L'achat d'un bien immobilier prend souvent des mois et demande de se conformer à un certain nombre de formalités administratives. Entre la recherche du bien, la concurrence des autres acheteurs, les négociations éventuelles sur le prix d'acquisition et le travail de comparaison des offres de prêts accordés par les différentes banques, ceux qui veulent devenir propriétaires n'ont généralement qu'une envie: boucler enfin leur financement et obtenir la signature chez le notaire. 

Résultat, l'assurance emprunteur est souvent négligée. D'autant plus par les jeunes acquéreurs, généralement en bonne santé et qui accordent peu d'importance aux risques couverts par l'assurance de prêt. Celle-ci permet d'être assuré en cas de décès, d'invalidité ou de perte d'emploi, l'assureur prenant le relais pour rembourser les échéances de prêt, en partie ou en totalité, si l'un de ses événements malheureux survient. Les jeunes emprunteurs souscrivent généralement l'assurance de prêt proposée par la banque prêteuse. Pas forcément le meilleur choix financier. Heureusement, il est aujourd'hui facile d'en changer.

L'évolution de la législation au cours des dernières années a facilité cette possibilité. La loi Hamon tout d'abord, entrée en vigueur en juillet 2014, permet de changer d'assurance de prêt tout du long de la première année du contrat. L'amendement Bourquin ensuite, entrée en vigueur en janvier 2018, permet de changer d'assurance chaque année, en adressant une lettre recommandée au moins deux mois avant la date anniversaire du contrat. 

Selon le courtier en prêt immobilier Empruntis, voici les gains qu'il est possible d'engendrer grâce à la résiliation de son assurance souscrite auprès de la banque et la signature d'un contrat chez un autre assureur, deux ans après le début du prêt :

Calculs réalisés par Empruntis/Tableau Business Insider France

"Des gains significatifs peuvent être réalisés", souligne Cécile Roquelaure, directrice de la communication et des études d'Empruntis. Un couple de 30 ans, dont le montant des mensualités est couvert à hauteur de 75% en cas de difficultés à payer suite par exemple à une perte d'emploi, pourra ainsi économiser plus de 38 euros par mois en souscrivant à une offre chez un autre assureur. Et ce pendant 18 ans, dans le cas d'un prêt contracté sur 20 ans avec une délégation d'assurance effectuée au bout de deux ans.

Des équivalences à respecter

Pour pouvoir réaliser cette délégation, c'est-à-dire opter pour une autre assurance de prêt que celle proposée par l'établissement bancaire où vous avez obtenu un crédit, le nouveau contrat devra présenter des équivalences en termes de garanties, au risque sinon d'essuyer un refus de la banque:

  • Il devra comporter 11 critères choisis par l'établissement bancaire sur les 18 inclus dans la liste du Comité consultatif du secteur financier (CCSF) et qui concernent le décès, l'invalidité et l'incapacité de travail. Parmi ces critères, on retrouve par exemple la couverture des sports amateurs et des affections dorsales, le maintien de la couverture en cas de déplacement dans le reste du monde, ou encore le délai de franchise.
  • Le contrat devra également présenter 4 garanties relatives à la perte d'emploi, sélectionnées cette fois-ci dans une liste de 8 critères du CCSF, comme la durée d'indemnisation ou le délai de carence avant que l'indemnisation ne commence. 

Des garanties sur-mesure

Au-delà des économies réalisées, changer d'assurance emprunteur permet parfois de bénéficier de meilleures garanties. "Le choix des banques n'est pas toujours pertinent", relève Cécile Roquelaure. Contrairement à l'assurance de groupe de la banque, la délégation d'assurance de prêt est un contrat individuel, permettant de personnaliser certaines garanties.

"Si vous pratiquez des activités à risque, comme le sport mécanique en compétition ou le saut en parachute, il ne faut surtout pas oublier de les déclarer", précise notamment l'experte de chez Empruntis. Des garanties pourront alors couvrir ces activités en cas de souci. "Les jeunes regardent généralement plus le tarif de l'assurance, mais il y a parfois des accidents, il faut se projeter sur les risques", insiste-t-elle.

Ne pas s'y prendre au dernier moment

Cécile Roquelaure invite par ailleurs à faire preuve de vigilance pour changer d'assurance de prêt. "Mieux vaut s'y prendre quatre mois avant la date anniversaire du contrat." Un temps suffisant pour s'assurer que la demande de délégation sera bien prise en compte et acceptée par la banque. Les établissements bancaires ne peuvent prélever de frais pour un changement d'assurance. Mais dans les faits, "certaines banques appliquent des frais d'avenant au contrat de prêt lors de l'intégration du nouveau contrat d'assurance", confie Cécile Roquelaure.

Les courtiers, comme Empruntis, Magnolia ou encore Meilleurtaux, sont souvent de bon conseil pour les emprunteurs. Ils proposent des outils en ligne pour réaliser des simulations dans l'optique d'une délégation d'assurance. Leur coût est bien souvent neutre dans la mesure où ils se rémunèrent auprès des assureurs avec lesquels ils signent des partenariats.

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