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Netflix, Microsoft, Slack... Pourquoi ces services pourraient être les gagnants de l'après-confinement

Netflix, Microsoft, Slack... Pourquoi ces services pourraient être les gagnants de l'après-confinement
Le confinement a forcé à revoir son rapport au travaiL Les entreprises vont-elles s'en saisir? © Ulrich Baumgarten/Getty Images

La récession mondiale consécutive à la pandémie de coronavirus pourrait être pire que celle qui a suivi la crise financière de 2008, a mis en garde en début de semaine la directrice générale du FMI Kristalina Georgieva au cours d'une téléconférence avec le G20. Et les entreprises des secteurs de la tech et des médias ne devraient pas échapper aux soubresauts de cette crise, tout du moins à court terme. Pour les plus petites — les startups — les gouvernements viennent à leur chevet. La France vient ainsi de leur promettre 4 milliards d'euros à travers un certain nombre d’aides ou de crédit d’impôts. Dans ce marasme économique ambiant — un mois de confinement se traduirait par 3 points de PIB en moins sur un an selon l'Insee en France — certaines valeurs boursières de la tech semblent mieux s'en sortir que d'autres. C'est le cas de Netflix et Microsoft par exemple.

Lundi 23 mars, la capitalisation boursière de Netflix a dépassé celle de Disney, rappelle Les Echos. Le numéro un mondial du streaming vidéo dépassait les 153 milliards de dollars contre 147 pour le géant du divertissement, qui malgré le lancement de Disney+ en Europe, — sauf en France où il est reporté au 7 avril — paie au prix fort la fermeture des parcs à thèmes et croisières, cinéma, etc. Pour les autres grandes plateformes tech, les situations sont plus contrastées. Depuis le 11 mars, et le passage de l'épidémie de coronavirus en pandémie selon l'OMS, les valeurs font le yoyo, au gré des annonces des institutions financières et des entreprises. Voici l'évolution des cours de bourse de plusieurs entreprises de la tech mondiales, au 26 mars 2020, avant l'ouverture à Wall Street :

  • Alphabet : -4,21% à 1101,62 dollars
  • Amazon : +12,47% à 1885,84 dollars
  • Apple : -5,39% à 245,52 dollars
  • Facebook : -4,11% à 156,21 dollars
  • Microsoft : +0,22% à 146,92 dollars
  • Netflix : +3,06% à 342,39 dollars
  • Slack : +6,11% à 25,88 dollars
  • Uber : +7,64% à 26,19 dollars

"Cette situation de crise ne bénéficie à personne, tempère Sylvain Chevallier, associé au sein du cabinet de conseil BearingPoint. Quand on regarde le cours des actions des GAFA, on ne peut pas dire dans l'ensemble qu'ils en profitent énormément. Netflix, Microsoft s'en tirent le mieux, Amazon aussi mais tous ont quand même des difficultés opérationnelles".

Pour Netflix, Microsoft, Facebook ou Google, ces difficultés sont liées à la maintenance de leurs data centers et au fait de s'assurer que les réseaux soient capables de gérer l'afflux gigantesque de connexion. Pour cela, ils ont tous entrepris de brider le débit des vidéos par exemple. Pour Amazon, il s'agit d'assurer les commandes prioritaires sur son site e-commerce alors que ses livreurs font partie des personnes les plus exposées au coranavirus et que sa main d'oeuvre peut manquer dans les entrepôts de préparation de commande. Aux États-Unis, le géant du e-commerce prévoyait d’embaucher 100 000 intérimaires.

De leurs côtés, à l'instar des sites internet gratuits ou des chaînes de télévision, les réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter ne peuvent profiter financièrement de la hausse du trafic : dans un contexte de crise économique, les entreprises rationalisent les dépenses et gèlent tout budget publicitaire.

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Le confinement, le vrai décollage du télétravail en entreprise?

Cependant, à moyen terme, ou en tout cas dans les mois qui suivent la sortie du confinement — qui touche près de 3 milliards de personnes dans le monde désormais— il pourrait y avoir des gagnants dans le secteur de la tech. Les applications dites "stay at home" qui permettent de rester chez soi pour travailler ou se divertir seront les plus regardées. Netflix fait évidemment partie de ceux-là avec le gain certain de millions de nouveaux abonnées dans le monde, l'un des indicateurs clés pour les investisseurs. Mais se sont surtout des applications B to B, qui permettent de faciliter le télétravail obligatoire, qui pourraient bénéficier des changements induits.

"Par la force des choses, il y a une explosion des utilisations d'outils collaboratifs comme Microsoft Teams ou Slack. Ces usages pourraient induire de réels changements d'habitudes au travail. Des entreprises vont se rendre compte qu'elles n'étaient pas prêtes à gérer une telle crise et en conséquence elles vont vouloir et devoir s'équiper. De l'autre, on aura des managers qui vont peut être saisir les changements induits par le tététravail, que leurs employés peuvent être efficaces avec, et la balance entre temps de transport et disponibilité. Ce seront des revenus assurés pour des services de gestion du télétravail", analyse Sylvain Chevallier.

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La résilience des télécoms

Enfin, l'un des secteurs qui pourrait le mieux passer la crise est celui des télécoms selon l'expert de la tech. Altice — propriétaire de SFR, Libération ou BFMTV — vient de publier d'excellents résultats financiers, avec des revenus en Europe approchant les 15 milliards d'euros en 2019, même s'il vient d'annoncer en interne son intention de mettre au chômage partiel une grande partie de ses 9 000 employés. "Les télécoms sont l'une des industries les plus résilientes, de par la manière dont ils engrangent des revenus récurrents, via les abonnements, et les services qu'ils rendent pendant le confinement. On a doublement besoin d'eux et de leurs réseaux". Mais le ciel ne sera pas complètement bleu pour les opérateurs : il leur faudra gérer une baisse attendue de leur activité commerciale, leurs boutiques étant tout simplement fermées depuis 10 jours en France.

Business Insider
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