Le Brexit est déclenché. Des entreprises de biens de consommation devraient augmenter les prix pour faire face à la parité euro/livre sterling. REUTERS/Darrin Zammit Lupi

La Première ministre britannique Theresa May a enclenché mercredi la procédure de divorce avec l'Union européenne,

Le Royaume-Uni espère conclure un accord commercial de long terme n'entravant pas l'activité économique des entreprises installées sur place ou y exportant leurs produits.

Pourtant, plusieurs d'entre elles commencent à prendre position publiquement, oscillant entre inquiétude et confiance.

Certaines ont même déjà pris des initiatives en attendant la conclusion de négociations attendues dans les deux ans. 

L'inflation fait partie des premières conséquences assumées des entreprises.

Premier exemple, avec le groupe de spiritueux Pernod Ricard.

Avec la forte dévaluation de la livre consécutive au vote britannique sur la sortie de l'Union européenne, le Français a relevé ses prix en mars au Royaume-Uni pour protéger ses marges.

Très présente sur place avec sa production de whisky Chivas Regal et de gin Beefeater, l'entreprise évoque dans une présentation mise en ligne sur son site une "hausse de l'inflation liée à la forte baisse de la livre sterling".

Il n'indique pas l'ampleur des hausses de prix effectuées.

Les ventes du groupe ont progressé de 7% au Royaume-Uni au premier semestre de son exercice décalé 2016-2017, avec une hausse de 9% pour ses marques internationales, de 6% pour ses vins et un recul de 2% pour ses champagnes.

Pour le champagne justement, les ventes en Grande-Bretagne, premier marché à l'export en volume, ont reculé de 8,7% à 31,2 millions de bouteilles, selon les chiffres publiés récemment. En valeur, la chute a atteint 14% à 440 millions d'euros. Et en 2017, les maisons françaises devraient augmenter sensiblement leurs prix en 2017 sur l'île pour compenser, en partie, leurs pertes de change ou de volume d'affaires.

C'est l'avis de la maison Bollinger par exemple pour qui les tarifs pourraient monter de 3% à 7%.

Une opportunité pour Suez

Pour Suez, le Brexit devrait avoir des effets positifs sur son activité au Royaume-Uni dans la mesure où le gouvernement britannique envisage de gérer à l'avenir sur le territoire national des déchets aujourd'hui exportés, selon un responsable du groupe français.

Jean-Marc Boursier, directeur général adjoint de Suez en charge de l'activité Recyclage et valorisation en Europe. a déclaré à Reuters que le Royaume-Uni exportait aujourd'hui quelque 19 millions de tonnes de déchets et souhaitait "réinternaliser une partie de ces flux".

"Nous sommes convaincus que ça donnera d'autres opportunités à Suez, dans les années qui viennent, de continuer à augmenter et améliorer son maillage territorial (au Royaume-Uni), donc nous aurons de très belles usines à construire dans les années qui viennent", a-t-il ajouté.

Suez dispose de plusieurs unités de valorisation énergétique (UVE) - qui transforment les déchets en électricité, chaleur ou vapeur - au Royaume-Uni qui a représenté 7,0% de son activité en 2016, soit un chiffre d'affaires d'environ 1,1 milliard d'euros.

Ryanair menace la fermeture de liaisons européennes

La compagne aérienne britannique Ryanair a prévenu mercredi qu'elle ne pourrait plus assurer de vols entre la Grande-Bretagne et le reste de l'Europe si Londres n'acceptait pas un nouvel accord aérien dans le cadre de la procédure de divorce avec l'Union européenne dont le coup d'envoi est donné ce mercredi.

Avec la sortie de la Grande-Bretagne du système "ciel ouvert" de l'Europe, le pays devra négocier un accord bilatéral avec l'UE pour permettre la poursuite de vols commerciaux entre les deux, rappelle la compagnie irlandaise à bas coûts .

"Cela devient inquiétant de constater que le gouvernement britannique semble n'avoir aucun plan B pour conserver un régime libéralisé de transport aérien avec l'Europe, en l'absence d'un maintien dans les accords de 'ciel ouvert'", a déclaré Kenny Jacobs, le directeur marketing de Ryanair.

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