Météo, eau, séisme... Ce que l'on sait actuellement de la planète Mars en 17 photos

La NASA a trouvé une dune de sable magnifique sur Mars. NASA

Que ce soit les Etats-Unis, la Chine ou encore l'entrepreneur tech Elon Musk, tous semblent rêver de faire atterrir des humains sur Mars. Et ce pour diverses raisons. Parvenir à envoyer des humains sur une planète lointaine, située à 76 millions de kilomètres de nous, serait une prouesse technologique en matière d'exploration spatiale. Ensuite, la planète rouge tant convoitée est considérée comme une version simplifiée de la Terre : en savoir plus sur sa formation permettrait de mieux comprendre l'histoire des origines de la Terre. Enfin, se pose la question de la possibilité d'une vie extraterrestre sur la planète rouge dans le passé et peut-être même aujourd'hui, sans oublier les ressources in situ potentielles qu'elle pourrait offrir.

Du programme Viking des années 1970 à la sonde InSight qui a récemment atterri sur la surface martienne, en passant par les rovers Opportunity et Curiosity de la NASA, tous ont permis d'apprendre de nouvelles choses sur la planète rouge. Mais nous sommes encore loin de connaître et de comprendre tout sur Mars, comme l'avait expliqué Laura Kerber, chercheuse au sein du "Jet Propulsion Laboratory" de la NASA, spécialiste de géomorphologie de la planète Mars, à Business Insider France : "chaque fois qu'on regarde Mars, on voit la planète sous une certaine résolution d'images et on se dit 'c'est bon, je crois avoir compris ce qui se passe là'. Puis, une nouvelle génération de satellites arrive et vous prenez de nouvelles photos avec une meilleure résolution et là, vous vous dites 'je n'ai aucune idée de ce qui se passe en fait'. Les gens pourraient se dire que nous connaissons Mars depuis un moment et que nous avons levé le mystère sur tous les problèmes majeurs, mais ce n'est pas le cas."

On ne connaît toujours pas, par exemple, la structure interne de la planète rouge. Les scientifiques espèrent que les données récoltées par le sismomètre SEIS actuellement installé sur Mars vont pouvoir répondre en partie à cette question. Par ailleurs, on ne comprend toujours pas pourquoi Mars est devenu un lieu froid, désertique et aride alors qu'il y a au moins 3,6 milliards d'années, on pouvait y trouver des lacs. 

Beaucoup de questions demeurent encore concernant Mars mais ces 17 photos montrent ce que nous savons principalement sur cette planète, grâce aux différentes missions spatiales. 

Le programme Viking — qui a posé les premiers engins spatiaux sur Mars en 1976 — a permis de fournir une large couverture photographique de la surface de Mars (volcans, plaines de lave, canyons immenses, formations géologiques créées par le vent...), mais aussi des deux satellites Phobos et Déimos orbitant autour de la planète rouge. Pour la première fois, des échantillons sont prélevés et ont permis d'étudier le climat, la composition atmosphérique... 

Preuve de présence de glace sur Utopia Planitia, une vaste plaine de la planète Mars s'étendant dans l'hémisphère nord sur environ 3 200 km. NASA

La température moyenne annuelle est d'environ -63°C contre 14°C pour la Terre. Mais les écarts thermiques journaliers sont importants, allant de -140°C à 30°C. Cela peut s'expliquer par l'absence d'océans et la composition de l'atmosphère martienne. Celle-ci est principalement composée de dioxyde de carbone (environ 96 %), avec de faibles quantités d'autres gaz comme l'argon (2%) et l'azote (2%). L'atmosphère est cependant très mince et la pression atmosphérique à la surface de Mars ne représente qu'environ 0,6% de celle de la Terre. 

Source : NASA

La mission MAVEN a confirmé le rôle du vent solaire dans la transformation de l'atmosphère martienne, composée à 96% de dioxyde de carbone. Les mesures montrent que 100 grammes d'atmosphère ont été arrachés chaque seconde par le vent solaire, et que ce volume a considérablement augmenté à chaque éruption solaire.

