocasio-Cortez a interrogé Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, lors de son audition au Congrès ce mercredi 23 octobre, et il a eu du mal à répondre à certaines de ses questions. Mark Zuckerberg s'est retrouvé devant le Comité des services financiers de la Chambre des représentants des États-Unis, et la députée de l'Etat de New York lui a posé des questions concernant la vérification des publicités politiques diffusée sur le réseau social, qui ont été critiquées par d'autres politiciens comme la sénatrice Elizabeth Warren, candidate à l'élection présidentielle de 2020, et l'ancien vice-président Joe Biden.

"Est-ce que je pourrai diffuser des publicités sur Facebook qui ciblent les électeurs républicains lors des primaires en leur disant que leur parti a voté pour le Green New Deal ? (ce qui est une fausse information, ndlr)", a demandé Alexandria Ocasio-Cortez au cours de l'audition. "Si vous ne vérifiez pas les publicités politiques, j'essaie juste de comprendre vos limites." "De prime abord, je ne connais pas la réponse à cette question," a répondu Mark Zuckerberg. Quand Alexandria Ocasio-Cortez est ensuite passée à une autre question, il a fini par ajouter : "Je pense, probablement."

Le réseau social a confirmé au début du mois d'octobre que ces publicités pouvaient être diffusées et que, dans la plupart des cas, les publicités politiques ne seraient pas soumises à une vérification des faits. Selon la politique de Facebook, "les messages et les annonces des politiciens ne font généralement pas l'objet d'une vérification des faits. "En évaluant quand cela s'applique, nous demandons à nos partenaires de fact-checking d'examiner les politiciens à tous les niveaux."

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Le président américain Donald Trump aurait dépensé 1,6 million de dollars (1,4 million d'euros) en publicité sur Facebook avec des affirmations trompeuses et démagogiques sur l'ancien vice-président Joe Biden, en relation avec le scandale des lanceurs d'alertes, dans lequel les deux hommes politiques sont empêtrés. Facebook a effectivement supprimé l'une des publicités de Donald Trump, mais uniquement parce qu'il traité Joe Biden de "s*****", ce qui violait la politique de la plateforme sur les insultes.

"Alors, vous allez retirer les mensonges de la plateforme ou vous n'allez pas les retirer ?" a demandé Alexandria Ocasio-Cortez. "Je pense qu'il faut simplement répondre par oui ou par non. Et je ne parle pas d'interprétation, je parle de réelle désinformation." "Nous vivons en démocratie, a répondu Mark Zuckerberg. Je pense que les gens devraient être capables de voir par eux-mêmes ce que les politiciens pour lesquels ils ont voté ou non disent et qu'ils jugent leur caractère par tout seuls."

Le PDG de Facebook a précisé que le site supprimerait tous les messages "qui appellent à la violence ou qui risquent de causer des dommages physiques imminents ou la manipulation des électeurs et des élections."

"Il y aura des cas où une évaluation fausse ou partiellement fausse de la part de nos partenaires de fact-checking aura des répercussions sur les politiciens", peut-on lire dans la politique de Facebook. "Lorsqu'un politicien partage un contenu spécifique — c'est-à-dire un lien vers un article, une vidéo ou une photo créés par quelqu'un d'autre qui a déjà été identifié par Facebook — nous rétrograderons ce contenu, nous y accolerons un avertissement et nous rejetterons sa possible publicité."

La députée a ensuite posé des questions sur le partenariat de Facebook avec "Check Your Fact", une filiale du site d'actualité américain The Daily Caller, qui a eu des liens avec les nationalistes blancs. "Check Your Fact" est l'une des six organisations tierces qui travaillent avec le réseau social pour fact-checker les contenus.

Mark Zuckerberg a déclaré que Facebook n'était pas en charge de nommer les organisations, mais qu'il travaillait avec l'International Fact-Checking Network de Poynter, qui a "une norme rigoureuse quant aux personnes autorisées à vérifier les faits", a-t-il déclaré pendant l'audition.

Lauren Svensson, porte-parole de Facebook, a déclaré au média américain Vox que Facebook croyait "en l'existence d'un ensemble diversifié de partenaires de fact-checking."

Voici un extrait de l'audition : 

Version originale : Lauren Frias/Business Insider

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