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Mark Zuckerberg revendique le choix de "donner la parole aux gens" sur Facebook même si cela provoque des tensions

Mark Zuckerberg revendique le choix de "donner la parole aux gens" sur Facebook même si cela provoque des tensions
Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg © REUTERS/Aaron P. Bernstein

Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, a défendu la politique du réseau social en matière de liberté d'expression, même lorsqu'elle conduit à une "tension" sociale, au lendemain d'un article accusant l'entreprise d'avoir ignoré des rapports internes qui montraient que le système en place contribuait à la polarisation politique. Mercredi 27 mai, lors de l'assemblée annuelle des actionnaires de Facebook, le PDG milliardaire de 36 ans a été interrogé sur les allégations de "censure" sur les réseaux sociaux. Il a répondu en défendant la mission affichée de Facebook, qui est de "donner la parole aux gens", déclarant qu'elle était bénéfique pour la société — même si cela contribue à de longues périodes de troubles civils.

"Je pense que l'histoire a prouvé à plusieurs reprises que donner la parole à plus de gens pour qu'ils puissent dire ce qu'ils pensent, même si c'est impoli dans beaucoup de cas ou peut poser des problèmes aux gens, je pense qu'en majorité ça finit quand même par être très productif et important pour la société, même si sur le court terme ça génère plus de tensions", a déclaré Mark Zuckerberg. "Et le court terme, dans l'Histoire, peut s'étendre sur des années, des périodes entières. Mais je pense qu'à long terme, cette liberté et le fait de donner une voix aux gens sont extrêmement précieux".

Mardi 26 mai, le Wall Street Journal a publié une enquête révélant que des recherches internes effectuées par les employés de Facebook avaient montré que l'algorithme de Facebook contribuait aux "divisions" et poussait les gens à se polariser politiquement — et que la société avait finalement choisir d'ignorer ces conclusions.

Le problème des 'bulles de filtre'

Dans ce contexte, les commentaires de Mark Zuckerberg signifient que la direction de Facebook reconnaît que sa plateforme (et d'autres réseaux sociaux) peut en effet créer des divisions entre les gens — mais que les prétendus avantages qui vont de pair avec cela l'emportent sur les problèmes engendrés.

Pendant des années, Facebook a contesté le fait que son service contribue aux "bulles de filtre" — un terme qui fait référence à la façon dont les gens s'entourent uniquement de personnes et de sources d'information avec lesquelles ils sont d'accord, renforçant leurs croyances et les éloignant de ceux qui pensent différemment. En 2019, par exemple, Sheryl Sandberg, directrice de l'exploitation, a déclaré que Facebook pouvait contribuer à élargir les points de vue des gens : "Les personnes qui utilisent les réseaux sociaux voient des points de vue beaucoup plus ouverts".

Mais le Wall Street Journal a découvert qu'en 2018, des chercheurs de Facebook ont averti la direction de l'entreprise lors d'une présentation que les algorithmes du réseau social pourraient alimenter la polarisation. Ils ont écrit : "Nos algorithmes exploitent l'attrait du cerveau humain pour tout ce qui divise... S'ils ne sont pas contrôlés", les algorithmes montreraient "un contenu de plus en plus clivant dans un effort pour attirer l'attention des utilisateurs et augmenter leur temps passé sur la plateforme".

De même, une présentation de 2016 aurait averti que "64 % de toutes les adhésions à des groupes extrémistes sont dues à nos outils de recommandation (...). Nos systèmes de recommandation aggravent le problème".

Facebook a également publié une réponse à l'article du Wall Street Journal sur son blog d'entreprise mercredi, dans laquelle le vice-président de l'équipe d'intégrité Guy Rosen a écrit : "L'article utilise quelques initiatives isolées que nous avons rejetées comme preuve que nous ne nous soucions pas des problèmes sous-jacents — et il a ignoré les efforts importants que nous avons faits. L'article ne tient pas compte de la façon dont nos recherches, et celles que nous continuons de commander, ont permis de façonner des dizaines d'autres changements et de nouveaux produits. Il a également ignoré d'autres mesures que nous avons prises pour lutter contre la polarisation. En conséquence, les lecteurs ont eu l'impression que nous ignorons un problème dans lequel nous nous sommes en réalité beaucoup investis".

Version originale : Rob Price/Business Insider Prime.

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Business Insider
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