Download_on_the_App_Store_Badge_FR_RGB_blk_100517

Mars abriterait au moins deux anciens réservoirs d'eau souterrains

  • Recevoir tous les articles sur ce sujet.

    Vous suivez désormais les articles en lien avec ce sujet.

    Ce thème a bien été retiré de votre compte

Mars abriterait au moins deux anciens réservoirs d'eau souterrains
Image en gros plan d'un cratère d'impact "frais" (à l'échelle géologique, mais assez ancien à l'échelle humaine) dans la région de Sirenum Fossae sur Mars le 30 mars 2015. © NASA/JPL/University of Arizona

De nombreuses zones d'ombres existent encore dans l'histoire de l'eau sur Mars. On sait que la planète rouge — aujourd'hui aride et froide — n'a rien à voir avec ce qu'elle était autrefois, il y a des milliards d'années — chaude et humide, avec des fleuves. Une nouvelle étude publiée dans la revue Nature Geoscience, le 30 mars 2020, vient apporter sa pierre à l'édifice. Les chercheurs ont découvert au moins deux anciens réservoirs d'eau qui ont pu être préservés sous la surface martienne, avec des compositions chimiques différentes. Cette découverte montre que le manteau martien ne serait pas formé à partir d'un unique océan de magma global, comme c'est le cas sur Terre.

"Ces deux sources d'eau différentes à l'intérieur de Mars pourraient nous renseigner sur les types d'objets qui étaient disponibles pour se fondre dans les planètes rocheuses intérieures", a déclaré Jessica Barnes, principale auteure de l'étude et chercheuse au Lunar and Planetary Laboratory à l'Université de l'Arizona. Et d'ajouter : "ce contexte est également important pour comprendre l'habitabilité passée et l'astrobiologie de Mars".

Pour parvenir à ces conclusions, l'équipe de chercheurs dirigé par Jessica Barnes a réalisé une analyse de la composition chimique de deux météorites particulières retrouvées sur Terre mais provenant avec certitude de la croûte martienne : la météorite Allan Hills 84001 (à l'origine d'une controverse dans les années 1990 pour avoir prétendument contenu des microbes martiens) et Black Beauty (alias Northwest Africa 7034). Ils se sont intéressés à l'hydrogène, l'un des composants de l'eau.

Après analyse, ils ont constaté que les échantillons avaient une composition d'isotopes d'hydrogène similaire, et que celle-ci était également similaire à celle de matériaux plus récents de la croûte martienne. Ils ont ainsi conclu que la composition de l'eau n'avait pas changé au cours des 3,9 milliards d'années passées. Mais en comparant leurs nouveaux résultats avec de précédentes études sur les isotopes d'hydrogène dans les météorites provenant du manteau martien, les chercheurs ont remarqué qu'on pouvait distinguer au moins deux groupes de roches. Soit deux signatures chimiques, d'où au moins deux réservoirs d'eau distincts, non mélangés, dans le manteau martien.

Des inconnues dans l'histoire de Mars subsistent toujours, "même si l'on avance à pas comptés. Chaque nouvelle mission apporte son lot de découvertes et l'on s'approche d'un récit qui tient à peu près la route, avec, certes, des zones d'ombre notamment cette question centrale : 'est-ce que l'environnement martien primitif est un environnement propre à la stabilité de l'eau en surface et surtout d'une eau telle qu'on la connaît sur Terre, autrement dit où la vie est capable de se développer ?'. Car on pourrait s'imaginer une eau avec des composés soufrés, théoriquement peu favorable à la vie telle qu'on la connaît ici", avait expliqué à Business Insider France Franck Montmessin, directeur de recherche au laboratoire LATMOS (Laboratoire Atmosphères, Milieux, Observations spatiales) du CNRS.

A lire aussi — Mars : des chercheurs ont découvert l'existence passée de fleuves plus abondants que sur Terre

Découvrir plus d'articles sur :