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Nintendo, Atari, Sega... 7 consoles cultes qui ont marqué l'histoire des jeux vidéo

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Nintendo, Atari, Sega... 7 consoles cultes qui ont marqué l'histoire des jeux vidéo
La Mega Drive, ancienne console phare de Sega. © Wojciech Pędzich/Wikimedia Commons/CC

À l'heure de la 4K, des parties diffusées sur Twitch en direct et du cloud gaming, le jeu vidéo sur console est dominé par trois géants : Nintendo, Sony et Microsoft. Mais cela n'a pas toujours été le cas, et l'histoire de cette industrie a connu bien des chamboulements. Certains acteurs historiques ont périclité, de nouveaux venus ont réussi à s'imposer en révolutionnant le marché tandis que quelques outsiders ont tenté leur chance sans succès.

Pour revenir sur 40 années d'histoire du jeu vidéo, Business Insider France a décidé de s'intéresser à sept consoles cultes. Cultes parce qu'elles ont accompagné des millions de joueurs, parce qu'elles ont marqué les puristes de l'époque, ou bien parce qu'elles ont été la cible des moqueries de toute une génération. Des machines qui font partie de notre patrimoine culturel et que l'association MO5.com cherche à valoriser.

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Créée en 2003, celle-ci a assemblé l'une des plus importantes collections dédiée à l'électronique en Europe — aussi bien des ordinateurs que des consoles de jeux, des jouets électroniques, des logiciels et des bornes d'arcade.

Ce sont au total 60 000 objets qu'elle entrepose dans son local de région parisienne. "Notre projet principal, c'est la création d'une institution nationale du patrimoine numérique en France", explique Philippe Dubois, président de l'association, à Business Insider France. "Ce serait l'équivalent d'un INA [Institut national de l'audiovisuel, ndlr] du jeu vidéo", avec un musée qui permettrait de rendre accessibles ces trésors à tous.

En attendant de pouvoir les admirer dans un musée, voici sept consoles de jeux cultes qui ont marqué l'histoire du jeu vidéo :

L'Atari 2600, celle qui a démocratisé le jeu vidéo

Sergey Galyonkin/Flickr/CC

Avant l'avènement de Nintendo et de Sega, un constructeur régnait en maître sur le marché de la console de salon : l'Américain Atari, avec sa Video Computer System, ou VCS, rebaptisée plus tard Atari 2600. Lancée en 1977 aux États-Unis, elle arrive en France au début des années 80.

C'est la console qui a démocratisé le jeu vidéo dans les salons du monde entier. Vendue à 30 millions d'exemplaires dans le monde, elle a convaincu grâce à son catalogue de jeux qui permettait de retrouver toutes les licences populaires des salles d'arcades directement chez soi, à l'image de "Pac-Man", son jeu le plus emblématique.

Un riche catalogue qui lui a offert une durée de vie hors-norme. "En 1991, il y avait encore des Atari 2600 en vente dans le centre commercial près de chez moi", raconte Philippe Dubois.

Les Game & Watch, le premier succès de Nintendo

Francis Bijl/Flickr/CC

S'agit-il vraiment d'une console de jeu ? Le débat anime les historiens et les passionnés. Car les Game & Watch de Nintendo, s'ils ressemblent comme deux gouttes d'eau à la Game Boy Advance ou la DS, n'avaient des fonctionnalités que très limitées.

Fabriqués entre 1980 et 1991, ces appareils n'étaient capables de faire fonctionner qu'un seul jeu. Des titres très basiques puisque les Game & Watch étaient équipés d'écrans LCD en noir et blanc très sommaires — un peu comme les montres électroniques qui se démocratisaient à l'époque. D'ailleurs les Game & Watch pouvaient aussi donner l'heure, d'où leur nom ("watch" veut dire "montre" en anglais). On était à mi-chemin entre le jeu électronique et la console portable.

Mais cette simplicité leur a aussi permis de se vendre à un prix faible, et donc d'être très populaires. 43,4 millions de Game & Watch ont été vendus par Nintendo, avec des modèles à l'effigie des personnages maison, comme Mario ou Donkey Kong, mais aussi de héros Disney, comme Mickey ou Donald. En tout, 60 versions ont été créées. Avant la NES ou la Game Boy, il s'agissait là du tout premier succès international de Nintendo.

La Mega Drive, la console phare de Sega

Wojciech Pędzich/Wikimedia Commons/CC

Il fut un temps où la guerre des consoles n'opposait pas Sony à Microsoft, mais deux autres géants : Sega et Nintendo. À la fin des années 80, Nintendo dominait le marché avec sa NES, sa console 8 bits qui fit naître des licences cultes comme "Super Mario Bros.", "The Legend of Zelda" et "Metroid". Son concurrent, Sega, peinait à se faire une place avec sa Master System. En réaction, la firme a donc mis les bouchées doubles sur sa successeure, la Mega Drive, première console 16 bits à arriver dans les rayons.

Lancée en Europe en 1990, elle offrait des graphismes bien supérieurs à la génération précédente, ainsi qu'un meilleur son. De quoi proposer des jeux plus matures que sur NES, et positionner la Mega Drive comme une console pour adolescents. "À 14-15 ans, vous vouliez une Mega Drive, pas la NES du petit frère", se souvient Philippe Dubois.

La Mega Drive, c'était la première console à proposer de grands jeux de sport comme "NBA Action" ou "FIFA", mais aussi des jeux de combat comme "Mortal Kombat".

