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La justice a mis en examen Nicolas Sarkozy pour en savoir plus sur le financement présumé douteux de sa campagne de 2007

La justice a mis en examen Nicolas Sarkozy pour en savoir plus sur le financement présumé douteux de sa campagne de 2007
© REUTERS/Pascal Rossignol

Nicolas Sarkozy a été mis en examen mercredi soir par les juges d'instruction chargés de l'affaire du financement libyen présumé de sa campagne présidentielle de 2007, après deux jours de garde à vue.

L'ancien président, déjà en examen dans deux autres affaires, est poursuivi cette fois pour financement illicite de campagne électorale, corruption passive et recel de détournement de fonds publics libyens, précise cette source.

Il a en outre été placé sous contrôle judiciaire, ajoute la même source, selon laquelle "Nicolas Sarkozy nie les fait qui lui sont reprochés".

Il a dénoncé une "manipulation" face aux juges, selon des déclarations publiées jeudi par Le Figaro sur son site.

Défait en mai 2012 par François Hollande et battu lors de la primaire de la droite en 2016, Nicolas Sarkozy a toujours nié avoir bénéficié pour sa campagne victorieuse de 2007 d'argent du régime libyen de Mouammar Kadhafi, qu'il contribuera à renverser quatre ans plus tard.

Sa mise en examen signifie néanmoins que les juges estiment avoir assez d'"indices graves et concordants" pour poursuivre les investigations.

Voici ce que cherchent notamment à savoir le juge d'instruction Serge Tournaire — qui intervient également dans d'autres investigations visant l'ancien chef de l'Etat — et ses collègues Aude Buresi et Clément Herbo:

  • Ils voudraient entendre un intermédiaire, l'homme d'affaires français d'origine algérienne Alexandre Djouhri, qui nie cependant toute implication dans cette affaire. Les autorités françaises ont émis un mandat d'arrêt européen contre cet homme aujourd'hui détenu en Grande-Bretagne, qui refuse d'être extradé en France.
  • Des cadres et militants de l'UMP ont fait état de la circulation d'enveloppes de liquide pendant et après la campagne électorale de 2007. Les enquêteurs aimeraient bien comprendre son origine.

La justice française dispose notamment de déclarations d'anciens dignitaires du régime Kadhafi évoquant le versement d'argent à Nicolas Sarkozy, comme l'ex-patron du renseignement militaire libyen Abdallah Senoussi ou un proche collaborateur de Mouammar Kadhafi, Bechir Saleh, récemment blessé par balle en Afrique du Sud.

Elle dispose également d'un carnet de l'ancien ministre libyen du pétrole, Choukri Ghanem, retrouvé mort dans le Danube le 29 avril 2012, à Vienne.

Nicolas Sarkozy était entendu depuis mardi matin dans les locaux de la police judiciaire de Nanterre (Hauts-de-Seine) par des agents de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF).

C'était la première fois qu'il était entendu dans ce dossier depuis l'ouverture, en avril 2013, d'une information judiciaire pour corruption active et passive, trafic d'influence, faux et usage de faux, abus de biens sociaux et blanchiment, complicité et recel de ces délits.

Business Insider
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