Mark Zuckerberg veut appuyer sur l'accélérateur en terme de monétisation de la messagerie. Mark Zuckerberg/Facebook

Pour une entreprise dont le slogan est "Move fast and break things," ("avancez vite, cassez des trucs"), Facebook n'avance pas assez vite dans la monétisation de ses applis de messagerie instantanée, a dit le DG de Facebook, Mark Zuckerberg, mercredi 26 juillet.

"Je veux nous voir avancer un peu plus vite ici mais je suis sûr qu'on fera ça bien," a-t-il dit lors de la conférence téléphonique sur les résultats trimestriels du groupe

Facebook avait fait des essais originaux de monétisation dans Messenger il y deux ans, en laissant les entreprises créer des chatbots pour l'appli. Mais ces premiers bots avaient des bugs et n'étaient pas si pratiques. 

Maintenant, en 2017, Facebook a une approche plus traditionnelle: l'entreprise a commencé à laisser les annonceurs diffuser des publicités dans l'appli Messenger, alors que les bots ont un rôle secondaire. 

Zuckerberg dit que l'objectif principal de Messenger reste de faire en sorte que les gens interagissent réellement avec les entreprises. L'appli, qui a plus d'un milliard d'utilisateurs, a amélioré la fonctionnalité des bots et récemment présenté un onglet découverte pour que les utilisateurs trouvent plus facilement les entreprises. 

Mettre des publicités dans les applis de messagerie est une façon garantie pour Facebook de faire de ses produits des machines à cash. Ses concurrents le font déjà et Facebook passe à côté d'une opportunité, comme Zuckerberg semble le suggérer. 

"C'est un des rares moments en business où vous pouvez regarder les plateformes de messagerie qui existent et voir comment elles sont monétisées dans le reste du monde pour vous en inspirer", a noté Zuckerberg en faisant référence à des applis de messagerie instantanée comme WeChat et Line qui dominent en Asie.

L'opportunité asiatique 

En effet, les publicités, que ce soit sur Messenger et WhatsApp, peuvent fournir le parfait vecteur à Facebook pour booster ses revenus en Asie, qui sont loin derrière les États-Unis et l'Europe.

Le revenu moyen par utilisateur (ARPU) dans la région Asie Pacifique était de 2,13 dollars au T2, contre 19,38 dollars en Amérique du nord. L'ARPU de Facebook en Asie Pacifique croît aussi beaucoup plus lentement que aux États-Unis, avec une hausse de 22% sur un an en Asie contre un bond de 38% aux États-Unis.

Facebook

Le grand marché d'Asie est bien évidemment la Chine, où Facebook est pour le moment bloqué. Une appli de messagerie avec des publicités pourrait potentiellement fournir une manière à Facebook d'entrer sur le marché sans compromettre son engagement en faveur de la liberté d'expression. Et si Facebook n'arrive pas à percer en Chine, la messagerie peut toujours se développer dans d'autres pays asiatiques. 

Les publicités sur la messagerie instantanée pourraient aussi fournir une meilleure façon d'augmenter le revenu venant d'utilisateurs du "reste du monde", composé de marchés émergents où les téléphones bas de gamme et les applis de messagerie dominent. 

"Je pense qu'avec le temps nous devrions être capable de faire mieux" que la vague des nouvelles applis de messagerie instantanée qui gagnent de l'argent, note Zuckerberg. "Mais c'est la preuve que peu importe la logique interne de ce qu'on fait, on l'a déjà fait avant nous. Ça nous permet d'être confiants." 

Néanmoins, les dirigeants Facebook ont insisté pour modérer les attentes sur cette nouvelle et potentiellement lucrative source de revenus. 

Le directeur financier de Facebook David Wehner a souligné qu'il y avait encore beaucoup "d'inconnues" quand il s'agit des publicités en messagerie, qui sont, selon lui, différentes des publicités dans le fil d'actualité dont Facebook tire ses revenus.

Et tandis que les investisseurs peuvent espérer gagner de l'argent avec Messenger dans les cinq prochaines années, la monétisation de WhatsApp et ses 1,2 milliards d'utilisateurs quotidiens reste loin, selon les cadres.

"Ce n'est que le début cette année, et ça va continuer à être le début pour un moment encore," ajoute la COO, Sheryl Sandberg. 

Version originale: Alex Heath/Business Insider

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