Marlène Schiappa convoque Uber pour s'expliquer sur les plaintes d'agressions sexuelles contre certains chauffeurs

Marlène Schiappa va recevoir Uber France cette semaine pour comprendre comment les femmes ne doivent pas redouter de monter à bord des voitures de ses chauffeurs indépendants. David Niviere/ABACAPRESS.COM

Le gouvernement français demande à Uber de rendre des comptes. Des représentants de la plateforme américaine de solutions de déplacements — VTC, trottinettes, vélos — et de services — Uber Eats — rencontrera jeudi la secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité femmes/hommes Marlène Schiappa pour s'expliquer après une série de plaintes de clientes en France. "Il faut qu'Uber rende des comptes", déclare la ministre à l'AFP. "Lors de cette réunion, nous allons prendre au cas par cas les histoires qui me sont remontées et parler, au global, de ce qui est mis en place pour les femmes qui utilisent Uber". 

Il y a quelques semaines, des internautes ont commencé à appeler à boycotter Uber en France après la suppression de témoignages d'agressions sexuelles par des chauffeurs. Ces réactions sur les réseaux sociaux sont intervenues après les plaintes de deux étudiantes à Strasbourg, assurant avoir été victimes du même chauffeur Uber. Avoir supprimé les commentaires "est inacceptable", reconnaît Steve Salom, patron d'Uber France. "C'est un système de modération automatisé qui a malheureusement effacé les tweets", explique-t-il à l'AFP, avoir "immédiatement arrêté d'utiliser ce système".

700 témoignages

La "multitude de témoignages" de victimes de chauffeurs Uber dépeignent "une situation très préoccupante", déclare la secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité femmes/hommes. "Certaines n'avaient jamais eu de réponse de la part d'Uber, il n'y a rien de pire que de prendre son courage à deux mains pour témoigner et de ne pas avoir de réponse." Anna Toumazoff, "influenceuse" et militante féministe, a lancé la semaine dernière le mot-clé #Ubercestover. Depuis, "j'ai reçu 700 témoignages": des femmes "harcelées, agressées, violées" par des chauffeurs Uber alors qu'elles "voulaient simplement rentrer en sécurité", raconte-elle.

Cette mise en demeure du gouvernement français intervient après la révélation jeudi par Uber que 5 981 agressions sexuelles (attouchements, tentatives d'agression, viols) ont été rapportées par des utilisateurs ou des conducteurs de son service, ainsi que des tiers, aux Etats-Unis en 2017 et 2018. Le groupe américain avait précisé que cela représentait "0,00002% des courses". "Bien que rares, ces signalements représentent tous un individu qui a partagé une expérience très douloureuse. Même un seul signalement serait un signalement de trop", déplorait aussi Uber.

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