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La PC Engine, la première console avec lecteur de CD-ROM

Richard Rutter/Flickr/CC

En 1987, alors que la NES, la première console de salon Nintendo, arrive en France, une révolution se prépare au Japon. Le fabricant d'informatique NEC, en collaboration avec le développeur de jeux vidéo Hudson Soft, lance la PC Engine. Plus petite que la NES, elle était également plus puissante et proposait des jeux plus sophistiqués. Une avance qui permit à NEC de vendre plus de consoles que Nintendo pendant un temps, jusqu'au lancement de la Super Nintendo en 1990.

Mais là où la PC Engine transforme le marché des consoles de jeu, c'est lorsqu'en 1988, NEC décide d'y ajouter une extension capable de lire les CD-ROM. Alors que les cartouches compatibles avec la machine de base ne pouvaient stocker que 2,5 Mo de données, les CD-ROM pouvaient embarquer 650 Mo. "Cela va complètement changer la donne", explique Philippe Dubois. "On va voir arriver des vidéos d'introduction, des cinématiques doublées par des acteurs, des pistes audio enregistrées par des orchestres…"

En France, la PC Engine est arrivée en novembre 1989. Importée par la Sogepeng — une société fondée par la famille Guillemot, qui a aussi créé Ubisoft — elle est vendue plus cher que ses concurrentes et reste réservée aux initiés. On y trouve tout de même des portages de licences populaires, comme "Street Fighter" ou "Castlevania".

La Neo Geo, l'expérience de salle d'arcade dans votre salon

BugWarp/Wikimedia Commons/CC

Là aussi, voici une machine exceptionnelle pour l'époque et réservée aux initiés qui, surtout, en avaient les moyens. La Neo Geo Advanced Entertainment System, ou Neo Geo AES, est arrivée du Japon en France en 1991. Une console haut-de-gamme, fabriquée par le concepteur de jeux d'arcade SNK, qui avait pour ambition de proposer les mêmes jeux que sur les bornes, dans son salon, sans rogner sur la qualité.

Résultat : une console très chère — elle se vendait 3500 francs (soit plus 800 euros d'aujourd'hui) — et des jeux hors de prix. "Les jeux étaient tellement chers que le commun des mortels ne pouvait pas les acheter", explique Philippe Dubois. "C'était un marché de niche, réservé à une élite." Toutefois, une solution existait pour jouer à moindre frais. "On a vu des librairies se mettre à louer des jeux de Neo Geo pour le week-end", raconte-t-il.

La PlayStation, celle qui s'est vendue 100 millions de fois

Evan-Amos/Wikimedia Commons/CC

Inutile de la présenter. La première PlayStation de Sony fut un succès planétaire jamais vu jusqu'alors, puisqu'elle est devenue la première console de salon à se vendre à plus de 100 millions d'exemplaires. Elle a pourtant failli ne jamais exister.

L'aventure de Sony dans le jeu vidéo débute au début des années 90, quand — intéressé par l'arrivée du format CD-ROM — Nintendo se rapproche du fabricant d'électronique afin de fabriquer une Super Nintendo capable de lire à la fois les cartouches de jeu et les disques. Les deux entreprises sont allées jusqu'à fabriquer quelques prototypes de cette "Nintendo PlayStation", avant que des différends irréconciliables fassent capoter le projet.

"Sony s'est retrouvé avec le lecteur de CD-ROM de Nintendo dont Nintendo ne voulait plus", résume Philippe Dubois. Le géant japonais a donc décidé de développer sa propre machine et, en 1994, arrive la PlayStation que l'on connaît tous. Une console culte qui a démocratisé les jeux vidéo en 3D avec des titres comme "Final Fantasy VII", "Tomb Raider", "Tekken III" ou "Crash Bandicoot".

De son côté, Nintendo s'est allié à Philips pour sortir quelques jeux sur la plateforme CD-i, qui fit un flop. Le fabricant attendra la GameCube, en 2001, pour se lancer sur le support disque.

En mars 2020, un prototype de "Nintendo Playstation" — qui a refait surface il y a quelques années — a été vendu aux enchères pour 315 000 euros.

N-Gage, la tentative ratée de Nokia

J-P Kärnä/Wikimedia Commons/CC

Au début du 21e siècle, le Finlandais Nokia domine le marché des téléphones portables. Il décide de s'aventurer sur celui des consoles de jeu pour y affronter le leader incontesté d'alors : Nintendo, avec sa GameBoy Advance. En 2003, Nokia lance donc la N-Gage, un appareil hybride à mi-chemin entre la console de jeu et le téléphone portable. Elle proposait quelques jeux de qualité, comme "Call of Duty" ou "Tomb Raider", ou encore le RPG multijoueur en ligne "Pocket Kingdom", développé par Sega. Car c'était inédit pour l'époque : elle était capable de se connecter à internet. Et elle utilisait le réseau Bluetooth pour jouer avec ses amis, là où la GameBoy Advance nécessitait encore un câble.

Prometteuse sur le papier, la N-Gage était en fait truffée de défauts. "Elle avait des boutons partout, car elle faisait téléphone en même temps. Les joueurs se sont retrouvés déçus par sa complexité", se souvient Philippe Dubois. "Le haut parleur du téléphone était sur la tranche de l'appareil, c'est idiot. On avait l'air complètement ridicule en téléphonant avec !"

"Il fallait démonter le téléphone et retirer la batterie pour changer la cartouche de jeu", poursuit-il. "Son écran était vertical, ce qui est un non-sens pour le jeu vidéo. Et on ne pouvait pas allumer la console s'il n'y avait pas de carte SIM à l'intérieur. Il y avait plein de trucs bizarres, de choix qui n'étaient pas bons."

Au final, la N-Gage n'a jamais réussi à trouver son public. Elle ne se vendra qu'à 3 millions d'exemplaires dans le monde, et devint un objet de moquerie chez les joueurs de l'époque.

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