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Notre avis sur 'Caïd', la nouvelle série française de Netflix sur le trafic de drogue dans une cité

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Notre avis sur 'Caïd', la nouvelle série française de Netflix sur le trafic de drogue dans une cité
"Caïd" sur Netflix. © Mika Cotellon/Netflix

Après le succès international de "Lupin" au début de l'année, Netflix propose une nouvelle série française à ses abonnés ce mercredi 10 mars, dans un format original : 10 x 10 minutes. Tournée à l'été 2020 à Martigues, dans les Bouches-du-Rhône, "Caïd" plonge le téléspectateur dans une guerre de gangs qui éclate au cœur d'une cité. Elle joue à fond la carte de l'immersion en ayant recours au found footage, dispositif très courant dans le cinéma d'horreur, mais un peu plus original pour de l'action pure.

"Caïd" suit deux réalisateurs, Franck et Thomas, envoyés par un label de musique pour tourner le clip d'un rappeur, Tony, qui vient de sortir de prison. Il se trouve être à la tête du réseau de trafic de drogues de la cité. Au cours des 10 courts épisodes, la série déroule un scénario de règlement de compte assez classique, qui va forcément déraper. C'est d'ailleurs ce qu'on comprend dès la première scène du premier épisode, une courte séquence en flash forward qui montre le personnage principal, Franck, en situation de détresse.

C'est là un ressort narratif très courant dans les séries modernes — encouragé par Netflix qui veut accrocher ses téléspectateurs dès les premières secondes — qui dessert malheureusement la montée en tension que veulent mettre en place les premiers épisodes.

"Caïd" est adaptée d'un film autoproduit par les mêmes réalisateurs, Ange Basterga et Nicolas Lopez, et récompensé au Festival du Polar de Cognac en 2017. En voyant la bande annonce du long-métrage, on découvre que la série suit une trame très proche — il s'agit en fait d'un remake avec un budget plus important. Les deux metteurs en scène, également scénaristes aux côtés de Nicolas Peufaillit, ont toutefois eu la bonne idée de remplacer l'équipe de journalistes du film par des réalisateurs de clip de rap.

En revanche, le même acteur, Abdraman Diakité, a été choisi pour jouer Tony, le rappeur/trafiquant au cœur de l'intrigue. Et c'est une bonne chose tant son interprétation est convaincante, aussi bien quand il s'adresse aux membres de la bande rivale que quand il montre sa vulnérabilité en tête-à-tête avec les réalisateurs.

Malheureusement, on ne peut pas en dire autant des autres personnages. Ainsi les deux réals du clip ne sont rien de plus que des outsiders qui jouent le rôle du spectateur pendant une grande partie de la série.

Une expérience immersive mais pas vraiment mémorable

"Caïd" arrive bien à retranscrire l'ambiance d'une cité livrée au trafic de drogue. On peut cependant regretter qu'il s'agisse d'une vision simplifiée, voire caricaturale, du sujet. Une scène entre Tony et un habitant plus âgé — qui regrette que les réalisateurs du clip ne montrent pas une vision plus positive de la cité — tente de nuancer le propos de la série, mais c'est apporté de façon artificielle et, surtout, ça ne transparaît pas à l'écran.

Si l'utilisation du found footage, avec de nombreux plans en caméra subjective — filmés à l'aide de caméras GoPro, permet de créer une expérience immersive prenante, qui fait parfois penser aux jeux vidéo, le dispositif est parfois utilisé de façon peu crédible. C'est par exemple le cas quand un membre de la bande rivale va venir s'expliquer avec Tony, alors que ce dernier est filmé de façon visible par l'équipe de tournage. On a du mal à croire qu'un individu membre d'une organisation criminelle se laisse filmer de la sorte.

Malgré quelques facilités, "Caïd" arrive quand même à nous accrocher pendant presque deux heures. On peut douter de la pertinence du format choisi — la série aurait très bien pu se présenter sous la forme d'un long-métrage — mais il a l'avantage d'enchaîner les épisodes rythmés, avec des cliffhangers toutes les dix minutes. "Caïd" arrive même à surprendre, un peu, en retournant son dispositif à la fin. On en garde toutefois rien de mémorable.

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