Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire et le PDG de Renault Carlos Ghosn, avant la visite de l'usine de Maubeuge, en France, le 8 novembre 2018. Etienne Laurent/Pool via REUTERS

Bruno Le Maire s'est prononcé ce matin, au micro de franceinfo, pour la mise en place d'une direction intérimaire à la tête du groupe Renault, alors que son PDG, Carlos Ghosn, est toujours en garde à vue à Tokyo mardi matin.

"La priorité, c'est la stabilité de Renault et la stabilité de l'alliance entre Renault et Nissan", a déclaré le ministre de l'Economie.

Il souhaite donc que le constructeur automobile, dont l'Etat français est actionnaire à hauteur de 15,01%, trouve rapidement un patron pour assurer l'intérim.

"Il faut une gouvernance intérimaire [...] puisqu'aujourd'hui M. Ghosn est empêché de diriger l'entreprise", a-t-il dit, rappelant que Renault dispose d'un directeur général délégué en la personne de Thierry Bolloré, "qui est de grande qualité". Le dirigeant, depuis 2012 chez le constructeur automobile après être passé par Faurecia et Michelin, a été nommé numéro deux du groupe par Carlos Ghosn en vue de prendre à terme sa succession.

Si Bruno Le Maire constate que Carlos Ghosn "n'est de fait plus en état de diriger le groupe", il ne compte pas demander son départ formel au conseil d'administration. Il invoque une raison simple: "nous n'avons pas de preuve et nous sommes dans un Etat de droit". 

Le ministre a une matinée chargée sur le dossier Renault:

  • Il va recevoir l'administrateur de référence du groupe, Philippe Lagayette et les représentants de l'Etat au conseil d'administration de Renault pour "leur demander de mettre en place immédiatement une gouvernance intérimaire".
  • Il doit contacter le ministre de l'Economie japonais pour lui demander "tous les éléments qui ont été fournis par Nissan à la Justice japonaise", afin de savoir exactement de quoi est accusé Carlos Ghosn.

Le constructeur japonais Nissan a annoncé lundi qu'il comptait écarter le dirigeant français de la présidence de son conseil d'administration, l'accusant notamment de fraude financière.

Renault réunira quant à lui son conseil d'administration mardi soir pour discuter du remplacement temporaire de son PDG tant qu'il restera incarcéré au Japon, a déclaré à Reuters des sources proches du dossier.

Selon BMF Business, les fonctions de PDG devrait être dissociées. La direction générale du groupe devrait être confiée à Thierry Bolloré et un président non-exécutif devrait assurer les relations entre Renault, son partenaire Nissan et l'Etat.

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