Mounir Mahjoubi a payé pour être testé par l'Ifop, il estime la polémique 'absurde'

Mounir Mahjoubi, en 2017. Cybermalveillance.gouv.fr/Flickr

Mounir Mahjoubi, le secrétaire d'Etat au Numérique, va devoir s'imposer pour devenir le candidat La République en marche pour les élections municipales à Paris. C'est pourquoi il fourbit ses armes. Il aurait ainsi payé 1 000 euros à l'Ifop afin d'être testé dans le tableau de bord des personnalités commandé par Paris Match il y a deux semaines, selon Le Parisien. Une information déjà rapportée quelques jours plus tôt par le JDD. Contacté par Business Insider France, le secrétaire d'Etat confirme mais estime que la polémique est "absurde". "J'ai payé sur mes deniers personnels pour être testé en parallèle d'un sondage", explique-t-il. "Ça ne change rien à l'indépendance du sondage principal".

Concrètement, Mounir Mahjoubi a profité de l'enquête mensuel de l'Ifop — qui porte sur une cinquantaine d'hommes et femmes politiques — pour demander à l'institut de poser des questions à son sujet à l'échantillon. Les résultats concernant le prétendant à la mairie de Paris n'ont pas été intégrés aux conclusions publiées sur le site de l'Ifop et de Paris Match. "Toutes les personnalités publiques font ce type de sondages techniques, ça permet de savoir où elles en sont sur leur notoriété", assure Mounir Mahjoubi. "C'est quelque chose de très habituel". Il n'empêche, les équipes du candidat en auraient profité pour rédiger une note résumant les enseignements positifs de ce sondage, envoyée ensuite aux journalistes. "Oui, on a fait une analyse en quelques phrases disant ce qu'on en retenait mais je l'ai uniquement envoyé aux deux journalistes qui me l'ont demandée", affirme Mounir Mahjoubi. D'après lui, pas de quoi créer une polémique...

Le mois dernier, c'est un autre sondage qui avait fait parler au sein de La République en marche. Le parti avait commandé une enquête à l'institut ViaVoice dans lequel Benjamin Griveaux était le seul candidat LREM testé. Les autres prétendants, dont Mounir Mahjoubi, n'avaient eu connaissance de l'existence de ce sondage que bien après, dans la presse. "Il n'y a aucun problème à ce sujet", préfère évacuer aujourd'hui le secrétaire d'Etat. Et lorsqu'on l'interroge sur la proximité des deux affaires, il rétorque : "ça n'a rien à voir, que ce soit en argent investi, en volume de questions et en intérêt du sondage". 

Les candidats LREM dans un mouchoir de poche

En attendant que le candidat officiel de LREM pour les municipales à Paris soit choisi, un autre sondage rappelle que rien n'est encore fait. Le parti présidentiel se placerait en seconde position dernière Anne Hidalgo, mais il est encore difficile de départager les candidats LREM, à en croire l'enquête Ifop-Fiducial pour le JDD et Sud Radio publiée ce week-end. Ainsi, Benjamin Griveaux recueillerait 22% des suffrages (contre 24% pour Anne Hidalgo) quand Mounir Mahjoubi, comme Cédric Villani, inscrirait un score de 20% (contre 23% pour Anne Hidalgo). "Ce sondage ne me fait ni chaud, ni froid", réagit le secrétaire d'Etat au Numérique. "Tout est dans la marge d'erreur. La conclusion de ce sondage, c'est surtout que rien n'est joué, maintenant il faut faire campagne".

Justement, Mounir Mahjoubi assure qu'il quittera le gouvernement en juin s'il est choisi pour être candidat à Paris. Ou avant ? "Je peux partir demain si le Président pense qu'il faut que les deux candidats (lui et Benjamin Griveaux, ndlr) soient à l'extérieur du gouvernement", répond-il. "C'est le Président et le Premier ministre qui choisissent".

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