Illustration d'artiste d'une tempête solaire frappant Mars et dépouillant la haute atmosphère de la planète d'ions. NASA/GSFC

Parmi les autres découvertes faites par la mission MAVEN, on peut citer l'observation des sous-produits de la poussière interplanétaire présente dans l'atmosphère martienne.

Source : NASA

La sonde Mars Global Surveyor a révélé des dépôts brillants dans deux ravins sur Mars. Ce sont les preuves les plus solides à ce jour que l'eau coule encore occasionnellement à la surface de Mars, lors de brefs épisodes.

NASA/JPL/Malin Space Science Systems

Source : NASA

Un lac d'eau liquide fortement salée d'environ 20 km de diamètre a été découvert sous la surface de glace du pôle sud de Mars. Il s'agit de la première fois qu'un lac d'eau liquide aussi large a été observé. Lors de l'annonce faite en juillet 2018, les scientifiques ont souligné qu'il faudrait encore des années pour savoir si une quelconque forme de vie vit dans ce lac, peut-être grâce à une prochaine mission qui forerait la glace pour obtenir des échantillons de l'eau située en-dessous.

Surface de glace du pôle sud. NASA

Source : Science

En 2004, les rovers jumeaux Spirit et Opportunity de la NASA — tous deux hors service respectivement depuis mars 2010 et mi-février 2019 — ont trouvé des preuves confirmant qu'autrefois, on pouvait trouver de l'eau en surface sur Mars. 

Il y avait de l'eau autrefois sur Mars. YouTube/Nasa Goddard

Source : NASA

Mars avait autrefois un champ magnétique global comme celui de la Terre, permettant de protéger la surface des rayons cosmiques mortels. Cette découverte a été faite par la sonde de la NASA Mars Global Surveyor, en orbite autour de Mars de 1997 à 2006.

Sur Mars, la direction du champ magnétique change radicalement. NASA

Source : NASA

Le rover Spirit a ramassé de la terre et a trouvé de la silice pure à 90% sur le plateau nommé "Home Plate". Sur Terre, ce type de silice existe dans les sources d'eau chaude. Une nouvelle preuve qu'autrefois, des microbes auraient pu vivre sur Mars.

Le plateau "Home Plate" dans les "Columbia Hills." NASA/JPL-Caltech/Cornell

Source : NASA

En 2012, le rover Curiosity arrive au cratère Gale et trouve des conditions qui étaient autrefois propices à une vie microbienne sur Mars. Cette photo prise par Curiosity de la formation "Kimberley" montre par exemple l'existence passée d'un écoulement d'eau vers un bassin qui existait avant la formation de la plus grande partie de la montagne.

Une vue de la formation "Kimberley" sur Mars prise par le rover Curiosity de la NASA. Les strates au premier plan sont inclinées vers la base du mont Sharp, indiquant un écoulement d'eau vers un bassin qui existait avant la formation de la plus grande partie de la montagne. NASA/JPL-Caltech

Source : NASA

Le rover a aussi repéré, en septembre 2012, des graviers et cailloux provenant du lit d'un ancien ruisseau à la base du mont Sharp. "La forme de ces graviers révèle qu'ils ont été transportés et leur taille confirme qu'ils n'ont pas été transportés par le vent mais par le flot de l'eau", avait souligné Rebecca Williams du Planetary Science Institute à Tucson (Arizona), membre de l'équipe scientifique de Curiosity.

Cet ensemble d'images compare des roches trouvés par Curiosity sur Mars (à gauche) avec des roches similaires observées sur Terre (à droite). L'image montre des fragments de graviers arrondis. NASA/JPL-Caltech/MSSS and PSI

Source : NASA

Depuis mars 2019, on sait également que Mars abritait des fleuves plus abondants que ceux que l'on peut trouver sur Terre aujourd'hui, et ce pendant une bien plus longue période que ce que les scientifiques imaginaient jusqu'à présent. Ces fleuves auraient été remplis d'eau sur une période allant de 3,4 milliards à 2 milliards d'années.

