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Covid-19 : même une brève rencontre avec une personne infectée pourrait vous contaminer

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Covid-19 : même une brève rencontre avec une personne infectée pourrait vous contaminer
© Wikimedia Commons

La façon dont peut se transmettre le coronavirus entraînant la maladie du Covid-19 nourrit de nombreux fantasmes et a déjà fait l'objet de multiples études. L'une d'entre elles, publiée le 21 octobre 2020, n'est pas de nature à rassurer. Elle tend à montrer que même de brèves rencontres avec des personnes porteuses de la maladie peuvent entraîner une contamination. Le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), aux Etats-Unis, a en effet signalé qu'un agent dans un établissement correctionnel du Vermont, au nord-est du pays, avait été infecté après une exposition rapide à plusieurs détenus, rapporte Santé Magazine.

Cet agent a eu des interactions avec 22 détenus au total, asymptomatiques mais dont six ont été testés positifs au Covid-19. Si lui portait un masque, ce n'était pas le cas de tous les prisonniers lors des échanges en cellules ou dans une salle de loisirs. Les rencontres ont chacune été de moins d'une minute, avec le respect d'une distance d'au moins 1,80 mètre. Le tout sur une durée cumulée de 17 minutes. Le temps passé au total au contact de détenus a pu être évalué grâce aux séquences vidéo lors de la journée de travail de l'agent, le 28 juillet.

Plus de 15 minutes cumulées d'interactions

Le garde n'a donc jamais été 15 minutes consécutives à moins de 1,80 mètres d'un détenu testé positif — critères jusque-là retenus par la CDC pour définir "un contact étroit à risque". "Mais ces nombreuses brèves rencontres ont dépassé cumulativement 15 minutes", relèvent les auteurs de l'étude. Il aurait été contaminé sept jours avant le début de sa maladie — confirmée par un test virologique — qui a notamment provoqué chez lui une perte d'odorat et de goût, des douleurs musculaires (myalgie), de la toux, de l'essoufflement, ainsi qu'une perte d'appétit et des maux de tête.

L'agent n'a signalé aucune autre exposition connue de contact étroit avec des personnes contaminées en dehors du travail, ni voyagé lors des 14 jours précédant l'apparition de la maladie. Il aurait donc bien été infecté suite à une brève interaction ou une accumulation de courtes rencontres dans la prison.

Les 'contacts étroits' redéfinis

Les auteurs de l'étude considèrent que "les responsables de la santé publique devraient tenir compte du risque de transmission via un temps d'exposition cumulatif dans les établissements correctionnels", rapporte Santé Magazine. La CDC a donc revu sa définition d'un "contact étroit".

"Ce changement souligne l'importance d'une distanciation sociale vigilante, même des interactions multiples et brèves peuvent poser un risque", estime dans le Washington Post l'épidémiologiste Caitlin Rivers, du Johns Hopkins Center for Health Security, précise encore le mensuel. "Il est facile d'accumuler 15 minutes de contacts lorsque vous passez toute la journée dehors : quelques minutes à la fontaine à eau, quelques minutes dans l'ascenseur, etc ... Je m'attends à ce que cela aboutisse à ce que beaucoup plus de personnes soient identifiées comme des contacts étroits", ajoute-t-elle.

De quoi inciter à redoubler de vigilance.

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