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Netflix a gagné des abonnés pendant le confinement mais déçoit Wall Street

Netflix a gagné des abonnés pendant le confinement mais déçoit Wall Street
Ted Sarandos, le nouveau co-directeur général de Netflix, en septembre 2019 à New York. © Taylor Hill/FilmMagic via Getty Images

Netflix recrute encore des abonnés, mais ne satisfait pas Wall Street pour autant. Au deuxième trimestre 2020, le géant du streaming a gagné 10,1 millions d'abonnés, selon ses résultats publiés ce jeudi 16 juillet. Depuis le début de l'année, la plateforme a attiré au total 26 millions de nouveaux abonnés payants, alléchés par les milliers d'heures de programmes proposées par Netflix au moment où le Covid-19 forçait nombre d'entre eux à rester chez eux, fermait les salles de cinéma et annulait les événements sportifs.

C'est presque autant que les 28 nouveaux millions de membres captés sur l'ensemble de l'année 2019, remarque Netflix, qui compte désormais 192,95 millions d'abonnés. "Cependant, comme attendu, la croissance ralentit au fur et à mesure que les consommateurs se remettent du choc initial du Covid et des mesures de restriction", souligne le groupe, qui n'anticipe que 2,5 millions de nouveaux abonnés payants au troisième trimestre. En plus de cette prévision décevante, l'entreprise californienne a dévoilé des bénéfices inférieurs aux attentes.

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Netflix a certes plus que doublé ses profits au deuxième trimestre en gagnant 720 millions de dollars. Mais ajusté par action, la référence pour les investisseurs, le bénéfice s'élève à 1,59 dollar, là où les analystes anticipaient 1,81 dollar. A Wall Street, le titre a perdu plus de 12% de sa valeur dans les échanges électroniques d'après-Bourse avant de se reprendre un peu.

Pour Daniel Ives, de Wedbush Securities, cette péripétie n'est cependant qu'un "accroc temporaire" lié au fait que les attentes du marché étaient "exubérantes".

Ted Sarandos nommé co-directeur général

Les internautes ont notamment apprécié les séries "Mes Premières fois" de Mindy Kaling et "Space Force" avec Steve Carell.

Les émissions de télé-réalité "Love is blind", "Séduction haute tension" ("Too Hot to Handle") et le jeu "Floor is Lava" ont aussi beaucoup séduit, Netflix misant de plus en plus sur ce genre de contenus. "Nous essayons de devenir la destination de choix pour le divertissement. Ignorer un genre qui domine les programmes serait idiot", a remarqué jeudi le puissant directeur des contenus Ted Sarandos, qui vient par ailleurs d'être nommé co-directeur général de Netflix.

Côté films, "Da 5 Bloods" de Spike Lee, "Extraction" avec Chris Hemsworth et "The Wrong Missy" avec David Spade ont particulièrement bien marché.

Le groupe souligne par ailleurs reprendre "doucement" la production de contenus dans le monde après une pause pendant la pandémie. Des projets sont déjà bien repartis en Asie, dans quelques pays européens et en Amérique du Nord, même si "les tendances actuelles sur les nouvelles infections créent plus d'incertitude" aux Etats-Unis.

Dans la mesure où les temps de production sont assez longs, les lancements de shows et de films originaux prévus pour 2020 sont dans l'ensemble restés intacts, affirme Netflix. Pour 2021, le groupe anticipe que le nombre de sorties sera le même, mais qu'elles seront plus concentrées au deuxième semestre. Mais Netflix ne s'inquiète pas particulièrement de ce retard. "La pandémie et les pauses de production ont un impact similaire sur nos concurrents et nos fournisseurs", avance la plateforme.

Netflix voit TikTok comme un concurrent

La concurrence est pourtant devenue féroce entre Amazon Prime Video, Disney+, Apple TV+, HBO Max ou encore le récent Peacock de NBCUniversal. "De plus, la croissance de TikTok est hallucinante, démontrant ainsi la fluidité du divertissement sur internet", souligne l'entreprise en référence à l'application plébiscitée par les plus jeunes.

Mais la plateforme n'hésite pas à dépenser pour permettre aux internautes "de juste venir sur Netflix et de naviguer de succès en succès et ainsi ne jamais avoir l'idée d'aller sur un autre service", a souligné jeudi le patron et fondateur de Netflix, Reed Hastings.

"Même si le confinement est assoupli et que de nouveaux concurrents commencent à étendre leurs services, Netflix conservera son avance en tant que premier fournisseur de divertissement", prédit Eric Haggstrom, analyste pour eMarketer.

Le groupe ne dépend pas du sport, d'événements en direct ou de la publicité et contrairement à d'autres nouveaux venus sur le marché, n'a pas "à gérer le délicat équilibre entre la vente de contenus à des partenaires historiques ou la mise en ligne de contenus sur un nouveau service de streaming", remarque le spécialiste.

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