Cette image composite, prise à l'aide de deux instruments du Mars Reconnaissance Orbiter de la NASA, montre l'ancien delta de la rivière Jezero. NASA/JPL

Source : Sciences Advances

Grâce au rover Opportunity, nous savons qu'il existe des nuages sur Mars ayant une apparence semblable aux cirrus — type de nuages présents dans la couche supérieure de la troposphère formés de cristaux de glace — de la Terre. Ils seraient composés de particules de glace d'eau de l'ordre de plusieurs micromètres de longueur. Le rover les a observés au début de l'hiver martien en novembre 2004.

NASA/JPL-CALTECH

Source : NASA

Les différentes missions spatiales ont permis de mieux connaître la géologie martienne. On sait entre autres que la croute de la planète contiendrait deux fois plus de potassium que la croute terrestre et que celle-ci est composée de plusieurs strates sur une épaisseur pouvant atteindre 10 km ou plus, que toute la surface de Mars est recouverte par un sol d'origine volcanique. On a aussi découvert la présence de traînées noires laissées par les tourbillons de poussière.

Traînées noires laissées par des tourbillons de poussière sur Mars. NASA/JPL/University of Arizona

Source : NASA 

Le rover Opportunity a parcouru la planète rouge pendant plus de 15 ans. Pendant son périple, il a détecté, en 2005, une météorite de fer, la première identifiée sur une autre planète.

NASA/JPL/Cornell

Source : NASA

La concentration de méthane sur Mars diffère selon les saisons. Le méthane est important dans la recherche de la vie extraterrestre parce qu'il peut suggérer la présence de vie — 95% du méthane sur Terre est produit par des processus biologiques et le composé ne dure pas plus de 300 ans.

Le méthane martien détecté pendant l'été septentrional de la planète. Les zones jaunes-rouges présentent des concentrations plus élevées dans l'atmosphère, les zones bleues-violettes des concentrations plus faibles. NASA

Les niveaux de méthane dans l'hémisphère nord de Mars partent d'un minimum de 0,24 particules par milliard au printemps, puis ont presque triplé pour atteindre un maximum de 0,65 particules par milliard à la fin de l'été. Les températures sur Mars varient entre 30 degrés Celsius, à leur plus haut, et -140 degrés à leur plus bas (près des pôles), ainsi les chercheurs pensent que les changements de saisons sont à l'origine des variations des niveaux de méthane.

Source : NASA

Grâce aux données récoltées par Opportunity, des chercheurs ont utilisé des algorithmes pour attribuer un ton et une mélodie à une image montrant un lever de soleil sur Mars. Vous pouvez écouter le son d'un lever du Soleil sur Mars ici.

Lever du soleil sur Mars. Pixabay

Source : Anglia Ruskin University

La NASA a annoncé fin décembre 2018 la découverte d'une dune de sable de couleur bleu électrique dans la région où se trouve Lyot, un grand cratère sur Mars connu pour son sol à motifs — d'où viennent ses motifs particuliers. "Elle est faite d'un matériau plus fin et/ou a une composition différente par rapport aux autres dunes à proximité", a dit l'agence spatiale américaine.

La NASA a trouvé une dune de sable magnifique sur Mars. NASA

Source : NASA

Il existe une activité sismique sur Mars. Le sismomètre SEIS a détecté le premier tremblement martien le 6 avril 2019 et le son produit est disponible ici. Ce premier signal est "semblable aux signaux sismiques captés à la surface de la Lune lors des missions Apollo", a commenté le CNES.

L'instrument SEIS en train d'être déployé par la sonde InSight sur Mars, le 19 décembre 2018. NASA/JPL

Source : CNES


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