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Nissan réclame 83 M€ à Carlos Ghosn pendant que lui demande 15 M€ au constructeur et son allié Mitsubishi

Nissan réclame 83 M€ à Carlos Ghosn pendant que lui demande 15 M€ au constructeur et son allié Mitsubishi
© Wikimedia Commons/Thesupermat

Carlos Ghosn et Nissan se rendent coup pour coup. Le constructeur automobile a porté plainte mercredi 12 février devant un tribunal civil au Japon, afin de réclamer 10 milliards de yens (83,4 millions d'euros) de dommages et intérêts à son ancien patron, qui poursuit lui-même le constructeur automobile pour rupture abusive de son contrat. Le groupe japonais explique dans un communiqué que cette plainte vise à récupérer une "partie significative" des dommages causés selon lui par son ancien patron durant des années de "mauvaise conduite et d'activités frauduleuses" de sa part.

De leur côté, les avocats de Carlos Ghosn ont réclamé lundi la publication de documents internes par Nissan-Mitsubishi, au cours d'une première audience publique dans le cadre d'une procédure déclenchée aux Pays-Bas par l'ancien magnat de l'automobile, qui juge son limogeage illégal. Carlos Ghosn réclame 15 millions d'euros d'indemnités aux deux groupes nippons, qu'il accuse d'avoir enfreint le code du travail néerlandais. L'Alliance automobile franco-japonaise Renault Nissan Mitsubishi est incarnée juridiquement par la société Renault Nissan BV (RNBV), dont le siège est aux Pays-Bas, où l'homme d'affaires a entamé en juillet 2019 une procédure en justice contre les deux constructeurs automobiles nippons.

Le patron français souhaite la diffusion de documents internes

Carlos Ghosn souhaite que Nissan et Mitsubishi diffusent des documents internes qui pourraient selon lui permettre de reconstituer le cheminement ayant mené à la perte de confiance de la part de Nissan et Mitsubishi, avant la prise de décision finale de le limoger. "Ghosn conteste bien sûr" son limogeage, a déclaré lundi à l'issue de l'audience son avocat, Roeland de Mol, qui s'est réjoui d'une journée "absolument bénéfique" pour son client. "Les chances d'un véritable débat sur le fond à court terme ont considérablement augmenté", et ce "malgré toutes les contestations" de Nissan Mitsubishi, a-t-il affirmé auprès de l'AFP.

La défense de Carlos Ghosn reproche aux avocats de Nissan et Mitsubishi de s'opposer à la mise à disposition du dossier et de refuser de rendre publiques "les pièces sur lesquelles ils fondent leurs reproches", a poursuivi M. De Mol. "Ce n'est pas ainsi que cela fonctionne, certainement pas devant un tribunal néerlandais", a-t-il lâché.

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Les avocats des groupes japonais présenteront leurs arguments le 26 mars devant le tribunal d'Amsterdam et plaideront pour le rejet de la réclamation de l'ancien patron de l'alliance. Nissan a indiqué auprès de l'AFP avoir déjà fourni une grande quantité d'informations depuis le début de cette affaire et reproche à la partie adverse de "partir à la pêche sans savoir précisément ce qu'elle cherche".

Soupçonné de malversations financières diverses, Carlos Ghosn a été arrêté au Japon en novembre 2018. Il s'est enfui au Liban fin décembre 2019, alors qu'il avait été libéré sous caution et préparait son procès au Japon, dont la première phase devait en théorie commencer en avril 2020.

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